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Vie de couple : COMMENT «GERER» SON HOMME ?

Chacune a sa petite idée pour amadouer ou raisonner son conjoint

La vie de couple ne recèle pas que du bonheur. Tous les ménages connaissent des problèmes. Ainsi va la vie. Cette sagesse soutient le moral des générations successives de jeunes mariés. Elle est serinée par nos mères et nos grands-mères pour que les nouvelles mariées affrontent les obstacles avec patience et sagesse. En effet, il existe de nombreux sujets qui fâchent : la jalousie, l'argent, la routine, l'infidélité, la famille. Une meilleure communication est nécessaire pour faire face à toutes ces difficultés. Les deux conjoints doivent mutuellement s'écouter et se comprendre. L'arme fatale pour ce faire est certainement les compromis et les concessions. Ces deux piliers sont nécessaires pour la cohésion, l'attente dans le couple. Le dessein de toutes les femmes est d'avoir une vie de couple harmonieuse. A cet effet, elles développent des stratégies nécessaires pour faire durer leur vie de couple et pour maîtriser les situations conflictuelles. Dans cette quête les maîtresses de maison ne manquent pas d'astuce. Chacune a sa petite idée pour amadouer ou faire raisonner son conjoint. Chaque femme réagit selon l'attitude de son mari. Il faut reconnaître que les comportements humains diffèrent. Par conséquent, les manières de les traiter divergent également. Dans le cas d'un couple, il y a nécessité que les deux personnes se connaissent pour mieux faire face à leurs problèmes. Il n'y a pas de théorie en la matière. Ce n'est pas parce que cette femme a procédé ainsi pour faire raisonner son mari ou avoir quelque chose de lui que l'autre doit suivre le même exemple. Il faudra savoir que la conduite à tenir envers un homme dominant ne sied pas forcement à un homme belliqueux. Il arrive que les caractères soient les mêmes mais les conduites à tenir pour se faire entendre diffèrent des hommes. Cela dépend généralement de la sensibilité de chacun. Les femmes savent généralement que faire pour manager leurs « hommes ». Les témoignages qui suivent prouvent cette thèse. La recette de l'une n'est pas la bonne recette pour l'autre. Les hommes sont plus aimables quand ils sont amadoués. D'autres sont sensibles à la patience, au rapport de force pour les faire raisonner. Mme Diawara Oumou Soutoura vit en couple depuis dix ans. Elle gère comme elle peut son mari, un éternel insatisfait. Celui que décrit notre interlocutrice est un mesquin qui veut à la fois une chose et son contraire. Lisons ensemble les astuces de l'imaginative Oumou pour gérer les caprices insupportables de son mari. remarques gratuites. Pour rester indifférente aux réactions très souvent agressives de son conjoint, Oumou a choisi d'ignorer sa présence à la maison surtout lorsqu'il se plaint pour un oui ou un non. « Il me fait toujours des remarques gratuites, très souvent blessantes » dit-elle. En réponse à cette réaction de son mari, notre interlocutrice explique qu'elle fait comme si rien ne se passe et vaque sans crier gare à ses occupations. Avant de savoir que l'indifférence est la seule conduite qui puisse ralentir l'ardeur agressive de son conjoint, Oumou se livrait quotidiennement à des querelles mesquines son homme à l'esprit étroit. « Présentement j'ai surmonté toutes ses difficultés. Dès qu'il commence ses crises de nerf je fais comme s'il n'existait pas. C'est comme dirait l'autre « le chien aboie la caravane passe » conclut-elle souriante. Le comportement de Mme Katilé Mariétou diffère de celui de notre première interlocutrice. Pour manager son mari elle n'a trouvé autre option que de le bouder. Mariétou rappelle la période difficile où même réclamer les prix de la popote était une torture morale. Quand Mariétou est mécontente elle se replie sur elle même. Sans le savoir, elle venait de trouver à travers cette attitude de mépris vis-à-vis de son mari la solution de tous ses problèmes. « Petit à petit, j'ai remarqué qu'il était plus sensible et abordable si je reste silencieuse et adopte une mine triste », raconte-t-elle. De nos jours affirme si Mariétou désire avoir quelque chose elle se fait toute petite à la maison cassant ainsi l'atmosphère. Son mari perd tout contrôle en la voyant morose et cède à toutes ses doléances. Mme Diarra Sanata Koïta est secrétaire dans un service de la place. Cette dame nous révèle comment elle traite son mari nerveux. Elle indique qu'au début de leur mariage elle redoutait le moment de son retour au bercail. Ce moment d’intimité, de retrouvaille et de détente, est pollué à cause du comportement peu catholique de son conjoint qui s’énerve au quart de tour. L’ambiance au lieu d'être détendue est électrique, plongeant l’ensemble du foyer dans une tension embarrassante. Pleine de bon sens, Sanata a décidé de répliquer à son hystérique de mari qui lui adressait des critiques dévalorisantes et insultantes. Actuellement ce couple applique la loi du Talion : « ½il pour ½il, dent pour dent ». Dans ce dessein, Sanata est toujours sur la défensive prête à hausser le ton pour se faire entendre et surtout pour calmer son belliqueux époux. La désormais « rebelle » Santa est convaincue que seul un certain rapport de force peut faire raisonner son mari qui n'écoute personne quand il pique ses crises de nerf. Contrairement à Sanata, Mme Sow Ouley, prône la patience. Quand le chef de famille est mécontent elle garde tout son calme. Son mari se fâche pour la moindre broutille. Il est incontrôlable et profère des insanités qu'il regrette par la suite. L'épouse modèle Ouley est très forte de caractère. Elle laisse la tempête passer. Le mari nerveux vocifère pendant tout le temps qu'il veut. La très sereine Ouley ne réplique point. Ensuite elle engage un débat qui permettra de clarifier ou de débloquer la situation. « Je l'aborde avec politesse et un sang froid incroyable. Je lui fais comprendre qu'il n'est point nécessaire d'être désagréable tout le temps. Qu'il n'est point nécessaire de s'énerver pour si peu ». En fin de compte mon mari baisse la tête et me regarde comme un chien battu. Ces quelques cas prouvent que chaque homme à ses antidotes. A la femme de découvrir et d'utiliser la recette qui convient pour restaurer la bonne attente, la cohésion dans le foyer. Tout cela en ayant constamment en tête que l'épouse doit respect et obéissance à son mari. Il faut de la mesure en tout.

M. A. Traoré

Sous représentativité des femmes : UN PROJET BIEN A PROPOS A KIDAL

Il permettra en deux ans la participation accrue des femmes aux instances de décision dans la région

Le centre Aoua Keïta a abrité en fin de la semaine dernière la cérémonie de lancement d'un projet d'appui à l'émergence politique des femmes de Kidal. Le projet de deux ans a été initié par l'ONG EFFAD à Kidal (Eduquer, Former les Femmes un Appui au Développement) en partenariat avec la NED des Etats Unis (La fondation nationale pour la démocratie). Le projet a pour groupe cible les femmes élues et leaders de la 8è région de notre pays. Il couvre les cercles de Kidal et de Tessalit. Le but est de susciter la participation accrue des femmes aux instances de décision au niveau local, régional que national. Cet objectif s'articulera autour des actions comme l'implication des femmes dans le processus électoral et démocratique dans notre pays. Le programme va promouvoir l'implication des femmes dans le processus de résolution des crises au niveau national et international. Pendant deux ans les femmes du cercle de Kidal et de Tessalit seront informées sur les textes relatifs à la démocratie et la loi électorale. Des thèmes comme la résolution de conflits et le rôle des femmes dans la réconciliation post conflit seront développés à travers des conférences. Les bénéficiaires seront dans un avenir proche les véritables animatrices de la vie politique. Elles apprendront les techniques de négociation, de modération, de médiation, de prise de parole en public. Des causeries débats seront également initiées pour mieux sensibiliser les femmes sur l'importance de la conquête et l'exercice du pouvoir politique. Ce projet novateur selon la directrice de l'ONG EFFAD, Mme Assori Aïcha Belco Maïga, est salutaire. Notre pays est en phase préparatoire des élections du 28 juillet prochain. Les femmes bénéficiaires de ce projet doivent saisir cette opportunité pour que leur participation dans les affaires politiques ne soit pas vaine. Selon la directrice de l'ONG EFFAD, il est grand temps de faire comprendre aux femmes que leur participation à la vie politique contribuera à les imprégner fortement des libertés civiques. La sous représentation des femmes dans les postes de décision est un défi dans notre pays. Les Maliennes en général et les femmes de Kidal en particulier sont au bas de l'échelle dans toutes les sphères de prise de décision au niveau local, régional, national. On n'enregistre que sept femmes élues communales sur les 133 de la région. Les quatre députés à l'Assemblée nationale représentant la région sont tous des hommes. Il n'y a aucune femme maire dans la région. Mme Assori Aïcha Belco Maïga a exhorté les femmes à rompre définitivement avec la politique de la chaise vide afin d'être présentes au niveau des plus hautes instances de prise de décision. La directrice de l'ONG EFFAD a remercié les autorités administratives et politiques pour l'estime et la solidarité dont ont bénéficié les déplacés de Kidal. Elle a plaidé pour un retour prochain de l'administration dans sa région gage de la crédibilité des élections à venir. Le chef du cabinet du gouverneur de la 8ème région, Mamadou Thiam, est conscient de la faible représentation des femmes au niveau politique. Ce handicap découle de l'analphabétisme des femmes actives, du manque de moyens, des pesanteurs socioculturelles, du poids de la religion, de la réticence de certains maris à soutenir leurs épouses en politique. L'exécution du présent projet, selon Mamadou Thiam, renforcera les capacités des femmes à animer la vie politique. La participation des femmes aux prises de décisions politiques est un enjeu prioritaire de la lutte pour plus d'égalité, perçue de nos jours comme une exigence du développement. L'épineuse problématique du quota dans notre pays demeure. Il est urgent de trouver une solution pour accélérer l'émergence politique de la malienne.

M. A. T.

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