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Le procès de nouveau renvoyé

Suspense hier au tribunal de Sidi M'hamed, près la cour d'Alger, où siégeait (faute de salle d'audience à la cour) le tribunal criminel chargé de juger l'ancien wali d'Oran, Bachir Frik, et les ex-directeurs de l'Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI) et de l'Agence foncière de la commune d'Oran, respectivement Makhloufi et Laoufi. Les avocats de ces derniers s'étaient préparés à se retirer dans le cas où le président d'audience, le juge Mohamed Reggad, déciderait de maintenir l'examen de l'affaire. La veille, il avait donné à peine 24 heures à l'accusé Laoufi pour constituer une défense. Décision sévèrement dénoncée par maîtres Miloud Brahimi et Mokrane Aït Larbi. Hier, pour ces derniers, le maintien de l'examen de l'affaire serait «un scandale judiciaire». Dès l'ouverture de l'audience, Me Aït Larbi, d'un ton très serein, explique le rôle de l'avocat qui doit «être le défenseur des droits des justiciables et non pas un faire-valoir». Selon lui, pour «assurer une meilleure défense des droits des accusés, il faut se donner le temps d'étudier le dossier». Lui emboîtant le pas mais en usant d'un ton coléreux, Me Brahimi s'insurge contre la procédure de prise de corps dont les accusés ont fait l'objet alors qu'ils sont poursuivis pour des délits. «Il est scandaleux que les accusés soient poursuivis sur la base de l'article 29 alors qu'il a été abrogé et remplacé en 2006 par l'article 119 qui correctionnalise les faits liés au détournement de deniers publics. Comme il est honteux de maintenir en détention les accusés, alors qu'ils ne sont pas concernés par la mesure de prise de corps.» Le représentant du ministère public s'est vu obligé de répondre aux griefs de la défense en déclarant : «La procédure n'a jamais été violée. Nous agissons dans le cadre de l'arrêt de la chambre d'accusation qui poursuit les accusés en vertu de l'article 29 qui, à l'époque, n'était pas abrogé (...). Nous respectons toutes les parties et tenons à ce que les droits des accusés soient garantis.» Après une délibération d'une vingtaine de minutes, le juge annonce le renvoi de l'affaire à la prochaine session criminelle «afin de permettre aux avocats constitués de prendre connaissance du dossier». Il a également annoncé l'annulation de la procédure de prise de corps, mettant ainsi fin à la détention des trois accusés jusqu'à leur prochain procès. «C'est une victoire de la justice», lance Me Aït Larbi suivi de Me Brahimi qui réplique : «Le juge n'a fait que revenir au droit consacré des justiciables.» Les deux avocats s'étaient engagés à se retirer de l'audience dans le cas où le président persisterait à juger l'affaire. En tout état de cause, le juge aurait dû épargner au tribunal une telle situation qui donne une piètre image de la justice non seulement au justiciable, mais aussi à l'opinion internationale. Quel est l'avocat qui, en quelques heures, pourrait lire un dossier aussi important que celui de l'ancien wali d'Oran et le plaider ? Aucun, répond Me Brahimi, qui dénonce ce qu'il juge comme étant «une grave violation des droits des justiciables». A rappeler que cette affaire a été programmée pour l'audience de dimanche dernier après cassation par la Cour suprême du verdict prononcé à l'encontre de Bachir Frik en 2007 le condamnant à 7 ans de réclusion pour, entre autres, «dilapidation de deniers publics». Ce dernier et ses deux co-accusés avaient purgé totalement leur peine et comparaissaient libres devant le tribunal criminel. Les faits qui leur sont reprochés remontent à 2011 et concernent l'affectation «illicite» à plusieurs personnes de logements et de locaux dans le cadre de l'investissement. L'enquête a débuté quatre ans après le départ de Bachir Frik de son poste en tant que wali d'Oran. Devant le tribunal, M. Frik a rejeté toutes les accusations portées à son encontre en affirmant avoir fait l'objet d'un règlement de comptes.  

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