mis à jour le

Autant le dire… : Laciné Diawara ou « Les bonnes œuvres d'un bâtisseur infatigable »

Parti à Sarfalaye de Séguéré comme tout agrobusiness man pour faire des affaires, l'opérateur économique Laciné Diawara s'y est investi beaucoup plus dans les ½uvres sociales. A Sarfalaye, « je suis venu dans cette région pour créer des emplois et de la richesse. J'ai commencé par développer un champ d'environ 300 hectares pour produire des noix de cajou, des céréales et aujourd'hui nous nous attelons à développer l'agriculture de semences ».

Dans cette ferme qu'il exploite, Laciné Diawara a effectivement créé des emplois. Une trentaine de femmes y travaillent de façon permanente ; et elles peuvent atteindre le nombre de 300 en période de culture basse. C'est un monde que l'opérateur économique regroupe ainsi. Puis, Laciné Diawara s'est rendu compte que pour que ses employés soient plus opérationnels et rassurés, il faut leur offrir l'éducation. A eux, mais aussi à leurs enfants. Il crée donc une école primaire de six classes avec toutes les commodités pour les élèves, mais également pour le corps enseignant. Nous étions en 2006. Aujourd'hui, les premiers élèves de cette école sont en classe de 6e. Qu'est-ce qu'il fallait faire ? L'opérateur économique y construit un Collège d'enseignement général (CEG) dont l'inauguration officielle aura lieu très prochainement. Après donc la création d'emplois agricoles, le voici dans l'éducation. Ces deux écoles (école primaire et CEG) regroupent actuellement une population d'environ 450 enfants. Quand on y ajoute les employés et les habitants du village (un millier), cela fait une population importante. Les questions de santé se posent donc. Laciné Diawara fait construire un Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) entièrement équipé (mobilier de bureau et matériel médical, ambulance et engin pour déplacement, lits d'hospitalisation, etc) ; doté de quatre logements pour le personnel, d'un forage immergé et d'un château d'eau, le tout électrifié à partir de l'énergie solaire. Pour la sécurité des lieux, une clôture est construite autour des six hectares de superficie sur laquelle est bâti le CSPS.

Dans le langage des spécialistes des questions sociales, on appelle cela un « centre de vie, santé et éducation ». Autrement dit, un centre où on crée le minimum de conditions afin de permettre à des populations d'avoir accès à plusieurs services sociaux de base : éducation et santé principalement. A Sarfalaye donc, on n'a plus besoin d'aller à Bama pour « faire l'école », on n'a plus besoin d'aller à Bama pour bénéficier de soins de santé primaire. Ainsi, l'opérateur économique aura rendu service à toute une communauté, à toute une nation. « C'est un geste fort », a reconnu le président de l'Assemblée nationale. Pour Lassina Gondé, maire de Bama, ce sont « les bonnes ½uvres d'un bâtisseur infatigable » qui investit non seulement pour ses propres affaires, mais également pour ses concitoyens. Car, Laciné Diawara est sans doute convaincu qu'il ne peut réussir tout seul au milieu d'une population analphabète, mal soignée et vivant dans des conditions misérables.

En effet, ce que fait Laciné Diawara, c'est exactement ce que nous avons eu la chance de vivre à Gaziantep en Turquie. Des opérateurs privés, ayant compris que l'Etat à lui seul ne peut faire face aux besoins des populations se sont engagés dans la promotion de l'éducation et de la santé. Aussi, construisent-ils écoles, établissements secondaires, de formation, universités, hôpitaux privés afin de permettre aux plus démunis de scolariser leurs enfants et de se soigner à moindre coût. Car, ils ont compris qu'un peuple éduqué et sain est producteur de richesses. Laciné Diawara l'a compris. Que son « geste fort » porte des fruits et fasse des émules.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

Ses derniers articles: Tirage au sort des barrages de la coupe du monde 2014 :  Paroisse de Bissighin : les élèves et étudiants  Coupe OAPI : ONEA en dames et SONABHY en hommes