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Tout est-il permis, pour la protection des Etats-Unis !?

Par Boubaker ben Fraj

Après les récentes révélations du jeune transfuge américain de 29ans, Edward Snowden, divulguées par le journal britannique « the Guardian », et son homologue américain « the Washington post », à propos de la collecte dans le secret, par l'Agence de Sécurité Nationale des Etats-Unis(NSA), de toutes les données qui passent par les réseaux téléphoniques, ou via Internet, on acquiert une certitude que beaucoup soupçonnaient déjà depuis un certain temps : nous sommes tous surveillés, épiés, y compris dans notre vie privée, par des espions virtuels, aux ordres de la superpuissance américaine.

On sait aussi qu'aucun être humain, dans quelque endroit ou pays où il se trouve, n'y échappe, dès le moment qu'il fait usage des nouvelles technologies de l'information.

Secret de polichinelle dites-vous, intuitivement, tout le monde le pressentait déjà? Soit, mais maintenant, le jeune Edward Snowden a pris le grand risque de déballer cette vérité au grand jour, et de dénoncer du même coup l'immoralité de ce passe-droit universel : violation systématique, programmée et à une échelle planétaire, par la plus grande puissance du monde, du droit reconnu aux êtres humains de protéger leur vie privée.

Venons-en aux vérités révélées par le jeune Snowden: On sait désormais que les grands fournisseurs des services Internet, tels que Google, Yahoo, Microsoft, Apple, Facebook, youtube, Skype....avec lesquels nous nous sommes tant familiarisés, tous basés aux Etats-Unis, versent généreusement et de manière ininterrompue, les informations qu'ils rassemblent sur leurs usagers du monde entier et à leur insu, dans les gigantesques bases de données de la NSA. Informations qui seraient utilisées un jour ou l'autre, selon les besoins et le bon vouloir du gouvernement américain, à surveiller le monde.... pour mieux le diriger.

Pour avoir une idée de la dimension de cette titanesque entreprise et des moyens qui lui sont mobilisés, il suffit de savoir que 35000 agents, sont chargés dans les opaques centres d'opérations de la NSA de cette tâche de collecte et de ratissage des communications et des informations rassemblées.

Rien de nos données personnelles qui transitent par les grands serveurs américains d'Internet, n'échappe donc à cette collecte invasive: nos appels et nos conversations, nos mails, nos vidéos, nos messages, nos chats, nos vidéos, nos photos et nos signaux.... Tout les flux d'informations du monde -ou presque- convergent vers la NSA, avant d'être stockés, répertoriés, classifiés, décodés, traités et au besoin analysés, pour être utilisés à un moment ou un autre, et sans qu'on ne le sache, pour ou contre nous..... Pour de bons ou de mauvais desseins.

Quid de la liberté des personnes et du droit universel à la protection de la vie privée et des données personnelles. Selon les dires du journaliste de CNN, Glemm Greenwald « Le gouvernement américain a mis en place dans le secret le plus complet, un appareil massif qui n'a qu'un but : détruire toute vie privée, tout anonymat, non seulement aux Etats-Unis, mais dans le monde entier ».

Qu'à cela ne tienne, cette entreprise de surveillance à l'échelle planétaire, justifiée par la protection de la sécurité des Etats-Unis et de leurs intérêts suprêmes, est permise par la loi américaine et notamment le fameux « Patriot act », décrété à la suite des attaques du 11 septembre 2001. Elle est pratiquée avec le consentement du congrès et l'aval de la maison blanche. « Il y va de la protection de l'Amérique » dit Dianne Feinstein, la présidente de la commission du Sénat américain chargée du renseignement.

Quant au Président Barack Obama, il est allé dans cette pratique bien plus loin que son prédécesseur de triste mémoire Georges W Bush et considère selon ses propres paroles que « ces -modestes- empiétements sur la vie privée, en valent la peine ».

Beaucoup de voix se sont élevées après les dernières révélations, aux Etats-Unis et ailleurs, pour dénoncer ce grand forfait. Mais dans un monde de plus en plus dépendant des nouvelles technologies de l'information que dominent les américains, ces protestations ont-elles vraiment des chances d'être prises en compte ?

Le seul recours qui reste peut-être, est de prier pour que la NSA, ne fasse pas mauvais usage de nos informations personnelles et de nos petits et grands secrets, pour nous dominer, nous asservir et nous manipuler. Quant à Internet et au téléphone portable, qui d'entre nous tous peut aujourd'hui s'en passer ?

Entre-temps, menacé dans son pays de sévères sanctions pour divulgation de secrets d'Etat et atteinte à la sacro-sainte sécurité des Etats-Unis, le dénonciateur est aujourd'hui fugitif, terré quelque part à Hong Kong, menacé d'un moment à l'autre d'être arrêté, extradé et remis manu militari aux autorités américaines.

Nous devons à ce jeune Edward au moins notre empathie et notre solidarité.

Tunisie Focus

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