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Assemblée nationale : Retour sur la première session 2013

A l'issue de la clôture de la première session ordinaire 2013 de l'Assemblée nationale, nous avons sollicité les présidents des cinq groupes parlementaires pour avoir leur appréciation de ladite session. Mais, au refus du président du groupe parlementaire ADF/RDA, s'est ajoutée l'indisponibilité de celui du CDP, puis l'inaccessibilité de celui du groupe parlementaire CFR. Finalement, nous n'avons pu recueillir que les propos du président du groupe parlementaire ADJ, Ibrahima Koné, et un député de l'UPC, Albert Elisée Kiemdé, désigné à cet effet par le président de son groupe parlementaire. En plus de la session, ces derniers ont décliné le programme d'activités de leur groupe parlementaire durant l'intersession qui prendra fin le dernier mercredi du mois de septembre.

En rappel, c'est la 6 mars dernier que la première session ordinaire 2013 de l'Assemblée nationale a été ouverte. Et après 90 jours au cours desquels les députés ont animé l'hémicycle à travers des travaux de diverses natures, la clôture de la session est intervenue le 3 juin 2013. En effet, la session a enregistré le vote de 24 lois, l'adoption de 13 résolutions, l'investiture du Premier ministre, l'interpellation du gouvernement sur la base de trois questions écrites, de 38 questions orales avec ou sans débat et de 33 questions écrites.

Ibrahima Koné, président du groupe parlementaire ADJ

La session s'est bien passée, parce que cela a donné l'occasion aux députés de toutes les tendances de s'exprimer par rapport à leurs visions, par rapport à leur société et par rapport même au contexte national.

Ça a vraiment été une occasion pour notre groupe parlementaire de s'exprimer, de donner clairement sa position sur tous les projets de loi qui ont été soumis à l'examen de l'Assemblée nationale.

Nous pouvons dire que nous, nous avons, dans le cadre des votes de lois qui ont été soumises, eu à nous opposer, et à voter contre des lois que nous pensons être en déphasage avec notre position, comme ce fut le cas avec la loi sur l'organisation et le fonctionnement du Parlement intégrant le Sénat.

En matière de vote de lois, en matière de contrôle de l'action gouvernementale, ce Sénat ne va rien apporter à notre peuple. Il n'y aura pas de plus-value dans ce que ce Sénat fera. Nous disons aussi que c'est une institution qui va coûter chère. Alors que nous avons besoin de ressources pour solutionner des problèmes récurrents dans le domaine de la santé, dans le domaine de l'éducation.

Nous avons aussi tout récemment, en ce qui concerne la loi d'habilitation, dit que nous ne pouvons pas accepter que chaque année le gouvernement vienne avec des projets de loi d'habilitation. La ratification des accords de prêts relève justement de l'Assemblée nationale. Alors, si le gouvernement veut donner son accord à toutes ces ratifications sans passer par l'Assemblée nationale, nous pensons que c'est nous dépouiller d'un de nos meilleurs pouvoirs. C'est pourquoi nous nous sommes abstenus. Depuis 2008, nous avons dit que cela n'est pas normal, et l'opposition a toujours voté contre. Cette fois-ci, nous voyons qu'il y a eu un effort, et nous nous sommes abstenus.

Dans les jours à venir, nous allons organiser une conférence de presse pour donner notre position sur tout ce que nous avons pu faire comme travail parlementaire au cours de cette session. Nous pensons pouvoir informer le plus largement possible, l'opinion nationale et internationale. Après ceci, tous les députés iront dans leur circonscription électorale pour faire le même travail. Par la suite, nous allons nous revoir pour tenir des séances de formation avec nos militants de base et donner certaines tâches concrètes de mobilisation que nous allons faire dans le cadre justement du programme du Chef de file de l'opposition.

Albert Elisée Kiemdé, membre du groupe parlementaire UPC

Il faut dire que pour nous, la session s'est bien passée. C'était d'abord une session d'apprentissage et de formation ; mais aussi, nous sommes passés très vite dans le vif du sujet. Si vous avez remarqué, il y a des lois auxquelles nous avons voté contre, des lois auxquelles nous avons voté pour, et pour d'autres, nous nous sommes abstenus.

Nous, nous disons que nous sommes un parti responsable ; nous souhaitons assurer un jour le pourvoir d'Etat, et nous ne pouvons pas voter n'importe comment. Nous avons des principes de travail. Par exemple, quand les lois viennent, nous regardons ce qui est bien et nous disons oui.

Pour le Médiateur du Faso, la loi qui a été présentée est bien. Si nous venons au pouvoir, la structure du Médiateur du Faso sera renforcée et améliorée ; donc nous ne pouvons qu'appuyer et saluer.

Par contre, la loi sur le Conseil supérieur de la communication, nous estimons qu'il y a beaucoup d'insuffisances parce que la presse privée, on n'en a pas tenue compte et les sanctions s'abattent sur la presse privée tandis que la presse publique, en l'occurrence la télévision nationale, la radio, on n'en fait pas cas pour les sanctions. Nous estimons qu'il y a des insuffisances ; c'est pourquoi nous nous sommes abstenus.

Par ailleurs pour le Sénat, nous ne voyons pas la nécessité à l'heure actuelle. Et si demain nous sommes au pouvoir, nous allons demander la dissolution ; donc, il n'y a pas lieu de voter pour. Et nous pensons que notre point de vue a prévalu, parce que nous sommes arrivés avec 19 députés à l'Assemblée et progressivement avec le groupe ADJ nous sommes passés à 28 ; et de notre point de vue, nous avons fini la session avec 46 députés avec l'ADF/RDA sur certaines de nos thèses, notamment sur le Sénat. Donc nous disons que pour un début, c'est un bon signe.

Je pense qu'au fil du temps, l'ADF/RDA comprendra que nous sommes leurs alliés naturels ; ils se sont peut-être trompés de chemin. Ils se disent mouvanciers, mais dans la défense des intérêts de la nation, ils sont plus proches de nous. Et je pense que le temps nous donnera raison quant à la position de l'ADF/RDA.

Ce qui me chagrine un peu, c'est le Règlement de l'Assemblée ; il faut qu'on revoie le Règlement de l'Assemblée. Nous estimons qu'il y a des questions importantes qui doivent faire l'objet d'un vote à bulletin secret, surtout les lois organiques. Mais à l'Assemblée, on passe tout le temps à voter à main levée. Nous estimons que cela n'est pas normal. Nous estimons que pour certaines lois, le député ne doit pas être assujetti à un parti. Le député est un élu national et il doit voter selon sa conscience. Nous, nous estimons qu'il faut revoir le Règlement pour qu'on arrive à sécuriser un peu le député pour qu'il puisse voter en toute quiétude. Nous souhaitons que pour certaines lois, on recourt au vote à bulletin secret.

Nous souhaitons qu'il y ait de l'amélioration dans le fonctionnement de l'Assemblée nationale et qu'il y ait beaucoup de respects dans les positions des uns et des autres en revoyant le mode de votation, la façon dont les questions orales sont sélectionnées, etc. Il faut qu'il y ait des moyens pour faire des enquêtes parlementaires, parce que nous sommes là pour contrôler aussi l'action du gouvernement.

D'ici à la prochaine session, nous allons travailler pour amener des questions d'actualité, des questions orales avec ou sans débat. Nous devons préparer tout cela ; nous devons préparer aussi les prochaines journées parlementaires qui auront lieu dans le Kénédougou. Il y a aussi la réorganisation du parti qui va avoir lieu. Il nous faudra aussi préparer la session budgétaire qui est très importante.

Propos recueillis par Fulbert Paré

Lefaso.net

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