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Violences à Benghazi : Une trentaine de morts et près de 60 blessés.

Les affrontements entre des manifestants et une brigade semi-officielle d’ex-rebelles à Benghazi ont fait une trentaine de morts au moins et près de 60 blessés.
Une source médicale a indiqué à la presse : « Nous avons recensé jusqu’ici 28 morts et près de 60 blessés », a indiqué à la presse un médecin de l’hôpital al-Jala à Benghazi.

Un précédent bilan de l’hôpital faisait état de 11 morts et 30 blessés.

Des dizaines de manifestants, dont certains armés, ont tenté , samedi 8 juin , de déloger la brigade « Bouclier de Libye » de sa caserne, provoquant un affrontement entre les deux groupes.

Les protestataires affirment vouloir déloger les « milices » armées de leur ville, appelant les forces régulières à prendre le relais.

La brigade « Bouclier de Libye », formée d’ancien rebelles ayant combattu le régime du colonel Mouammar Kadhafi en 2011, relève formellement du ministère de la Défense.

Les autorités libyennes, qui peinent à former une armée et une police professionnelles, ont régulièrement recours à ces ex-rebelles pour sécuriser les frontières ou s’interposer dans des conflits tribaux.

Le porte-parole de Bouclier de Libye, Adel Tarhouni, a fait état de son côté d’un mort et de sept blessés au sein de sa brigade.

Tarhouni a défendu « la légitimité » de sa brigade, affirmant qu’elle dépendait officiellement du ministère de la Défense.

Selon lui, il a d’abord eu une manifestation pacifique de plusieurs heures devant le QG de sa brigade, une ancienne caserne de l’armée de Kadhafi.

« La manifestation a été infiltrée par des hommes armés qui ont tiré sur nos locaux et ont jeté des Jelatina » ( bombe artisanales ), a-t-il expliqué à la chaîne de télévision, Libya al-Ahrar.

Ali al-Chikhi, porte-parole du chef d’état-major, a affirmé que Bouclier de Libye était « une force de réserve de l’armée libyenne » et que l’attaquer équivalait « à une agression contre une force légitime ».

Le colonel al-Chikhi, cité par l’agence Lana, a qualifié de « très dangereuse » l’attaque contre la brigade, appelant toutes les parties à la retenue.

Dans la nuit de samedi à dimanche, le Premier ministre , Ali Zeidan , a annoncé que Bouclier de Libye avait quitté sa caserne et que l’armée régulière avait pris possession des lieux et contrôlait les armes lourdes qui s’y trouvaient.

Dans une déclaration à la télévision nationale,   le Premier ministre a annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsabilités, tout en appelant toute les parties à la retenue.

En octobre, des habitants de Benghazi s’étaient déjà rebellés contre les milices, délogeant certaines d’entre elles de leurs bases.

Le nouveau pouvoir en Libye a échoué à désarmer et à dissoudre les groupes d’ex-rebelles qui font la loi dans le pays et tente de légitimiter certains d’entre eux malgré l’opposition d’une grande partie de la population.

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