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USA-ONU: Samantha Power succède à Susan Rice



Le président Barack Obama a rappelé mercredi Susan Rice à Washington pour devenir sa conseillère de sécurité nationale, saluant en l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU une responsable “exemplaire”, “passionnée et pragmatique”.

L’hommage chaleureux de M. Obama à Mme Rice, une de ses amies proches, peut être interprété comme un geste de défi aux républicains du Sénat, qui avaient contraint la diplomate à renoncer à briguer en décembre dernier le secrétariat d’Etat pour son rôle dans l’affaire de l’attentat de Benghazi (Libye).

Mme Rice deviendra donc à 48 ans le bras droit du président pour les affaires diplomatiques, prenant le relais de Tom Donilon à un poste qui, contrairement à celui de secrétaire d’Etat, n’est pas soumis à un vote de confirmation.

La passation de pouvoir à la tête du Conseil de sécurité nationale (NSC) s’effectuera en juillet.

Les adversaires politiques de l’exécutif démocrate reprochaient à Mme Rice ses déclarations dans la foulée de l’attentat qui avait coûté la vie à quatre Américains dont l’ambassadeur le 11 septembre 2012 à Benghazi.

Reprenant cinq jours plus tard à la télévision des “éléments de langage” élaborés par la Maison Blanche et le département d’Etat sur la base de données du renseignement, elle avait attribué cette attaque à une manifestation contre un film anti-musulman qui avait dégénéré.

L’administration a ensuite reconnu que cet attentat était le fait d’islamistes extrémistes et avait été prémédité, nourrissant le soupçon des républicains d’avoir voulu minimiser un acte “terroriste” dommageable pour le bilan de M. Obama à quelques semaines de la présidentielle du 6 novembre.

L’influent sénateur républicain John McCain, l’un des critiques les plus virulents de Mme Rice, a adopté un ton conciliant mercredi, affirmant via son compte Twitter que même s’il n’était “pas d’accord” avec sa nomination, il ferait “le maximum pour travailler avec elle sur des dossiers importants”.

Un autre sénateur républicain, le conservateur Rand Paul, a en revanche dit “se poser des questions sur le jugement du président lorsqu’il promeut quelqu’un qui a été complice d’une tromperie des Américains”.

Susan Rice est une diplomate de haut vol, bardée de diplômes et connue pour son franc-parler. Secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires africaines sous l’administration Clinton, elle a conseillé M. Obama sur les questions de politique étrangère lors de sa première campagne avant d’être nommée en 2008 représentante des Etats-Unis à l’ONU.

Les candidats à ce poste, qui a rang ministériel, doivent recevoir le feu vert du Sénat. Pour succéder à Mme Rice, M. Obama a confirmé mercredi qu’il nommait Samantha Power, encore récemment membre du NSC après avoir été l’une des principales conseillères du candidat Obama pendant la campagne présidentielle de 2008.

Avant de travailler pour l’administration américaine, Mme Power, ancienne journaliste née il y a 42 ans en Irlande, avait remporté un prix Pulitzer pour un livre sur la politique étrangère de Washington.

Comme Mme Rice, elle a été marquée par les échecs de l’administration Clinton (1993-2001) face aux massacres au Rwanda et en ex-Yougoslavie, et prendrait ses fonctions au moment où l’administration actuelle peine à influer sur la situation en Syrie.

Alors que M. Obama a souhaité une confirmation “sans retard” pour sa candidate, le sénateur McCain a dit penser qu’elle était “qualifiée pour cette mission importante” et espéré que “le Sénat examinera(it) sa nomination le plus vite possible”.

M. Donilon a été l’un des instigateurs du retrait des troupes américaines d’Irak et d’Afghanistan d’ici la fin 2014 et un personnage clé dans la traque d’Oussama Ben Laden au Pakistan. (d’après une dépêche AFP).

La Nouvelle Tribune

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