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Erythrée: une experte de l'ONU souligne une "situation désastreuse"

La situation des droits de l'Homme en Erythrée est désastreuse, a déploré mercredi un expert de l'ONU, appelant la communauté internationale, et en particulier les gouvernements africains, à aller parler directement aux autorités érythréennes.

"Il faut qu'il y ait une reconnaissance du fait que la situation des droits de l'Homme en Erythrée est désastreuse", a déclaré aux médias la Rapporteuse spéciale de l'ONU pour l'Erythrée, Sheila Keetharuth, après avoir présenté son premier rapport au Conseil des droits de l'Homme des Nations unies à Genève.

Elle a exhorté la communauté internationale à s'engager directement auprès des autorités érythréennes et a demandé en particulier aux pays africains de s'interroger sur ce qu'ils pouvaient faire "de façon positive" pour améliorer la situation.

La rapporteuse a aussi appelé la communauté internationale et d'autres instances à continuer d'exiger d'avoir des nouvelles des personnes emprisonnées, dont le journaliste suédo-érythréen Dawit Isaak.

Depuis respectivement les 18 et 23 septembre 2001, onze parlementaires de l'opposition et dix journalistes, dont M. Isaak, sont détenus sans procès.

Dans son rapport, Mme Keetharuth dresse dans l'ensemble un tableau alarmant de la situation, citant notamment des exécutions extrajudiciaires, des milliers de disparitions forcées, des détentions arbitraires, des actes de torture, ainsi qu'une absence de liberté d'expression, de mouvement et de religion.

Elle montre également du doigt la durée illimitée du service militaire, assurant avoir rencontré un nombre très élevé de jeunes réfugiés qui disent avoir fui pour ne pas faire ce service susceptible de durer au moins 15 ans, voire bien plus, alors qu'il avait été fixé à 18 mois après l'indépendance de l'Erythrée.

Alimentant quasi-quotidiennement dans son pays la peur d'une invasion éthiopienne, le président Issaias Afeworki, au pouvoir depuis l'indépendance en 1993, de plus en plus décrit comme omnipotent et mentalement instable, verrouille complètement le système politique, les opposants étant emprisonnés ou en exil,

L'Erythrée compte au moins 10.000 prisonniers politiques, vivant pour beaucoup dans des conditions atroces, selon Amnesty International.

Mme Keetharuth, qui n'a pas reçu le feu vert de l'Erythrée pour se rendre sur place, a réalisé son rapport en rencontrant notamment des réfugiés en Ethiopie et à Djibouti.

Elle a d'ailleurs condamné le fait que les autorités érythréennes obligent les familles des réfugiés à payer une taxe. Comme bon nombre de ces personnes sont pauvres et ne peuvent payer cette taxe, elles doivent elles aussi fuir l'Erythrée.

AFP

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