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Mali: les négociations dans le vif du sujet après un faux départ

Le président burkinabè Blaise Compaoré, le 15 mai 2013 à Bruxelles
© AFP

OUAGADOUGOU (AFP) – (AFP) –  Les négociations entre le pouvoir malien et les rebelles touareg occupant Kidal, dans le nord-est du Mali, s’ouvrent samedi à Ouagadougou en vue de la présidentielle de juillet, après un faux départ provoqué par le régime de Bamako.

 

En guise de préambule, le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur pour l’Afrique de l’Ouest dans la crise malienne, a reçu vers 10H00 (locales et GMT) des représentants de la communauté internationale (ONU, Union africaine, France, Suisse, Algérie, Nigeria notamment), qui appuient sa médiation.

 

Il entrera dans le vif du sujet à 11H00 en réunissant au palais présidentiel les délégations de Bamako et des groupes armés touareg, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA).

 

Le temps presse: il s’agit de trouver un accord pour permettre la tenue à Kidal de la présidentielle prévue le 28 juillet dans tout le Mali, une élection réclamée expressément par les partenaires du pays, France en tête.

 

Mais les discussions, censées débuter vendredi, ont commencé par un coup de théâtre, et un faux départ.

 

Si la délégation conjointe MNLA-HCUA était bien au rendez-vous, l’émissaire des autorités maliennes pour le nord du pays, l’ancien ministre Tiébilé Dramé, n’a pas rejoint la table des négociations.

 

Arrivé avec plus de deux heures de retard dans la capitale burkinabè, il a aussitôt demandé à être reçu par le médiateur. Selon des sources concordantes, il a réclamé que le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et la milice d’autodéfense loyaliste Ganda Koy prennent part aux discussions.

 

Le chef de l’Etat burkinabè a refusé leur participation en tant que « groupes armés du Nord », ce qui aurait été un casus belli pour les mouvements touareg, mais il s’est engagé à recevoir le MAA et Ganda Koy, selon une source diplomatique.

 

« résoudre le problème de Kidal »

Les négociations, censées s’achever en début de semaine, ont pour objet de « résoudre le problème de Kidal », a souligné une source proche de la médiation, pointant le fait que le MAA et Ganda Koy n’ont pas d’ancrage dans cette ville.

 

Or, au-delà du cas de Kidal, les discussions de fond sur les relations entre l’Etat malien et la région septentrionale ne doivent s’ouvrir qu’une fois des autorités maliennes légitimes installées à l’issue de la présidentielle.

 

Malgré cet accroc qui a pris tout le monde au dépourvu à Ouagadougou, la délégation conjointe MNLA-HCUA se dit « confiante » dans l’issue des négociations.

 

Les groupes touareg ont pourtant refusé jusqu’à présent à l’armée et à l’administration maliennes d’entrer dans Kidal, exigeant la sécurisation du scrutin par la Minusma, la force de l’ONU qui doit prendre à partir de juillet le relais de la mission panafricaine déployée au Mali (Misma).

 

Les mouvements touareg armés occupent cette ville, berceau de leur minorité ethnique, depuis fin janvier, après l’intervention militaire française qui a mis en fuite les groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda qui occupaient tout le Nord malien depuis 2012. Environ 200 soldats français sont stationnés à l’aéroport de la ville.

 

Mais la situation à Kidal suscite une exaspération montante au sein de l’opinion et de la classe politique maliennes.

 

Une coalition de partis et d’organisations politiques a appelé à une marche samedi à Bamako pour réclamer la « libération de Kidal ». Les rassemblements restent pourtant interdits dans la capitale, état d’urgence oblige.

 

La région de Kidal a d’ailleurs connu un brusque accès de tension ces derniers jours. Des arrestations et expulsions de Kidal de membres des communautés noires par le MNLA, qualifiées « d’épuration raciale » par le régime de Bamako, ont été suivies d’une brève reprise des hostilités.

 

L’armée malienne a ainsi délogé mercredi les rebelles touareg de la localité d’Anefis, à une centaine de kilomètres au sud de Kidal. Cependant, le pouvoir malien étant sous pression de ses alliés qui plaident pour une solution négociée, l’armée n’a pas poursuivi sa progression sur Kidal.

 

 

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