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Bataillon Waraba : SORTIE RATEE

Coup de théâtre, la cérémonie solennelle de fin de formation du bataillon « Waraba » qui devait avoir lieu samedi à Koulikoro a été annulée à la toute dernière minute. Waraba est le nom de code du premier des quatre bataillons de l'armée malienne devant être formés par la Mission de formation de l'Union européenne (EUTM). Les 715 militaires maliens (plus précisément une partie d'entre eux) en fin de formation ayant décidé de bouder purement et simplement la cérémonie.

Une sordide histoire de prime et d'avancement en grade est à l'origine de cette fronde soudaine, à en croire un officier proche du dossier qui a requis l'anonymat. « Ils n'ont pas obtenu les primes ou avancements auxquels ils prétendaient. Le chef d'Etat-major général des Armées a donc demandé à EUTM d'annuler la cérémonie prévue qui devait se faire de façon solennelle en présence de nombre d'autorités et diplomates », explique notre interlocuteur.

Interrogée sur la question, la Direction des relations publiques des armées (DIRPA) s'est, officiellement, refusée à tout commentaire. Mais selon un officier de l'armée malienne qui a dispensé quelques heures de cours au bataillon Waraba à Koulikoro, la crise met en évidence une profonde crise d'autorité au sein  de la Grande muette. Notre interlocuteur indique que le financement de la formation est assuré par l'Union européenne notamment en ce qui concerne la prise en charge des formateurs européens, la logistique (uniformes, équipements, transport, etc.).

Côté malien, les soldats stagiaires s'attendaient à une prime dite de « faux-frais » après leur formation en plus de la prime de 50000 francs que perçoit chaque soldat engagé au front, les membres du bataillon Waraba ayant tous servi sur le théâtre des opérations avant d'intégrer la formation de l'EUTM.

« Ils sont surtout frustrés de ne pas avoir touché de prime après la formation. La hiérarchie militaire aurait pu donner plus d'informations sur les conditions de participation à la formation afin d'éviter ce qui est arrivé. Il faudra rompre avec certaines anciennes pratiques qui ne donnent pas une bonne image à l'armée malienne. Des anciennes pratiques qui frustrent toujours les soldats sur le terrain » s'est désolé notre interlocuteur qui n'a pas souhaité en dire plus sur ces « pratiques » peu orthodoxes...

Selon des soldats que nous avons contactés, les stagiaires avaient exposé leurs problèmes bien avant la fin du stage au général Ibrahim Dahirou Dembélé à Koulikoro lors d'une mission d'inspection. Le général Dembélé était venu assister à un  exercice de synthèse baptisé « Doumba », clôturant un cycle de formation de 10 semaines entamé le 2 avril 2013 dans le cadre de la mission EUTM Mali. Cet exercice, effectué dans la région de Koulikoro, a permis aux instructeurs de la mission EUTM Mali d'affûter la capacité opérationnelle du bataillon Waraba, désormais remis à la disposition des forces armées maliennes après une permission d'une dizaines de jours. Il semble que le général François Lecointre, commandant la mission EUTM Mali, avait été informé de la demande des stagiaires. Mais, il dû estimer, à juste raison, que ce n'était pas de son ressort.

Quelque soit les raisons invoquées par les uns et les autres, le symbole que devait constituer la sortie de ce bataillon a été trivialement terni. Waraba représentait rien de moins, en effet, que l'emblème du renouveau de l'armée, le premier élément d'un prestige en voie de restauration. Un tel symbole n'a pas de prix aux yeux des Maliens dont les contributions à l'effort de guerre expriment mieux que n'importe quel argument la confiance placée en l'armée. A l'évidence, tout le monde n'est pas dans le même état d'esprit.

Le prochain bataillon à former est en cours de sélection et devrait compter environ 500 hommes. Il va intégrer le centre de formation dans quelques jours. Il proviendrait - comme le premier groupe - de différents bataillons déjà constitués afin de faciliter la mixité et pourrait comporter également de nouvelles recrues. La pause actuelle offre l'occasion aux formateurs de faire le point sur le travail à effectuer, et d'ajuster leur programme.

A. DIARRA

 

L'essor

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