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Des serpents dans les prisons des Gbagbo

Depuis leur arrestation le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo et sa famille sont en résidence surveillée. Le procureur de la République d’Abidjan s’est rendu le samedi 4 juin 2011 dans la villa de Korhogo, dans le Nord de la Côte d’Ivoire, où le président déchu, Laurent Gbagbo, est assigné à résidence.

D’après le site AbidjanOnlineles avocats de l’ex-président de la Côte d’Ivoire dénoncent des conditions de détention plus que rigoureuses:

«Ils sont détenus dans des conditions drastiques», ont-ils observé.

Dans un communiqué de presse, les quatre avocats, Ciré Clédor Ly (avocat au barreau de Dakar), Lucie Bourthoumieux (avocate au barreau de Paris), Jean Serges Gbougnon et Toussaint Dako Zahui (avocats au barreau de Côte d’Ivoire), se sont exprimés sur ces conditions d’incarcération qualifiées «d’inhumaines» dans «des cellules infectes d'une prison poreuse aux intempéries».

«Les détenus cohabitent avec des serpents mamba, comme c'est le cas de la prison de Katiola».

Les avocats parlent de «violations graves des droits de l'homme» et reviennent sur les conditions drastiques de détention de l’ex-président qui manquerait de lit, de télévision et de radio, qui n'a pas accès aux journaux ni aux livres, sans possibilité de circuler et sans visite extérieure. D’après les propos des avocats, les détenus malades ne bénéficient pas de médicaments ou de contrôle médical.

En conséquence, les avocats exigent «la libération immédiate et sans condition de ces personnes injustement arrêtés et assignées à résidence forcée». Ils réclament par ailleurs «l'arbitrage des Nations unies et des organisations des droits de l'homme» et souhaitent examiner:

«le décret d’assignation à résidence ou un acte judiciaire pouvant légitimer la mesure, à défaut de lever cette dernière qui caractérise l’enlèvement, la séquestration et la détention arbitraires des personnes pour des raisons politiques, sans acte administratif, ni judiciaire justifiés».

Par ailleurs, les avocats rappellent que, si les conditions de détention ne sont pas rectifiées d'ici là, ils engageront:

«des poursuites pour enlèvement séquestration, détention arbitraire et complicité contre des personnes physiques d’une part; violations graves du droit international et complicité de ces violations par des personnes physiques ayant agi sous l’instigation ou avec la participation d’un pays, d’une organisation ou d’un groupe armé dont elles assuraient le commandement ou le contrôle, d’autre part.»

D'après le site Abidjan.net, la Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), à travers son porte-parole Hamadoun Touré, s'était déjà prononcée le 10 mai 2011 sur les conditions de détention de la famille Gbagbo, en réfutant les rumeurs de mauvais traitements:

«Je n'ai jamais entendu dire que Laurent Gbagbo a été maltraité. L'Onuci a pris l'engagement d'assurer sa sécurité et de veiller à son bon traitement.»

Lu sur AbidjanOnline, Abidjan.net