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Opération Serval : 111 MILITAIRES DÉCORÉS

Ils ont été distingués par notre pays pour s'être battus, et parfois sacrifiés, pour la liberté, la démocratie et contre la barbarie et le crime organisé

Le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le général Yamoussa Camara, a présidé hier au secrétariat général de la présidence à Koulouba, la cérémonie de décoration honorifique de 111 soldats français de l'opération Serval. Onze d'entre eux, encore présents sur le sol malien, ont reçu au cours de cette cérémonie leur médaille. Les cent autres soldats distingués ont déjà regagné leur pays. Leurs distinctions ont été remises au général de  Saint Quentin, le chef d'Etat major de l'opération Serval, qui se fera un devoir de les faire parvenir à leurs destinataires.

Parmi les onze militaires français décorés hier, figurent un récipiendaire de la médaille de commandeur de l'Ordre national, le général Grégoire de Saint Quentin lui-même, un récipiendaire de la médaille d'officier, cinq de la médaille de chevalier, quatre de l'étoile d'argent du mérite national avec effigie lion debout.

Dans une brève allocution, le général de Saint Quentin, au nom de tous les autres bénéficiaires, s'est dit honoré par les différentes décorations dans le cadre de l'intervention française. Il a rappelé qu'au cours de cette opération, 6 militaires français sont tombés au champ d'honneur en cinq mois de présence. Pour l'officier, « la décoration symbolise l'esprit de solidarité, militaire et de fraternité entre Maliens et Français ». Quant à l'engagement français dans notre pays, le général de Saint-Quentin, a assuré que l'armée française prêtera toujours main forte aux Maliens : « Nous n'oublions pas que les opérations vont se poursuivre au Mali ».

L’opération Serval, en référence à un félin africain, est le nom donné à l’intervention militaire menée au Mali par l'armée française, depuis le 11 janvier 2013, à la demande du gouvernement du Mali. L’opération a pour objectif de soutenir les troupes maliennes dans  leur offensive contre des islamistes fanatisés qui occupaient la partie nord du pays et qui menaçaient d'envahir le Sud. Le but de cette intervention tel qu’exprimé par le président français, François Hollande, le 15 janvier 2013 était d’arrêter l’avancée en direction de Bamako des forces djihadistes, sécuriser la capitale du Mali et permettre au pays de recouvrer son intégrité territoriale.

DECOLe 11 janvier dernier à 10 h 30, lors de ses v½ux au corps diplomatique, le président Français avait assuré que la France répondra, aux côtés de ses partenaires africains, à la demande des autorités maliennes, dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, et se déclarait « prêt à aider l’arrêt de l'offensive des terroristes » si elle devait se poursuivre. Avant le déclenchement de l’opération, François Hollande a consulté par téléphone des chefs d’État africains, dont le président sud-africain Jacob Zuma, alors que ceux-ci ne l’avaient pas été lors de l'intervention de 2011 en Libye.

Vers 11 heures, le président français après avoir réuni un conseil de défense, donne l’ordre aux armées françaises d’engager les combats en appui de l’armée malienne dans le cadre de l'opération Serval, qui « durera le temps nécessaire ». À 11 h 45, il y a un échange de tirs entre deux hélicoptères et des djihadistes à Konna. Vers 16 h, soit cinq heures après l’ordre d’engagement donné par le président français, plusieurs hélicoptères d’attaque Gazelle  attaquent les colonnes de rebelles se dirigeant vers Konna, détruisant quatre véhicules et entraînant leur repli. Durant cette offensive, le lieutenant Damien Boiteux, pilote d’une des Gazelles engagées, est mortellement touché par une balle.

À 17 h, François Hollande prononce une brève allocution télévisée dans laquelle il confirme que l’armée française a engagé le combat aux côtés des forces maliennes. L’opération a officiellement pour but de mettre un coup d'arrêt à l'avancée des groupes djihadistes vers le sud du Mali et d'assurer la sécurité des quelque 5 000 ressortissants français présents dans le pays. Le 15 janvier, lors d’une visite aux Emirats Arabes Unis, initialement à dominante économique, François Hollande a réitéré les « trois buts » de l’opération : stopper l’avancée en direction de Bamako des forces djihadistes, « sécuriser Bamako, où nous avons plusieurs milliers de ressortissants » et « permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale » en appuyant la mission confiée aux forces de la CEDEAO, tout en soulignant que la France n’a pas vocation à rester au Mali.

Rappelons que des ministres, l'ambassadeur de France au Mali, Gilles Huberson, le chef d'Etat-major des armées, le colonel Ibrahima Dahirou Dembélé, ont assisté à cette cérémonie.

La présentation des militaires décorés a été faite par le colonel Djingarèye Touré, Grand chancelier des Ordres nationaux.

A. DIARRA

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MORTS DANS LA GLOIRE

Parmi les 111 militaires décorés hier, six sont tombés au cours des combats contre les djihadistes fanatisés. Le 11 janvier, aux premières heures de l’opération « Serval », le lieutenant Damien Boiteux, 41 ans, du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales basé à Pau, est mortellement blessé alors qu’il se trouve aux commandes de son hélicoptère dans la région de Sévaré. Evacué d'urgence sur Mopti, il succombe des suites de ses blessures.

Le 19 février, le sergent-chef Harold Vormezeele, 33 ans, légionnaire du 2e Régiment étranger de parachutistes de Calvi, est tué lors d’un accrochage dans le massif de l’Adrar des Ifoghas à une cinquantaine de km au sud de Tessalit.

Le 2 mars, le caporal Cédric Charenton, 26 ans, du 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers est tué en montant à l’assaut d’une position ennemie avec sa section dans l’Adrar des Ifoghas. Il s’agit de « l’un des combats les plus violents » depuis le début de l’opération militaire française, selon le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Quatre jours plus tard, le 6 mars, Wilfried Pingaud, 37 ans, brigadier-chef du 68e régiment d’artillerie d’Afrique de La Valbonne est tué lors d’une mission de reconnaissance à 100 km de Gao avec un détachement de l’armée malienne, au cours de laquelle leur unité est prise à partie par un groupe de combattants fanatisés.

Le 16 mars, Alexandre Van Dooren, 24 ans, du premier régiment d’infanterie de marine d’Angoulême, saute sur un engin explosif alors qu’il se trouve à bord d’un véhicule de combat, lors d’une opération dans le massif des Ifoghas. L’explosion fait aussi trois blessés, dont deux « assez sérieusement ». C’est la première fois qu’un militaire français trouve la mort dans une explosion de ce type au Mali.

Le 29 avril, le caporal-chef Stéphane Duval, 32 ans, du régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Bayonne – « les forces spéciales » – est tué dans l’extrême nord du Mali lorsque le véhicule léger dans lequel il circule saute sur un engin explosif. L’explosion a fait aussi deux blessés graves parmi les soldats français, mais leurs pronostics vitaux n'ont pas été engagés.

A. D.

 

 

L'essor

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