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Médiateur du Lefaso.net : Le Médiateur du Lefaso.net répond aux internautes

Après ma présentation aux lecteurs du Lefaso.net, j'ai lu avec intérêt la réaction des uns et des autres. Je peux classer leurs réactions en deux catégories : ceux qui me souhaitent la bienvenue et ceux s'interrogent sur le rôle d'un médiateur de presse, confondant son rôle avec d'autres rôles, ne comprennent pas la nécessité d'un médiateur de presse, n'en voient pas la nécessité, m'ordonnent de faire cesser la censure de leurs posts, ou, avec sagesse, attendent de voir à quoi va ressembler son rôle.

Eclairons tout d'abord quelques équivoques :

A) Ma relation avec le Président de l'OBM : Je suis ILBOUDO et le Président de l'OBM est aussi un ILBOUDO. Même si j'ai l'avantage de partager son amitié depuis 1983, vous pouvez vous rassurer, nous ne sommes pas du même village. Néanmoins, je dois à la vérité de dire, qu'en le connaissant, je n'aurais pas eu honte d'être son petit frère de même mère, même père. Pour le népotisme, il n'a pas eu lieu car ce n'est pas lui qui m'a demandé d'être médiateur du Lefaso.net.

B) Suis-je payé par Lefaso.net ? NON. J'exercerai ma médiation à titre bénévole. Et cela vaut aussi pour les internautes. En autant je ne recevrai rien d'un internaute, en autant je ne solliciterai ni n'accepterai une rétribution du Lefaso.net. Mon indépendance et ma liberté sont à ce prix.

C) Suis-je un pion de l'OBM et / ou du CSC ? Je ne suis ni un agent officiel ni un agent secret des deux institutions. Bien sûr que je respecterai les deux institutions. Mais mon devoir s'arrête là.

Un petit « avertissement ». Je ferai égorger un poulet, dire une messe, faire une prière et donner un doua afin que Dieu me donne la force de ne pas répondre à une injure ni à une provocation. Comme le souligne un internaute avec un humour grinçant, quelques burkinabé se réveillent déjà fâchés avec le ciel et pour un oui ou pour un non, c'est la bagarre généralisée. Je ne voudrais pas me laisser contaminer avec un « mental pourri ». Cependant, je crois humblement que Lefaso.net devrait laisser une fenêtre ouverte sur le côté défouloir. En acceptant d'être médiateur, je n'ignore pas que je serai parfois la cible d'une méchanceté gratuite. Mais comme nul ne peut monter sur le dos d'un homme qui refuse de se courber, je m'interdis de me laisser aller à l'invective facile.

1) Merci pour ceux qui m'accueillent, et encore une fois, je suis à votre service.

2) Le rôle d'un médiateur de presse. Je serai long sur ce point. Le principe d'un journal en ligne qui ouvre une rubrique « forum » pose le principe de base que tout lecteur peut réagir sur un article. Seulement, en tout, il y a des règles. Dans un échange, il est demandé la courtoisie, la politesse, le respect de l'autre. Ainsi, quand un internaute réagit dans un journal, en respectant ces règles élémentaires, mais estime qu'il est injustement censuré, il peut se tourner vers le médiateur pour se plaindre. Mon rôle sera alors de rapprocher les positions car si le journal ne veut pas publier la réaction, il doit avoir sa raison. Je souhaite que chaque lecteur ait en tête que le droit qu'il a d'écrire ne le désengage pas de son devoir de respecter l'autre. Etant un fidèle lecteur du Lefaso.net, depuis les premières heures de sa création, du temps ou le site n'était pas modéré jusqu'à la modération du site, je lis parfois la violence avec laquelle certains internautes écrivent.

3) En tant que médiateur, je crois que chacun comprendra que je ne peux pas encourager l'expression de la violence. Je ne souhaite pas que Lefaso.net soit un jour catalogué comme un journal de la haine comme RMC (Radio Milles Collines) au Rwanda. La violence n'est pas ma nature, et mon métier d'éducateur et d'enseignant me l'interdit. Cela dit, tout internaute de bonne foi, trouvera en moi un défenseur acharné de son droit d'être publié quelque soit la conviction en autant que cette conviction n'enfreint pas la loi et ne trouble pas l'ordre public. J'aime la liberté et je sais que la liberté à pour principe de base le respect de l'autre même si l'on ne partage pas ses idées. En un mot, la citation que l'on attribue à Voltaire va comme un gant au rôle du médiateur : « je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez l'exprimer ». Le seul préalable qui relève de la logique est que je ne peux pas être médiateur entre le journal et une personne qui porte une cagoule. Si un internaute anonyme écrit une réaction anonyme, c'est de la responsabilité du journal de publier son post ou non.

4) La différence entre Webmaster et Modérateur : Le Webmaster est celui qui publie les articles sur le site du journal. Quant au modérateur, c'est celui qui lit la réaction des internautes et décide ou non de publier la réaction. En fait c'est lui que les internautes interpelle en disant « laisse passer mon post, laisse passer ma réaction). Une seule personne peut cumuler les deux rôles mais pas forcément.

5) La différence entre le médiateur du Lefaso.net et le Médiateur du Faso. Il parait que l'honorable vieux Noufou OUEDRAOGO, président passionné supporter des Etalons devant l'Eternel, appelle le Président du Faso, « collègue ». Je n'irai pas jusqu'à appeler le Médiateur du Faso « collègue » même si nos rôles se ressemblent mais à la différence fondamentale que lui (elle, devrais-je dire) est chargée d'apaiser tout conflit qui naît entre un citoyen et l'Administration publique tandis que moi, très humblement, je souhaite apaiser tout conflit qui pourrait naître entre Lefaso.net et un internaute.

6) Faire cesser la censure. Je ne jouerai pas à la démagogie en disant que toute réaction peut être publiée. Si le site est modéré, cela veut dire que le modérateur doit lire toutes les réactions avec avant leur publication. D'abord c'est humainement impossible pour une personne de tout lire et de tout poster. Si le modérateur ne lit pas chaque réaction et le juge s'il répond au critère simple de l'éthique, le lendemain il ne sera pas à son poste. Non pas qu'il sera viré par le Directeur de publication. Avant d'être convoqué par le CSC, il sera amené par la Police et conduit en prison sur ordre du Procureur du Faso. Mais sur ce point, nous devons à l'honnêteté de dire, quoique l'on puisse en penser, n'eut été qu'un seul journaliste croupit actuellement en prison suite à un différend qui l'oppose à un autre citoyen (pas lambda bien sûr) le Burkina Faso reste un pays ou nul ne dort en prison pour ses idées. Et c'est bien ainsi.

Mais cela, nous le devons plus à nos journalistes car même les plus critiques restent professionnels. Un journal est astreint au professionnalisme. Et Lefaso.net n'est au dessus de la loi. Il ne peut pas publier n'importe quel écrit sous le seul critère de la liberté d'écrire. Les malentendus commencent par là car il me semble que quelques d'internautes pensent qu'ils peuvent tout écrire et comme ils sont anonymes, le journal doit publier nécessairement tout ce qu'ils écrivent.

En conclusion, je propose que les lecteurs qui le veulent s'inscrivent à un Club que nous pourrons dénommés la « Communauté Des Bonnes Gens » (CDBG) en s'identifiant clairement, ne serait-ce qu'avec une adresse mail et un numéro de téléphone auprès du journal. Ces lecteurs pourront choisir un pseudonyme qui sera respecté strictement, car le journaliste a le devoir d'identifier clairement sa source même s'il a le droit de protéger ses sources même devant un Tribunal.

Ainsi, les écrits des CDBG seront systématiquement postés. En cas de désaccord, le modérateur aura le devoir de joindre l'auteur pour lui signifier en quoi son écrit ne peut pas être publié tel quel et lui proposer des aménagements. Mais son écrit ne sera pas systématiquement jeté à la poubelle. Il va de soi que j'encourage Lefaso.net à garder son droit de publier ou non les écrits anonymes et d'en assumer les conséquences. Ma compétence ne couvrant pas les écrits cagoulés, je me dois d'être très clair afin d'éviter tous les procès en sorcellerie. Voilà ma petite suggestion pour minimiser la censure.

André-Eugène ILBOUDO

[email protected]

Lien utile :

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