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Le chef d'al-Qaida en Afrique de l'Est est mort

Le leader présumé d’al-Qaida en Afrique de l’Est, Fazul Abdullah Muhammad, a été tué dans la nuit de mardi 7 au mercredi 8 à Mogadiscio, la capitale somalienne, lors d’un accrochage sur un barrage routier, a annoncé ce samedi 11 juin 2011 Mathew Iteere, le chef de la police kényane à l’AFP, indique le site suisse 24heures.

«Nous avons reçu cette information des autorités somaliennes. On nous a dit que deux terroristes avaient été tués en Somalie mercredi. Ils ont été identifiés comme Fazul Mohammed et Ali Dere.» 

Le Monde rapporte le témoignage d’un commandant des forces TFG, le gouvernement de transition somalien, explique:

«Nos forces ont tiré sur deux hommes qui ont refusé de stopper à un barrage. Ils ont tenté de se défendre alors qu'ils étaient cernés.»

Le Comorien Fazul Abdullah Muhammad, dont la tête était mise à prix 5 millions de dollars (3,48 millions d’euros) par les Américains depuis une dizaine d’années, était l’un des responsables des attentats à la voiture piégée simultanés contre les ambassades américaines à Nairobi (Kenya) et Dar es-Salaam (Tanzanie), qui ont fait 224 morts et plus de 5.500 blessés le 7 août 1998.

Il est également impliqué dans l’attentat-suicide anti-israélien du 28 novembre 2002 devant l’hôtel Paradise de Mombassa, ville portuaire au sud-est de Nairobi, et qui a tué 13 personnes.

A l’annonce de la mort de Muhammad, qui a rejoint al-Qaida en 1991 et fut nommé en 2002 à la tête de ses opérations dans toute l’Afrique de l’Est, un shebab (le nom donné aux insurgés islamistes somaliens du groupe Al-Shabbaab) a déclaré à l’AFP:

«Il est mort, mais il vit encore pour les milliers de moujahidines qui continuent de combattre les ennemis de l'islam.»

Hier, vendredi 10 juin, RFI rapportait que le ministre somalien de l’Intérieur Abdishakur Cheikh Hassan avait trouvé la mort dans une attaque-suicide à son domicile de Mogadiscio revendiquée par les milices islamistes shebab de la région. Le ministre était en effet «un membre clé de la campagne du gouvernement destinée à déloger les rebelles islamistes de la capitale», indique Afriquinfos. Le 19 mars 2009, Oussama Ben Laden, l’ex-numéro 1 d’al-Qaida incitait ses troupes à renverser Sharif Ahmed, l’actuel président somalien.

Le pays est sous haute tension. Les forces pro-gouvernementales affrontent régulièrement les shebab, qui tentent de prendre ou reprendre le contrôle de certaines zones de la capitale (les combats du 2 juin dernier ont fait au moins 17 mort parmi les civils), et les habitants de Mogadiscio manifestent depuis quelques jours contre l'accord passé le 9 juin entre le président et le Parlement somalien qui prolonge leurs mandats d’un an supplémentaire, alors que des élections devaient avoir lieu au mois d’août prochain.

Lu sur 24heures, Le Monde