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Sociétés minières au Burkina : La société civile s'intéresse aux emplois des nationaux

Le secteur minier connait une évolution progressive au Burkina, faisant de l'or le premier produit d'exportation devant le coton. En plus de rapporter des devises au trésor public, il contribue à la création d'emplois pour la population. Afin d'avoir une idée de nombre de nationaux employés dans les sociétés minières, le Réseau africain de journaliste pour l'intégrité et la transparence (RAJIT), la coalition Min'Alerte et l'ONG ORCADE ont réalisé une étude sur l'emploi des personnels burkinabè dans les projets miniers au Burkina. La restitution de l'étude a fait l'objet d'un atelier tenu les 04 et 05 juin 2013 à Ouagadougou.

Le Burkina compte actuellement 8 sociétés minières en production industrielle. L'étude a porté sur un échantillon de 2 sociétés en phase de production : Kalsaka mining et Essakane SA. Si la première société est régie par la convention minière de 1997, la seconde est régie par la convention de 2003. En plus, ces deux sociétés minières ont une grande expérience en matière d'emplois des nationaux. Voilà qui explique le choix de ces deux sociétés.

La question de l'emploi constitue un des problèmes conflictuels sur les sites miniers entre les compagnies minières et les communautés riveraines. La procédure de recrutement est jugée « non transparente » et le nombre de personnes recrutées considéré « insuffisant » par les communautés riveraines.

Appréhender la problématique

Cette étude se donnait donc pour objectif de mieux appréhender la problématique. Il s'agissait de connaître le nombre de personnels cadres, techniciens et autres types d'emplois occupés par les burkinabè dans ces deux sociétés et de vérifier si elles respectent les clauses contractuelles en matière de l'emploi des nationaux.

C'est pourquoi, l'étude s'est intéressée en premier lieu aux contrats qui lient l'Etat burkinabè à ces deux sociétés minières en leurs volets emplois des nationaux. Les compagnies minières sont « les seules productrices des données qui se présentent comme des données officielles car les structures de l'Etat ne disposent pas encore de mécanisme de vérification des données communiquées par les sociétés minières », note l'étude. En plus, les contrats des nationaux ne sont pas visés. Du coup, il est difficile de savoir si, effectivement, les sociétés minières respectent les clauses contractuelles en matière de l'emploi des nationaux.

Difficile accès aux données

Si les structures de l'Etat sollicitées à fournir les informations nécessaires ont fait preuve de diligence. Ce ne fut pas le cas au niveau des deux sociétés minières.

Plusieurs démarches, plusieurs tentatives de rencontres d'échanges avec les représentants des deux sociétés et l'équipe chargée de l'étude. Que ce fut difficile. Il a fallu l'intervention du partenaire financier, notamment la Banque mondiale, pour pouvoir rencontrer les sociétés minières. Des rencontres qui ont finalement abouti à l'obtention des données avec Essakane SA. Pour ce qui concerne Kalsaka mining, les démarches furent vaines. Il a donc fallu se contenter de la recherche documentaire.

Toute chose qui ne permettait pas d'avoir des données désagrégées à même d'effectuer une analyse rigoureuse.

Quelques chiffres

Qu'à cela ne tienne, l'équipe chargée de l'étude révèle, selon les données obtenues par ci par là, estime que ces deux sociétés respectent du mieux qu'elles peuvent les clauses de la convention minière, en son volet emploi des nationaux.

Selon un rapport d'étude intitulée « secteur minier et impacts socio-économiques » révèle qu'en fin décembre 2011, le secteur minier employait 5184 permanents dont 3888 nationaux, soit 75% des employés permanents. En 2012, le nombre serait passé à 5715 employés dans les mines.

Selon le site web d'Essakane SA, au 31 décembre 2012, Essakane SA avait un effectif de 2125 employés dont 1950 nationaux, soit 91,76%.

A Kalsaka mining, le nombre d'employés nationaux atteindraient 93% de l'effectif total, selon les données obtenues à travers des rapports du ministère en charge des mines.

Des efforts dans le respect de la convention minière

Si les données recueillis par la voie de revue documentaire ne permettent pas d'établir le taux des burkinabè employés ainsi que les postes qu'ils y occupent, les données fournies par Essakane SA donnent plus d'éclairage et permettent de dire que cette société minière s'efforce de respecter les clauses contenues dans la convention minière qui la lie à l'Etat burkinabè.

En considérant l'attention particulière que les citoyens portent sur le secteur minier, il apparait « nécessaire et opportun de cultiver plus de transparence et de communication en direction du grand public ». Le secteur minier est devenu un secteur de développement sensible et les attentes des populations sont multiples et variées. C'est pourquoi, il convient pour les sociétés minières et l'Etat de développer plus de communication, de concertation et de dialogue afin d'apporter aux populations les informations nécessaires et lever certaines inquiétudes. Or, le constat est tout autre.

Un plan de communication

A l'issue de cette étude, les trois structures ayant conduit le travail ont proposé un plan de communication afin d'aplanir certaines difficultés rencontrées et permettre à tous d'être sur la même longueur d'onde. C'est donc dire que la présente étude « sera accompagnée par des messages forts d'information, de communication et de plaidoyer afin d'appeler au respect des clauses contractuelles en matière d'emploi dans les projets miniers, d'une part, et de plaider pour une amélioration de l'emploi dans les projets miniers au profit des nationaux, d'autre part ».

D'ailleurs, les participants à l'atelier de 48h pour la restitution de l'étude ont débattu du projet de stratégie de communication et de plaidoyer sur les emplois des burkinabè dans les projets miniers au Burkina.

Le secteur minier continue son accroissement, si l'on s'en tient au nombre de titres miniers et autorisations de recherches et d'exploitation. Les autorisations et titres miniers sont passés de 855 en 2011 à 941 en 2012, soit 86 titres de plus en une année. C'est dire que l'intérêt pour l'or burkinabè n'est pas prêt de s'arrêter.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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