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Tunisie-FMI : Mon Dieu ! « Je cours retirer mon petit magot de la banque. »

Par Ridha Ben Kacem

Le Fonds monétaire international (FMI) a reconnu avoir commis des erreurs, dans le cadre de l'élaboration et la mise en ½uvre du plan de sauvetage de la Grèce. Un rapport publié sur le site du FMI annonce, en effet, qu’en 2010 le fonds a signé son premier accord d'aide financière, à Athènes, de 110 milliards d’euros, en sous-estimant la gravité de la crise en Grèce. Le Fonds indique, en particulier, qu'il s’est trompé :

1 / Au sujet de l'estimation de la rapidité de la relance économique du pays

2 / Dans le calcul des conséquences de la réduction des dépenses budgétaires

3 / Dans son attitude trop optimiste, dans l’évaluation des perspectives du retour de la Grèce, sur le marché des prêts

4 / dans le retard pris à restructurer la dette publique du pays, par le biais des créanciers privés.

Autant dire que le FMI a fait chou blanc. Qu'il a foiré en tout. Reconnaissons lui, au moins, le courage de l'avouer.

C'est d'autant plus grave que le FMI, dans la foulée, AVOUE avoir enfreint ses propres règles, en considérant que la dette grecque comme surmontable, alors que la Grèce ne répondait pas à trois critères du FMI sur quatre, pour bénéficier d'un tel jugement. Il y a, donc, eu, ou manipulation ou falsification. Dans les deux cas, ce n'est plus une erreur d'appréciation, mais bel et bien une faute grave de gestion, commise par cette institution financière internationale. Néanmoins, il était nécessaire de sauver la Grèce, écrivent, comme pour justifier l'injustifiable, les auteurs du rapport. D'après eux, le fait d'avoir soutenu la Grèce a permis de remédier, d'une part, au risque d'un défaut de paiement incontrôlé et, d'autre part, à la propagation de la crise dans d’autres pays de la zone euro. Le FMI, comme Zorro, en son temps, se voit en grand sauveur du pauvre (grec) et redresseur des torts des pays du bon et brave Euro. « On le referait si c’était à refaire», a déclaré l’ex-médiateur du FMI pour la Grèce, Poul Thomsen, signataire du fameux accord de l'octroi de l'aide financière à la Grèce. Il persiste et signe le métèque.

Le Wall Street Journal, rappelle, à propos de cette louche affaire, que les représentants du FMI, annoncent depuis trois ans, que la charge de la dette grecque était « élevée mais surmontable » et que le pays rembourserait ses dettes, dans les temps. D’après le Wall Street Journal, l’incertitude autour du programme de sauvetage de la Grèce était si grande, en 2010, que les spécialistes du FMI ne pouvaient tout simplement pas, affirmer que la Grèce était en mesure de maitriser la hausse de sa dette publique. Deux anciens employés du FMI ont déclaré au Wall Street Journal, que le directeur du département juridique du FMI, Sean Hagan, avait averti, à plusieurs reprises, cette année-là, que l’aide à la Grèce ne répondait pas aux exigences du FMI.

Le FMI savait, donc, dès le départ, que les dés étaient pipés. Au final, le FMI a adopté des « conditions spéciales » d’accès aux ressources du Fonds, mais des exigences revues et corrigées à la baisse, envers l’emprunteur, pour accorder cette aide à la Grèce. Terrible cela, non ? Cette vénérable institution financière internationale se dévalorise ainsi, alors qu'en matière de finance la rigueur et la confiance sont les deux règles d'or à ne jamais transgresser. Mais est-ce vraiment étonnant de la part d'une institution dont la directrice actuelle, Christine Lagarde, est poursuivie, par la justice de son pays, La France, dans la gestion de l'affaire Tapie-Adidas et dont l'ex premier responsable, Dominique Strauss-Kahn, encore un français, est plus connu pour ses frasques sexuelle, et ses démélées, avac le justice américaine, que sa bonne gouvernance du FMI ?

Les auteurs du rapport indiquent clairement, que le programme d’échange d'obligations grecques détenues par les investisseurs privés, aurait dû être lancé, bien avant octobre 2011. Le rapport du FMI indique aussi: « Ecarter le problème des obligations détenues par les investisseurs privés a engendré, à un stade précoce de la crise, des doutes sur l’aptitude de la zone euro, à maîtriser, ne serait-ce qu’un défaut de paiement limité et cela a probablement, aggravé la situation de la Grèce. Une restructuration rapide et déterminée de la dette aurait été bénéfique pour la Grèce, mais, elle n’a pas été approuvée par les partenaires européens. Au final, une partie des investisseurs ont pu mettre les actifs grecs sur le dos de l’Etat ». Ainsi, avant la signature de l’accord en 2010, le FMI prédisait une chute du PIB du pays de 5,5% à l'échéance 2012, alors qu’elle s’élève à 17%.

Sachez aussi, que le Financial Times pense que ces conclusions serviront de modèle à toutes les grandes décisions futures, du FMI, à l’égard des économies nationales des pays où s'active le FMI. Personnellement, tant que cette institution continuera à être dirigée par une personne soupçonnée par la justice de son propre pays, de malversation, je ne pourrais pas avoir confiance, d'autant que le prochain, sur la liste des pays, est ma pauvre Tunisie.

Qu'en est-il des grecs qui casquent et paient comptant, pour les égarements du FMI ? Evalué à 19,7% en octobre 2011, le chômage a franchi le seul symbolique de 25% en juillet 2012, et a battu un nouveau record, à la fin du moi de mai dernier, avec un taux de 26,8%, rapporte jeudi dernier, l’institut statistique grec Elstat. Peuplée de 10,8 millions d’habitants, soit sensiblement autant que la Tunisies, la Grèce comptait 3,681 millions de salariés en 2012 et 1,346 million de chômeurs, la population inactive se chiffrant à 3,334 millions de personnes, selon l’Elstat. Le taux de chômage est particulièrement, élevé chez les jeunes : 56,6% des personnes âgées de 15 à 24 ans sont sans emploi. Les femmes sont plus touchées par ce fléau que les hommes. Le rebond du taux de chômage et la récession économique en Grèce découlent directement des mesures d’austérité, adoptées par les autorités du pays, en contrepartie du plan d’aide international, dont le FMI est le principal protagoniste, avec les principaux pays de la zone Euro. Sûr que les grecs ne doivent pas apprécier.

Ce qui est risible, dans cette affaire c'est que la Grèce dispose de réserves de gaz naturel, qui lui suffiraient à régler, non seulement, ses problèmes énergétiques, mais aussi financiers, indique un rapport de la Deutsche Bank cité mercredi dernier, par le site d’informations économiques : Capital.gr. Il s’agit de l’évaluation initiale des gisements découverts. La prospection est effectuée par la société norvégienne Petroleum Geo-Services, depuis l’automne dernier. Ses résultats définitifs sont attendus à la mi-2013. Les gisements pourraient être mis en exploitation d’ici 8 à 10 ans. Ainsi donc, la Grèce obtiendrait les premiers revenus aux alentours de 2020, c’est-à-dire au moment où elle devra ramener sa dette extérieure à 120% du PIB, souligne la Deutsche Bank.

En règle générale, les frais de production et de vente de gaz constituent environ, 25% des revenus rapportés par un gisement, le même pourcentage est, en outre, versé aux compagnies exploitant la licence. Cela signifie que les bénéfices nets, obtenus par la Grèce, atteindraient 50%. La Grèce pourrait devenir le 15ème détenteur mondial de ressources de gaz naturel. De plus, les calculs de la Deutsche Bank ne se rapportent qu’aux gisements situés sur le plateau continental, au sud de la Crète, et ne concernent pas les champs gaziers des mers Ionienne et Egée, qui pourraient s’avérer également, très importants. Encore un pays riche qui traine sa misère, dans les salons feutrés du FMI.

Faute avouée, faute à moitié pardonnée ? Le FMI a donc fait son mea culpa, mercredi dernier, et admis que le premier plan de sauvetage de la Grèce, élaboré en 2010, s’était soldé par des « échecs notables » en raison notamment, de désaccords avec ses partenaires européens au sein de la « troïka » (pas la notre, rassurez-vous). « Il y a eu (…) des échecs notables. C’est Dominique Strauss-Kahn qui était le patron du Fonds à cette époque, depuis remplacé par Christine Lagarde ». Conséquence : « La confiance des marchés n’a pas été rétablie (…) et l’économie a été confrontée à une récession bien plus forte que prévu »,a indiqué le Fonds monétaire international toujours, dans ce rapport évaluant les résultats du plan d’aide de 110 milliards d’euros, accordé à Athènes, en mai 2010 en contrepartie d’un plan d’économies drastiques.

Pas un mot d'excuse à la Grèce qui s’enfonce actuellement dans la récession, pour la sixième année consécutive, avec un taux de chômage de pratiquement 27%, malgré un deuxième plan d’aide international massif, intervenu au printemps 2012. Les projections de dette publique grecque, établies par le FMI, ont, elles aussi, été balayées « dans une très large mesure »,reconnaît l’institution. Ce n’est pas la première fois que le FMI fait ses mises à jour, à propos de la Grèce. En octobre 2012, son chef économiste, Olivier Blanchard, avait, déjà, fait sensation en admettant avoir sous-estimé les « multiplicateurs budgétaires »,qui mesurent l’impact des mesures d’austérité, sur la croissance.

Mon Dieu, est-ce vraiment sérieux ? Et c'est précisément, à ces amateurs, petits manipulateurs de données et de chiffres, que la Troïka , la notre de Troïka de Tunisie maintenant  , compte confier l'avenir de la Tunisie ? Je cours retirer mon petit magot de la banque.

Par Ridha Ben Kacem publié le 7 juin 2013

Remarque : le titre n’est pas de l’auteur

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