mis à jour le

Au Japon , Mar-Zouki est devenu Sous-Zouki

Par Ridha Ben Kacem

Depuis le 14 janvier 2011, nous avons vécu au rythme des événements. Il ne s'agit pas des événements événementiels, à proprement parler, mais de ces événements exotiques que l'on n'imaginait arriver, qu'à l'autre bout de la planète, que l'on croyait, du reste, plate et non arrondie. Avant cette date, nous vivions au rythme de l'insouciance er de la stabilité d'esprit. Le monde change vite, trop vite, et personne, dans ce pays, ne sait quelle direction prendre, pour tracer les stratégies de conquêtes futures, des instruments du pouvoir et de l'espoir. La troïka pratique couramment, l'autocongratulation et ça lui réussit, somme toute, assez bien. Elle se maintient au pouvoir, en s'autoproclamant le plus grand gouvernement de l'histoire de ce pays. Dans l'autre camp - Je préfère cette formule à celle du camp opposé -, on pratique, aussi fermement, l'autodérision et ça ne lui réussit pas toujours. Il manque à ce camp, un pitre charismatique et attitré de la dimension de celui qui hante le palais de Carthage. Celui en qui les japonais croyaient y voir l'un des leurs. Quelle différence y a-t-il en effet, entre MAR-ZOUKI et SU-ZOUKI le conçurent de YAMAHA ? J'espère que personne n'aura l'ingénieuse idée, de subtiliser le SU, au vu et au SU de tout le monde. Il s'agit là, d'une marque déposée, bien que recomposée par MAR-ZOUKI

Le problème c’est que, dépenser tant de salive et d'énergie, dans des programmes trop vite pondus et trop vite lancés, dans le brouillard de l'après « Révolution », avec le grand risque de constater, après cinq ou dix ans, qu’on s’est bel et bien planté, c’est la meilleure façon de se planter, vraiment. Ceci est ma manière de vous expliquer que personne ne sait trop quoi faire ou, en tout cas, n’a la certitude de faire le bon choix. Le pays est en crise et il est important de ne pas gaspiller toute cette énergie, pour rien. C’est pour cela que je suis surpris que les forces ( farces ?) politiques de ce pays, ne se concentrent pas uniquement, sur un objectif consensuel, plutôt que de se lancer, chaque jour, vers un nouvel objectif, arrêté à la hâte et dont on ignore quel sera son incidence, auprès du public et s’il sera vraiment utile, au pays.

Evidemment, ce que je débite là, n'est une que le résultat d'une réflexion personnelle. Cependant, j'avoue humblement, que les politicards ont bien plus d’éléments, en mains, ou ailleurs, surtout, entre les jambes, que moi, mais, cela ne m’empêche pas d’être terriblement sceptique, quant à leur capacité à exploiter les données objectives, à commencer par leurs propres idées. Produire un nouveau concept de société préservant les acquis de l'ancien et incluant ce qu'il y a de mieux, qui nous manquait, est une aventure longue et périlleuse, à tous les points de vue. Lancer, à la cantonade, des idées farfelues, en se disant que les 11 millions d'individus, qui peuplent le pays, compareront les avantages compétitifs, avant de faire le bon choix, ne donne, en général, aucun avantage décisif et serait inutile, voire contreproductif. On le sait depuis longtemps, en effet, la cantonade répond rarement.

Il faut faire quelque chose, c'est sûr et certain, mais, il faut prendre les précautions nécessaires pour ne pas perdre, au final, sur les deux plans, celui du positionnement identitaire de chaque parti, et celui, plus global, de l'intérêt général du pays, une légitimité remise à zéro, pour tout le monde, peuple compris, au lendemain du 14 janvier, exigerait que l'on donne le coup de départ. L'a-t-on fait ? Je ne crois pas. Personne n'a eu l'idée, en effet, de tracer la ligne de départ et de désigner l'arbitre, avant de lui fourguer, entre les mains, le pistolet du stater. Dans l'europhorie du 14 janvier, on avait bêtement, oublié de le faire, semble-t-il. Pourrait-on y remédier, après coup ?

D’un point de vue purement stratégique, une baisse de motivation, chez les 11 millions de spectateurs, doit, d’ores et déjà, être actée et acceptée. Ce n'est pas moi qui le dis, mais ces bonnes chaines de TV, qui commencent à remplacer les pseudos débats, je reprends, les pseudos ébats politiques, par des fictions importées, ou les ébats sont, au moins, bien simulés avec cet art du suggestif, bien consommé. Consommé sans modération, du reste, car, aucun écran ne l'interdit aux moins de 16 ans. Vouloir miser, dans ce cas, le tout pour le tout, sur les sens, encore éveillés, en fin de soirée, moments durant lesquels, certains s'agitent encore, sous les draps, n’est pas forcement, la bonne attitude à adopter, notamment, à l'approche de Ramadan.

Après une accalmie de courte durée, la pépinière des nouveaux partis reprend son expansion voulue. Bulle d'air, diriez-vous ? Plutôt, bulle de pets, je dirais. Probablement, le dernier pet de la Tunisie. Concernant l'arène politique du moment, quand les nouveaux entrants sont arrivés ou arriveront, sur le marché politique, en 2013/2014, à mon avis, la meilleure posture à adopter, serait d’augmenter le prix de dépôt de dossier, pour tout nouveau parti, d'au moins de 25%, le temps que l'on comprenne ce que les nouveaux partis, déjà autorisés, ont à nous raconter. Du moins, le temps de décoder, d'assimiler et de rire, un bon coup ou de pleurer son saoul, c'est selon. Évidemment il ne faut pas espérer prendre les nouveaux acteurs ou protagonistes de haut, car ce serait une attitude purement commerciale, là où le commerce des hommes n'est plus le bienvenu. Celui des femmes est meilleur marché. Il serait plus réaliste, à mon avis, de se contenter des marges, pour épouser le sens de l'actualité.

Par ailleurs, le « downsizing » de la vie politique est chose peu aisée, en Tunisie. Généralement, la vie politique, d'un pays, comme le notre, se développe de bas en haut, selon le « bottom-up ».Je vous explique :

Le « downsizing » consiste à remplacer une machine puissante, par un réseau de petites machines. Le gigantesque ex RCD a disparu. Paix à son âme pourrie. A la place, nous avons hérité de 160 petits partis, qui peinent à occuper l'espace laissé libre, par l'ex géant trucidé. La logique voudrait que le « downsizing » aboutisse à réduire la cylindrée du puissant moteur de l'ex RCD, sans dégrader la puissance spécifique, des processus en ½uvre, dans le pays, surtout au niveau de l'économie. Là-dessus, cependant, vous en savez autant que moi, sinon, un peu plus. Bref, la logique et nous, cela fait DEUX.

Par contre, le « bottom-up »,démarre des perceptions et initiatives de l’échelon le plus bas, celles atteintes et enregistrée, le 14 janvier 2011, pour les répercuter sur les échelons supérieurs, ceux qui ont atterri à l'aéroport Tunis-Carthage, dès le 15 janvier 2011. Il ne peut s’agir, bien évidemment, d’un pilotage directif où le fil directeur des événements serait actionné par la hiérarchie, car l'ancienne a disparu et la nouvelle, pas encore installée. Les échelons « subordonnés » ayant pour fonction de mettre en forme, d’exécuter, de déduire, et d’améliorer les consignes prescrites qui n'arrivaient plus. En fait, cette approche consiste à concevoir le produit final, dans les grandes lignes, puis, itérativement, à s’intéresser à des détails, de plus en plus fins. Et c'est absolument ce que l'on a avait prévu de faire : Pondre une Constitution et, ensuite, dessiner les contours du pays lifté. Oui, c'est ce qu'on avait prévu de faire. Sauf qu'encore une fois, on a inversé le processus. On a commencé par re-styliser le pays, auquel on veut tailler, maintenant, une Constitution. En dehors des barbus, des niqabées et des attardés mentaux d'Ennahdha, personne n'en veut, vraiment. Dommage, on aurait, au moins, rigolé, un bon coup, avant de finir pendus, pour atteinte aux droits divins, ainsi qu'à ceux des mesquins.

Il est difficile de concilier, d’un coté, les nostalgiques des temps anciens, et, de l'autre, les nostalgiques des temps récents. Pour réussir une telle mission, il faudrait trouver, comme solution, d'escamoter le temps et de s’intéresser uniquement, aux possibles points communs, entre l’étage ancien et celui que l’on a utilisé, durant 23 ans, avant le 14 janvier2011. Pour voir l’intérêt de ces deux étages, il suffit de regarder la répartition des investissements. C’est très parlant ! L'ancien étage détient une fortune, au Qatar, le récent détient tous las avoirs et tout l'outil de production du pays. En cas d'entente, le pays serait le plus riche de la planète, encore plus riche que le Qatar. Mais si l'outil et les avoirs sont utilisés pour neutraliser la richesse suspecte, venue d'ailleurs, c'est de l'essorage à grande échelle, que l'on obtient. Tout le monde est à sec, et cela se voit.

Que faire ?

Evidemment, il faudra continuer à travailler avec ce que l'on a et ce que l'on sait faire, sans faire de crise de nerfs. Quoi ? Vous vous attendez réellement, à ce que je vous livre une solution MIRACLE ? Une de celles que l'on trouve dans les contes de mille et une conneries ? Remarquez, j'aurais pu vous offrir un mirage au désert de nos désespoirs, en guise d'ultime espoir. Mais, à quoi bon ? D'autres font, déjà, commerce de ce produit et la denrée se vend comme des petits pains. Il y a toujours des heureux, et des déçus, y compris parmi vous. Cependant, il est vrai que nous sommes dans l’expectative : Le marché politique étant ce qu'il est, on peut toujours espérer une mutation rapide, quant à la crise de nerfs, sans compter la progression rampante de la dépression de l'esprit. La seule qui va encore plus vite, que celle du dinar. Pour ce qui de la solution qui consisterait à travailler avec ce que l'on a et ce que l'on sait faire, sans faire de crise de nerfs, j'avoue que j'ai un trou de mémoire momentané. Au fait, de quoi on parlait ?

Ah oui, de politique, je crois. Il me semble, en effet, que le problème est d'essence politique : La Tunisie historique existe depuis l'an 814, avant Jésus Christ, la Tunisie moderne ne date que de 1956. La Tunisie dévoyée a vécu de 1987 jusqu'à 2010. La Tunisie postrévolutionnaire n'a même pas l'âge de ses dents de petit lait. Donc, pour raisonner en termes de Tunisie de demain, il faudrait retenir l'une de ces dates et ne plus changer de calendrier. Une date, c'est toujours le départ d'un nouveau calendrier. Ainsi, le calendrier révolutionnaire français, fut créé pendant la Révolution française, et fut utilisé de 1792 à 1806. Dès le lendemain de la prise de la Bastille, le14 juillet 1789, l’usage était apparu d’appeler 1789, « l'an I de la Liberté » six mois exactement, séparent notre révolution de la Révolution française : 14 janvier, 14 juillet. Ce qui a bien marché pour eux, pourrait marcher, aussi, pour nous. Alors pourquoi ne pas rééditer le coup ? Il suffit de recycler, à notre profit, ce bon slogan : « l'an I de la Liberté ».Ainsi, il suffit de répéter, en écho, que nous ne sommes pas en 2013, mais au cinquième mois, de la troisième année, après la révolution. Qu'en pensez-vous ? Si vous êtes d'accord, avec moi, commencez à chercher et à proposer des noms, aux 12 moins de l'année. L'on gagnera, ainsi, beaucoup de temps, que l'on s'amusera, ensuite, à gaspiller, ensemble, dans le bonheur retrouvé.

En attendant, ayez à l'esprit que le peuple s’est fatigué du regard pessimiste que chacun pose sur la vie. Les gens veulent voir et vivre, en vrai, des histoires du succès, comme celles de leurs feuilletons télé préféré, pour avoir un exemple à suivre et à concrétiser. Les gens veulent passer, en bonne humeur, de la vie de tous les jours, à l'écran télé de leurs ébats amoureux interposés. Ils veulent voir des repères, des modèles, des personnages de rêve et même des chimères, s'il le faut. Ils veulent être fiers, et nous avons de quoi être fiers, nous autres tunisiens ! Notre histoire est riche et grande, en succès. Des histoires pour la télé, il y en a un million, chez nous. Alors pourquoi continue-t-on à importer des feuilletons de pays qui ne nous valent pas ? Oui, je sais qu'à moi, non plus, ça ne me réussit pas, de parler au nom du peuple endormi. Alors, bonne nuit, les amis. Sale nuit, les ennemis.

Par Ridha Ben Kacem le 6 juin 2013

Tunisie Focus

Ses derniers articles: Dimanche , Ban Ki-moon a reçu le rapport des enquêteurs de l’ONU en Syrie  Une météorite tombe  Journée internationale de la démocratie . Bla-bla-bla chez les arabes 

Japon

AFP

Le Japon s'engage

Le Japon s'engage

AFP

Ticad: le Japon en terre africaine, gardant un oeil ce qu'y fait la Chine

Ticad: le Japon en terre africaine, gardant un oeil ce qu'y fait la Chine

Wildlife

VIDEO. Un lion essaye d'attraper un enfant derrière le mur en verre de sa cage

VIDEO. Un lion essaye d'attraper un enfant derrière le mur en verre de sa cage