mis à jour le

Qui rythme les pas de la danse malicieuse ou hésitante de Mohamed Abbou ?

Par Mansour Mhenni

Il n'est pas insensé, me paraît-il, de constater que l'itinéraire de Mohamed Abbou depuis le 14 janvier 2011 est l'un des plus étonnants de par ses volte-face par trop déroutantes. Sans doute cela a-t-il pour lui une cohérence qu'il nous tarde de comprendre ; mais en attendant, qu'il nous soit permis de nous interroger sur les motivations politiques qui ont pu dicter à l'ancien Secrétaire général du CPR sa « danse avec les loups », car c'est de cela que je me souviens en pensant à lui.

Peut-être importe-t-il alors de rappeler quelques épisodes liés aux nouveaux statuts, fugaces et variés, que Mohamed Abbou s'est donnés en moins de deux années.

Le ministre de la fonction publique, qu'il fut, a renoncé au poste, un semestre plus tard, pour insuffisance de prérogatives ( une manière de se distinguer de Moncef Marzouki ( Le provisoire président ) qui passait pour celui à avoir accepté de vendre sa peau au diable pour le poste qu'il s'était vu octroyer ?! ). Voulait-il avoir son propre gouvernement dans le gouvernement, se demandaient certains observateurs ? Lui prétendait ne pas vouloir cautionner l'incompétence et le laxisme, plus tard la corruption qu'il se serait d'empêcher de dénoncer à temps, quand il était dans le gouvernement. Toutefois, malgré tout, il ne brûlera aucune de ses cartes avec le parti majoritaire de la troïka, laissant croire à certains qu'il cultivait déjà le projet d'une candidature à la présidence avec la caution et le soutien du mouvement islamiste Ennahdha.

Dans la même logique, il va tout faire pour s'attribuer la première responsabilité à la tête du parti du président provisoire de la République, comptant sans la nouvelle cohésion établie par le président entre ses fidèles les plus inconditionnels pour constituer un poids déterminant dans le parti, indépendamment de son premier responsable officiel ( On se souvient encore du conflit, à peine camouflé, avec Hédi Ben Abbès à propos de la fonction de porte-parole du parti ).

Peut-être n'est-il pas inutile de rappeler que c'est à cette époque précisément ( le processus est enclenché en mars 2012 et le coup de sifflet venu d'Irak ! ) qu'on a commencé ( Qui, exactement ? ) à mêler l'armée nationale aux tiraillements politiques et à remettre en question son premier responsable, au point que le président provisoire de la République a fini par se doter d'un conseiller militaire.

A la fin, Mohamed Abbou s'est doté de son propre parti, après force hésitations, comptant sans doute capitaliser l'image et les acquis d'un passé toujours en mémoire, ainsi qu'un savoir-faire jugé bien maîtrisé par Madame, pour se donner le profil d'un nouveau leader à même de constituer une alternative d'avenir. C'est fort légitime, car tout le monde sait, et Mohamed Abbou en premier, qu'en politique tout est permis.

Le problème cependant, c'est ce retour, aujourd'hui et en situation très critique , au dossier de l'armée nationale et cette revendication du remplacement du Général Ammar qui, de fait et comme souligné par Mohamed Abbou, reste remplaçable à tout instant, dès que l'intérêt national le nécessite. Mais que le patron du nouveau minuscule petit parti ( de l'aveu même de son initiateur ) du Courant démocratique brille ainsi pour sa première vraie manifestation publique d'importance nationale, cela ne manque pas de drainer des questions sur des motivations on ne peut plus suspectes. Curieusement d'ailleurs, Mustapha Ben Jaâfer, lui-même en difficulté dans ses deux fiefs (Ettakattol et l'ANC), s'est pressé de l'accueillir « pour le consulter sur la constitution ».

Encore une fois, on est en droit de se souvenir que tout ce que Mohamed Abbou a écrit dans son communiqué-facebook contredit toute sa man½uvre politique précédente marquée par un soutien, jamais mis en défaut, à ceux qui sont aujourd'hui condamnés par lui pour terrorisme et antidémocratisme et à ceux qui soutenaient leur liberté d'action, insensibles à toute prévention quant au danger qu'ils constituent pour la stabilité et la paix dans le pays.

Là aussi, on ne peut passer sous silence les signaux d'alarme tirés par l'armée même quant aux manigances de déstabilisation de l'armée pour la soumettre et l'impliquer dans des enjeux politiques contraires à son rôle d'armée républicaine qu'elle a toujours su parfaitement assumer. D'aucuns développent même l'idée d'un complot contre l'armée, en complicité avec les terroristes, ne lésinant pas ainsi à mette la société et les citoyens en danger.

Nous n'irons pas jusqu'à condamner systématiquement les uns ou les autres, nous en appelons plutôt au sens du patriotisme de chacun et de l'intérêt national, au-delà de toutes les combines politiques qui peuvent parfois avoir une odeur de trahison, à bon ou mauvais escient, pour laisser passer cette ultime période de transition sans grands heurts et sans lourde douleur. A moins que l'intention ne soit de faire perdurer cette transition jusqu'aux conditions objectives de l'établissement d'une nouvelle dictature !

Par Mansour Mhenni le 8 juin 2013

danse

AFP

Aux racines de la kizomba, la danse angolaise qui séduit le monde

Aux racines de la kizomba, la danse angolaise qui séduit le monde

AFP

Violences

Violences

AFP

La danse classique entre sur scène dans le township de Soweto

La danse classique entre sur scène dans le township de Soweto

Mohamed

AFP

Décès de l'islamologue tunisien Mohamed Talbi, "libre" penseur

Décès de l'islamologue tunisien Mohamed Talbi, "libre" penseur

AFP

Mohamed Abdullahi 'Farmajo', nouveau président de la Somalie

Mohamed Abdullahi 'Farmajo', nouveau président de la Somalie

AFP

Somalie: l'ex-Premier ministre Mohamed Abdullahi Farmajo élu président

Somalie: l'ex-Premier ministre Mohamed Abdullahi Farmajo élu président