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Des employés égyptiens et étrangers d'ONG condamnés à la prison en Egypte

LE CAIRE (AFP) - (AFP)

Un tribunal du Caire a condamné mardi à des peines de prison 43 employés égyptiens et étrangers d'organisations non gouvernementales (ONG), suscitant de vives protestations internationales et relançant les craintes pour l'avenir des associations de la société civile en Egypte.

Ce jugement dans une affaire qui avait déjà provoqué l'an dernier de graves tensions avec Washington survient peu après la présentation par le pouvoir d'un projet de loi régissant les ONG, vivement critiqué par les organisations concernées.

Sur les 43 personnes condamnées, 27 - essentiellement des étrangers, dont près d'une vingtaine d'Américains, ayant pu quitter le pays - ont écopé de cinq ans de prison par contumace.

Parmi les 16 autres, principalement des Egyptiens, cinq -dont un ressortissant américain- se sont vu infliger des peines de deux ans de prison ferme et 11 ont été condamnés à un an avec sursis.Les condamnés ont fait savoir qu'ils allaient faire appel.

Ces personnes avaient été déférées devant la justice début 2012 après des perquisitions en décembre 2011 dans les locaux au Caire de ces ONG, parmi lesquelles les organisations américaines National Democratic Institute (NDI), International Republican Institute (IRI) et Freedom House, ainsi que la fondation allemande Konrad Adenauer.

Le jugement ordonne également la fermeture des locaux de ces organisations en Egypte.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a accusé l'Egypte d'avoir organisé une "procès politique" et souligné que les Etats-Unis étaient "profondément préoccupés" par le verdict "incompatible avec une transition démocratique", selon lui.

Le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, s'est de son côté déclaré "indigné et profondément inquiet devant les jugements sévères concernant le personnel de la fondation Konrad Adenauer", dont il a souligné "l'excellent travail" pour promouvoir "la démocratie, l'Etat de droit, le pluralisme et le dialogue entre les cultures".

Le chargé d'affaires égyptien à Berlin, Hicham Seif-Eldin, a été convoqué mardi au ministère allemand des Affaires étrangères, qui lui a fait part de la "préoccupation sérieuse du gouvernement allemand".

"Chasse aux sorcières"

Freedom House a pour sa part fustigé dans un communiqué une "chasse au sorcières menée par le pouvoir pour étouffer les activités de la société civile et limiter la liberté d'expression dans l'Egypte post-révolutionnaire".

L'affaire, au moment des perquisitions des ONG et de l'annonce du renvoi de leurs employés devant la justice, avait déjà provoqué de vives tensions entre Washington et le pouvoir militaire de transition à l'époque à la tête de l'Egypte.

Pratiquement tous les étrangers jugés avaient quitté l'Egypte l'an dernier, à la suite de pressions des Etats-Unis.Parmi eux se trouvait le fils du secrétaire américain aux Transports Ray LaHood, Sam LaHood, condamné mardi à cinq ans de prison par contumace.Plusieurs Américains inculpés s'étaient réfugiés à l'ambassade américaine avant de pouvoir partir du pays.

Un ressortissant américain, Robert Becker, condamné mardi à deux ans de prison ferme, était toutefois resté par solidarité avec les inculpés égyptiens.

La législation égyptienne, mise en place sous le régime aujourd'hui déchu de Hosni Moubarak, est très restrictive pour les activités des ONG, en particulier les étrangères et les égyptiennes travaillant avec des partenaires ou des fonds étrangers.

Le président actuel, l'islamiste Mohamed Morsi, a présenté la semaine dernière un nouveau projet de loi pour régir leurs activités, assurant vouloir mettre un terme à ces années de tutelle étroite, conformément aux idéaux démocratiques du soulèvement du début 2011.

Mais une quarantaine d'ONG égyptiennes ont vivement critiqué ce texte, accusé d'instaurer un contrôle tatillon de leurs activités et de leurs financements, et de permettre la poursuite des pratiques d'autrefois, en particulier une surveillance de la part des services de sécurité.

Washington et l'Union européenne, ainsi que plusieurs organisations internationales de défense des libertés, ont également exprimé ces derniers jours des inquiétudes vis-à-vis de ce projet de loi.

"Le jugement dans le procès des ONG est injuste et basé sur une loi injuste", a estimé pour sa part la responsable pour le Moyen-Orient de l'organisation Human Rights Watch, Sarah Leah Whitson.S'il était adopté, le nouveau projet de loi "ne produirait pas un résultat différent", a-t-elle ajouté sur Twitter.

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