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Une déplacée malienne, travailleuse du sexe à Mopti ©Katarina Hoije/Irin
Une déplacée malienne, travailleuse du sexe à Mopti ©Katarina Hoije/Irin

Le désarroi des travailleuses du sexe de Bamako

Pour survivre, plusieurs déplacées maliennes d'entre elles n'ont pas eu d’autre choix que de se prostituer.

Les chiffres font du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) font peur. Depuis le début de la crise malienne, il y a quatorze mois, et la guerre au Nord, près de 500 mille personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers.

Ces déplacés ont fui l’occupation djihadiste et la rébellion touareg pour s’installer, souvent dans des camps, plus au sud, à Bamako, la capitale, ou encore à Sévaré. Avec des conditions de vie précaires et un espoir de retour à la normale plus que fragiles. Dans ce contexte, pour beaucoup, le quotidien est davantage une lutte pour la survie.

Embarras

Le site du réseau d’information humanitaire Irin News, met l’accent sur un des effets connexes du problème des déplacés maliens: la prostitution. Irin, qui se fonde sur des statistiques de Danaya So, une ONG locale, explique depuis le début des conflits au Mali, près de 3.800 travailleuses du sexe ont été parmi les populations déplacées à Mopti, Sévaré et Bamako.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance confirme ces indications, en soulignant que 41 jeunes filles âgées de 15 à 18 ans ont été enregistrées comme prostituées.

«Presque toutes étaient sans leurs parents ou sans leurs maris qui, selon elles, avaient disparu ou avaient été tués pendant les combats», a déclaré à Irin une responsable de l'Unicef-Mali.

De fait, souligne Irin, la plupart de ces prostituées sont de jeunes femmes ou très jeunes filles vivant loin de leurs familles et sans ressources.

Dépit

Le travail du sexe serait donc, d’après leurs propres explications, le seul moyen de survivre. Ce qui a occasionné une explosion des maisons closes à Bamako et dans les villes qui ont connu un afflux de déplacés. Et le business est juteux, pour ainsi dire.

«Quand je suis arrivée ici et il y avait beaucoup d'hommes, principalement des soldats maliens qui ont fui lorsque les rebelles ont attaqué les villes du nord», fait savoir une jeune femme qui, avec trois à cinq clients par soir, réussit à gagner 2 dollars par nuit. Je ne veux pas faire cela. Mais c’est la seule solution pour avoir un peu d’argent.»

D’ailleurs, explique encore Irin, beaucoup de ces femmes ne se considèrent pas comme des prostituées: elles considèrent toutes que leurs clients sont juste des «petits-amis».

Lu sur Irin News

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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