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Abdelaziz Bouteflika en juin 2012 / REUTERS
Abdelaziz Bouteflika en juin 2012 / REUTERS

L'Algérie connaîtra peut-être son printemps arabe après Bouteflika

Le pays pourrait bien basculer du fait d'une succession complexe, voire impossible.

Bouteflika est-il dans un état critique ou en train de «récupérer»? Hospitalisé depuis 45 jours à Paris, à la suite d'un accident vasculaire cérébral, le président n'est plus apparu en public et les rumeurs se multiplient sur son état de santé.

Le 10 juin 2013, le site de l’hebdomadaire français Valeurs Actuelles va même jusqu’à titrer «Bouteflika, c’est fini» et laisse entendre qu’il serait «inconscient».

Les discours officiels semblent hésitants et la confiance est rompue entre les dirigeants et le peuple. Selon le quotidien algérien El Watan, les scénarii de l'après-Bouteflika ne reposent sur aucune donnée concrète.

Déliquescence des institutions

Le président laisse le pays au bord du gouffre après 14 ans de règne, marqués par «l’extinction de la vie politique (…) et la soumission des institutions gagnées par la déliquescence avancée», ajoute le site du quotidien algérien.

Selon El Watan, la transition démocratique aura du mal à s’amorcer. Les partis politiques mis au pas par Bouteflika n’osent pas s’exprimer, ce qui rend difficile la tenue d’élections anticipées.

Au lieu d'être élu à l'issue d'un scrutin démocratique, le prochain leader de l’Algérie risque donc d’être nommé par le «sérail», à la suite de petits arrangements entre les hommes du clan présidentiel, s’inquiète El Watan. Ainsi, les noms de Ali Brahimi, Ali Benflis et Ahmed Benbitour sont évoqués mais Liamine Zéroual, président de 1994 à 1999, ne reviendrait probablement pas.

Opinion publique désabusée

La succession de Bouteflika s’annonce donc complexe. Il est encore au pouvoir sans être capable de l’exercer, et certaines sources affirment que c’est son frère Saïd qui prend les décisions à la place d’Abdelaziz.

El Watan affirme que de plus en plus d’acteurs politiques se prononcent en faveur d’une procédure d’empêchement. Mais le Conseil constitutionnel, présidé par Tayeb Belaïz, un proche de Bouteflika, repousse cette échance, déplore El Watan, qui remet en cause l’indépendance de cette institution.

Encore des crises politiques en perspective, prévoit le quotidien. Une instabilité qui se soldera peut-être cette fois par un soulèvement de l'opinion publique, lassée de n’être pas écoutée: le printemps arabe pourrait bien finir par arriver en Algérie.

Lu sur El Watan

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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