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Moto-taxi en Sierra leone / AFP
Moto-taxi en Sierra leone / AFP

Motos-taxis: les Africaines préfèrent tenir le guidon

Très peu d'Africaines exercent ce métier. Et celles qui le font veulent continuer, malgré le machisme et l’insécurité.

Nous sommes à Gula, dans le nord de l’Ouganda. Dans cette région, les routes sont dans un piteux état et la circulation relève du parcours du combatant. La seule solution, indique le site de l’Inter Presse Service, les bodaboda. C’est le nom que les Ougandais donnent aux moto-taxis, un mode de transport que les Béninois appellent zémidjan ou que les Camerounais nomment bend-skin ou les Congolais foula-foula.

Les motos-taxis présentent une contradiction: il s’agit du mode de transport le plus sollicité par les populations (il ne coûte pas cher), mais c’est aussi le plus dangereux et c’est un business juteux pour les conducteurs.

Business is business

C’est ainsi que Keddy Olanya, une jeune Ougandaise de 32 ans a choisi de se reconvertir dans ce secteur, en 2008, nous raconte IPS dans le portrait que dresse IPS de l’une des rares moto-taxiwomen de l’Ouganda et même du continent tout entier.

N’arrivant plus à joindre les deux bouts en tant qu’enseignante, Keddy Olanya a décidé d’enfourcher sa moto et de se lancer dans une activité essentiellement composée d’hommes (qui s’en sortaient bien financièrement). Et la jeune conductrice de moto-taxi s’est vite aperçue que le fait d’être la seule feme de la localité à pratiquer ce métier était plutôt un avantage.

«Dans la plupart des cas, les gens font plus confiance aux bodas femmes à cause de leur façon de conduire. Nous ne roulons pas aussi vite que les hommes», a indiqué la conductrice à IPS.

Machisme et agressions

Seulement, tout n’est pas si rose. Si la jeune femme déclare gagner jusqu’à 19 dollars par jour (ce qui n’est pas rien dans la région), elle doit aussi faire face à l’agressivité de certains hommes et même à des tentatives de viol.

Keddy Olanya doit donc aussi lutter au quotidien contre cette insécurité. Et c’est peut-être d’ailleurs ce qui explique le faible nombre de femmes conductrices de moto-taxi ou de taxi sur le continent.

En effet, rares sont les pays où les femmes exerguent ce métier. Le magazine Syfia présentait il y a quelque temps, le cas de Blandine, qui avait réussi le tour de force de pénéter le monde très fermé et très sexiste des zémidjans, à Cotonou, la capital béninoise.

Le site Afrik.com cite ainsi l’exemple de neuf femmes qui sont Volant de véhicules jaunes dans les rues de Dakar, depuis 2007. On les appelle les Taxi Sisters.

Si chacune de ces femmes avait obtenu un prêt d’environ 10.000 euros de la part d’une association pour la promotion de l’entrepreunariat féminin pour lancer leur activité, l’expérience n’a pas fait tâche d’huile, souligne Afrik.com. Les violences faites aux femmes étant l’une des gangrènes de la société. Même situation au Gabon ou au Kenya où de rares femmes restent déterminées à braver l’hostilité de certains hommes.

Lu sur IPS, Syfia

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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