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Financement bancaire de l’économie : Les créances en souffrance en hausse de 7,42 %, à 38 milliards de dirhams

La reprise de l'activité économique annoncée avec un PIB en croissance d'environ 5 % en 2013 ne semble pas, pour le moment, se refléter au niveau du financement de l'économie par le secteur bancaire. Après la décélération enregistrée en 2012, l'encours du financement de l'économie par les banques affiche, à fin avril 2013, une baisse de -2,01 % à 704,73 milliards de dirhams. La ventilation de l'évolution de l'encours par objet économique montre une évolution divergente des différents secteurs d'activité. Du côté des évolutions positives, on note une forte décélération de l'encours des crédits immobiliers en hausse de seulement 2,91 % à 226,45 milliards de dirhams, soit 32,13 % de l'encours global. Cette décélération recouvre aussi bien le ralentissement des crédits à l'habitat (2,75 % à 154,72 milliards de dirhams) que de ceux octroyés aux promoteurs immobiliers (2,49 % à 69,83 milliards de dirhams). Cette situation s'explique par la morosité du secteur immobilier du fait d'une conjoncture économique difficile aussi bien pour les acquéreurs locaux que les MRE. D'ailleurs, même le segment social, longtemps resté à l'écart de la crise, semble aujourd'hui montrer quelques signes de ralentissement au niveau de plusieurs régions du Royaume. Du coup, les banquiers sont plus attentifs dans le financement des projets immobiliers. Ils jaugent aussi bien la solvabilité du promoteur que la nature de l'investissement que l'implantation géographique du projet.

Baisse de l'encours des crédits d'équipement

Les crédits à la consommation ont de leur côté connu une quasi stagnation à 39,68 milliards de dirhams et ce malgré le fait que les particuliers ont de plus en plus tendance à recourir aux banques plutôt qu'aux sociétés de crédit à la consommation, du fait notamment de conditions de taux globalement plus favorables.

Concernant les crédits d'équipement, dans le sillage de l'évolution enregistrée en 2012, l'encours a enregistré une baisse de 1,53 % à 135,89 milliards de dirhams. Elle traduit la morosité actuelle et le manque de visibilité des opérateurs économiques qui préfèrent attendre d'avoir un peu plus de visibilité pour investir dans le développement de leur entreprise. Une attitude que confirment les banquiers qui justifient cette décrue de l'encours par la baisse des demandes de financement émanant des entreprises. Toutefois, il ne faut pas non plus occulter l'impact du durcissement des conditions de crédits de la part des banques, qui font face à la montée des risques liée à la conjoncture économique nationale et internationale, au renforcement des règles prudentielles de Bank Al-Maghrib, au resserrement des liquidités, etc.

Les crédits débiteurs et crédits de trésorerie également ont reculé de 6,85 % à 172,98 milliards de dirhams. Cette baisse peut s'expliquer par un besoin moindre de trésorerie de la part des entreprises ou par le durcissement d'accès à ces trésoreries par les banques.

Par ailleurs, si l'encours des crédits bancaires à l'économie connaît une baisse, les créances en souffrance quant à elles continuent à croître. Ainsi, au terme des 4 premiers mois de l'année en cours, celles-ci ont progressé de 7,42 % pour atteindre 38 milliards de dirhams. Elles ont été tirées aussi bien par les créances des entreprises non financières en hausse de 5,49 % à 21,51 milliards de dirhams que par celles des ménages en augmentation de 10,25 % à 16,03 milliards de dirhams. Cette forte hausse des créances en souffrance des ménages s'explique par l'importance grandissante des crédits à la consommation octroyés par les banques aux particuliers. Dans tous les cas, bien que non encore inquiétantes pour le secteur bancaire, car représentant à peine 5,4 % de l'encours des crédits, il n'en reste pas moins que cette évolution traduit la montée des risques qui ne manquera pas d'impacter sur les provisions des sociétés et par ricochet sur les résultats financiers.

MD

La Nouvelle Tribune

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