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Libre Tribune : Pourquoi un front de gauche serait salvateur au Maroc

L’Union des Socialiste des Forces Populaires (USFP), le Parti Travailliste (PT) et le Parti Socialiste (PS) marocains ont annoncé être sur le point de fusionner dans un “grand parti de gauche”. J’ai franchement accueilli la nouvelle avec beaucoup d’enthousiasme. En tant que jeune militant, clairement de gauche et aspirant à une refonte de la politique marocaine, j’ai toujours pensé que l’union fait la force et qu’une cohésion idéologique forte permettrait au Maroc d’entrer pour une bonne période sur les rails du progressisme.

Il est vrai que les partis faisant les meilleurs scores aux législatives les plus récentes sont des partis conservateurs : l’Istiqlal en 2007, les islamistes du Parti Justice et Développement en 2011. Même en 2002, lorsque l’USFP était arrivée en tête, il était talonné par l’Istiqlal et les mêmes islamistes. Mais passons. Vous aurez compris que la bataille doit largement dépasser la sphère politicienne pour mettre en place une mutation intelligente, durable et solide de la société. Si Marx appelait les prolétaires à s’unir, c’est justement parce qu’il s’agit sans doute du meilleur moyen de se défaire d’une part, dans le cas marocain, des conservateurs et, d’autre part, des partis bâtis de toutes pièces et ayant des relations quasi incestueuses avec le Palais.

Aussi, le débat politique doit s’élever. Nous avons eu droit ces derniers jours à des sorties fracassantes de certains dirigeants qui méconnaissent sans doute la différence entre le travail d’un syndicaliste et celui d’un représentant de parti. La rumeur est utilisée à tort et à travers à des fins politiciennes, souillant au passage la réputation d’hommes et de femmes politiques gratuitement. Revenons donc à une base idéologique initiant une ligne politique claire, nette, réalisable. La gauche doit se structurer de telle sorte qu’elle puisse défendre sereinement les intérêts des Marocaines et des Marocains, sans trembler face au jeu répugnant de certains. La lutte doit se faire sans attendre.

Toutefois, la création d’une sorte de Front de Gauche, comme le connaissent certains pays sud-américains ou encore comme l’expérimente la France, doit être faite en profondeur. Unir des sièges aux assemblées ne doit pas être le but d’une telle alliance. Le pouvoir ne doit être que l’aboutissement de ce grand projet. Il faut d’abord structurer nos forces, se réunir et se retrouver, après les tumultes ayant fait suite aux dernières législatives. Il faut avoir les reins solides, être patient. Nous devons nous attendre à de nombreuses divisions au sein de nos rangs. Des concessions seront à faire. Les partis ne doivent pas pour autant troquer leur âme. Chacun doit pouvoir garder ses instances et suivre les attentes de ses propres militants. Nous aspirons tous, je le pense, à améliorer le système politique de notre pays. Notre référentiel politique commun doit servir de ciment pour solidariser toutes les formations progressistes, conventionnelles ou non, représentées ou non, vieilles ou nouvelles. Il sera nécessaire de composer avec la société civile, nous ouvrir à elle, fédérer les associations, syndicats et autres organisations à la cause commune, attirer des jeunes pour faire peau neuve. La jeunesse sera le déclic de ce vaste projet. Un travail de fond doit être mené et le plus tôt sera le mieux.

Organisons nos forces, profitons des acquis et du potentiel de chacun pour bâtir cet idéal. Le projet est ambitieux mais il n’est pas utopique. Mettons fin aux divisions internes à la gauche, coupons l’herbe sous le pied des conservateurs. Le temps des indignations est révolu. Peuple de gauche, il faut agir. Faisons-le ensemble.

Soufiane Hossini, militant PPS

Twitter : @hossinisoufiane

(Cet article n’engage en rien le PPS, il s’agit d’une approche purement personnelle)

La Nouvelle Tribune

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