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Prix Félix Houphouët-Boigny pour la paix : QUI MIEUX QUE HOLLANDE ?

Le président français a été distingué pour sa contribution à la paix et à la stabilité dans le Sahel à travers sa décision courageuse d'intervenir militairement dans notre pays. Les Africains lui ont unanimement rendu un hommage mérité hier à l'occasion de la remise du prix

Le siège de l'UNESCO à Paris a vécu hier un après-midi mémorable. Et l'événement valait la peine d'être vécu : la remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la paix au président français François Hollande. L'imposante cérémonie a réuni du beau monde avec la présence de 6 chefs d'Etat africains qui s'étaient joints à Hollande : le président de la République par intérim Dioncounda Traoré, Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Thomas Yayi Boni (Bénin), Macky Sall (Sénégal), Abdel Aziz (Mauritanie), Idriss Deby Itno (Tchad), Ali Bongo Ondiba (Gabon). Le Niger était représenté par son Premier ministre.

Outre ces hommes d'Etat, l'on notait la présence de plusieurs autres personnalités, notamment le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, parrain du Prix, le Protecteur du prix, l'ancien président ivoirien Henri Konan Bédié, le président du jury, l'ancien président portugais, Marios Souares, et la directrice générale de l'UNESCO, Mme Irina Bokova.

Tous sont venus pour rendre un hommage mérité à François Hollande pour sa décision courageuse d'intervenir dans notre pays dont l'existence même en tant que nation était remise en cause par l'ambition insensée des jihadistes et narcotrafiquants de marcher sur Bamako en janvier dernier. C'est la prompte réaction de la France qui a permis dans un premier temps de stopper leur avancée vers le sud, et ensuite de les chasser du territoire national pour permettre à notre pays de recouvrer sa souveraineté.

RECONSTRUCTION DES MAUSOLEES DE TOMBOUCTOU. La cérémonie a été marquée par plusieurs interventions à commencer par la directrice générale de l'UNESCO. C'est celle-ci qui a donné le ton de la pluie d'hommages qui s'est abattue sur Hollande tout au long de la soirée. « Votre décision d'engager la France au Mali, votre mobilisation péronnelle pour la reconstruction du Mali prouve que ce qui nous unit est plus profond que ce qui nous divise au-delà des religions, des cultures... », a dit en substance la patronne de l'UNESCO, en dénonçant les actes criminels des terroristes dans le régions du nord, comme à Tombouctou où ils ont détruit des monuments, des mausolées centenaires et profané l'emblématique mosquée de Djingarey Ber. Tombouctou est un patrimoine mondial, pas seulement du Mali. Quand ce patrimoine est détruit, c'est toute l'humanité qui se sent blessé, a poursuivi Irina Bokova. « La réparation du patrimoine culturel détruit n'est pas une simple nécessité de reconstruction, mais un devoir de protéger une richesse qui appartient à toute l'humanité », a dit la directrice générale de l'UNESCO. Elle a annoncé que l'organisme onusien va reconstruire les mausolées détruits, suscitant des applaudissements nourris dans la salle.

A la suite de la patronne de l'UNESCO, le Protecteur du Prix Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, a noté que l'attribution de ce prix à Hollande revêt une double symbolique. Et pour cause. Le prix porte le nom d'un ancien dirigeant reconnu comme un apôtre de la paix, du dialogue et de la tolérance. Ensuite Félix Houphouët-Boigny qui fut membre de l'Assemblée nationale française était un grand ami de la France. C'est ce même attachement à la paix qui sous-tend l'amitié de la France envers l'Afrique. « Vous méritez amplement ce prix et la décision du jury témoigne de la lucidité dont ses membres ont toujours fait montre dans leur choix », estime l'ancien président ivoirien pour qui cette année ne pouvait être que celle de François Hollande qui a sauvé tout une peuple d'une entreprise terroriste visant à déstabiliser tous les autres pays de la sous-région.

Pour le secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf, hommage doit être rendu à Hollande pour sa décision courageuse d'intervenir au Mali et l'efficacité avec laquelle l'opération a été menée. « Nous sommes tous des Maliens lorsque le Mali est attaqué », a lancé l'ancien président sénégalais, en observant que l'une des leçons à retenir de la crise au Sahel est que l'on doit désormais savoir que les crises ne peuvent être circonscrites au seul pays ou à la seule région concernée. Le traitement doit être globale.

Dioncounda discours copieAU-DELA DU MALI. De son côté, le président de la République par intérim n'a pas tari d'éloge pour François Hollande qui mérite bien son prix. « Tu mérites ce prix au nom de cette jeune fille qui est tombée en syncope à Tombouctou en voulant t'approcher pour te serrer la main et te dire merci. Au nom de cet autre jeune qui aurait voulu te serrer la main mais, qui ne pouvait pas le faire sa main droite ayant été coupée par des criminels au nom d'une idéologie obscurantiste qui n'a rien avoir avec notre religion musulmane, une religion de paix, de tolérance et d'ouverture. Au nom de ces femmes qui étaient violées et soumise à toutes sortes de privations et d'exactions », a souligné Dioncounda Traoré.

«Au nom du peuple malien, je dis merci François Hollande, merci la France ! », a-t-il dit à maintes reprises sous les applaudissements de la salle. Il a rendu un hommage appuyé aux soldats français qui ont versé leur sang pour le Mali, à commencer par le soldat Damien Boiteux tombé aux premières heures de l'intervention militaire française dans notre pays et aux militaires tchadiens tombés sur le champ de l'honneur dans le combat contre la barbarie et l'obscurantisme. Il n'a pas oublié les autres forces africaines engagées aux côtés de notre pays. Pour le président Dioncounda Traoré, le Mali n'était que le portail que les terroristes voulaient franchir pour déstabiliser le reste de la région.

L'intervention la plus attendue était, il va de soi, celle du président Hollande, le 26è lauréat du Prix Félix Houphouët-Boigny. Le chef de l'Etat français a indiqué qu'il était du devoir de la France d'intervenir pour aider un pays ami, le Mali, menacé dans son existence. La France est intervenue à la demande d'un ami en détresse et l'a fait avec les pays de la CEDEAO, avec l'Union africaine et les Nations unies. L'intervention militaire française s'inscrit à tout point de vue dans la légalité internationale. Il ne s'agissait pas d'une guerre civilisations comme cela a été prôné ailleurs. Mais de la réponse à l'appel d'un pays ami victime d'une agression, a poursuivi le chef de l'Etat français qui est revenu sur sa visite dans notre pays en février dernier. Une visites dont il garde encore les images pleines la tête et les émotions pleines le c½ur, tant l'accueil fut triomphal aussi bien à Tombouctou qu'à Bamako.

Mais pour le président français, ce n'est pas la France qui a libéré le Mali. Ce sont les Africains eux-mêmes qui l'ont fait, a-t-il précisé en évoquant les soldats africains morts pour la liberté de la France lors des deux guerres mondiales. La France ne fait que payer une dette qu'elle avait contractée auprès des Africains.

Revenant sur la situation dans notre pays, Hollande estime que si le Mali a recouvré son intégrité territoriale, il y a encore beaucoup de travail à faire, notamment le combat du développement afin de lutter contre la pauvreté, l'instauration de la démocratie et de l'Etat de droit. Il s'est réjoui à ce propos de la confirmation de la date de l'élection présidentielle par le président Dioncounda Traoré. Et l'élection aura lieu sur l'ensemble du territoire national y compris Kidal dont le cas continue de déchainer les passions.

Signalons qu'avant la cérémonie de remise du prix, les chefs d'Etat avaient été les hôtes à déjeuner du président français au palais de l'Elysée. Par ailleurs, François Hollande a réitéré son invitation aux dirigeants africains à participer à un sommet sur la sécurité en Afrique qu'il entend organiser à Paris avant la fin de l'année.

Envoyé spécial

S. TOGOLA 

L'essor

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