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L’histoire de la Wilaya III par le son et l’image

La guerre d'Algérie, ses péripéties, ses acteurs et ses figurants, aura été le thème le plus abordé dans la «chaîne» éditoriale nationale. Souvent, ces écrits autobiographiques reproduisent le même schéma, qui consiste à sérier des événements où l'auteur est évidemment le sujet et parfois même l'objet. La tentation de tomber dans le narcissisme révolutionnaire est donc trop forte. C'est pourquoi du reste beaucoup de livres et de mémoires sur la guerre d'Algérie ont suscité des polémiques, violentes pour certaines, tant la subjectivité les contrevérités l'emportent sur le récit froid et désintéressé. C'est précisément cela que nous propose Aït Mahdi Mohamed Amokrane dans son opus Le dur et invraisemblable parcours d'un combattant (Mémoires et témoignages) qui vient d'être réédité chez Rafar. Au-delà du parcours de ce combattant, on trouve beaucoup de témoignages inédits, de précisions précieuses, et des noms peu connus jusque-là  sur ce que fut la guerre dans la Wilaya III. Loin des sentiers battus de l'auto-glorification et de la vision héroïque de l'histoire, Si Mokrane a osé mettre le doigt sur beaucoup de plaies. Des plaies encore sanguinolentes à nos jours. A commencer par la terrible «bleuite», qui a vu des certaines de jeunes sacrifiés bêtement. «Il y a eu des dérives, il ne faut pas avoir honte de le dire, les faits ne seront jamais travestis, car pour moi et je me répète ''écrire, c'est dire vrai et préserver de l'oubli''», lance d'entrée l'auteur. Ce livre témoignage se veut donc un coup de pied dans la fourmilière de la Révolution à l'échelle de la Wilaya III pour séparer la vérité de ses faux-semblants. Si Mokrane offre aux lecteurs et chercheurs des faits tout crus, parfois violents. A chacun de se faire son point de vue. Tout au long de ce livre, on décèle assez nettement le grand effort de détachement de l'auteur par rapport aux événements, bien qu'il soit lui aussi un acteur clé dans sa région en sa qualité de lieutenant de l'ALN.  C'est en cela que son témoignage «froid» sur le combat dans la Wilaya III  pourrait être «calqué» par d'autres récits qui concerneraient les autres fronts de la Révolution dans les quatre coins du pays. Aït Mahdi Mohamed Amokrane aura fait ½uvre utile pour les anciens maquisards qui seraient tentés d'écrire leurs mémoires. Il aura montré la voie et donné de la voix à des témoins oculaires encore en vie pour étayer son récit. Et comme pour montrer sa bonne foi, l'auteur joint trois DVD à son livre sous forme de preuve -- par le son et l'image -- de tous les messages et les personnages qu'il met en scène.   A l'heure où les témoignages sur la guerre de Libération nationale sont sujets à caution, le lieutenant Si Mokrane a sans doute fait ½uvre utile contre les récits fantasmagoriques.                           

El Watan

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