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Algérie - 65% de l'infertilité est masculine

Les hommes algériens seraient-ils devenus moins fertiles? Dans ses colonnes, le site El Watan examine le problème et donne la parole au professeur Belkacem Chafi, chef du service gynécologique et obstétrique de l’EHU d'Oran, qui confirme ce qu’il appelle l’«hypofertilité» ou infertilité des hommes, en Algérie:

«Nous avons cette nette impression que le taux des hommes présentant des anomalies évidentes de leurs spermogrammes et surtout de leurs spermocytogrammes, c’est-à-dire de "l’état de santé" des cellules composant ces spermogrammes est en augmentation.»

Ces problèmes de santé restent délicats et touchent à la pudeur des hommes qui, pour certains, ne se sentent pas concernés et refusent l'évidence des études scientifiques:

«Mon époux refuse d’admettre l’idée qu’il pourrait être infertile ou avoir des soucis de ce genre», explique une Algérienne de Sétif.

Paradoxalement, l’Algérie a enregistré une augmentation historique des naissances: 880.000 en 2010. Mais dans le cas de la fertilité, le professeur Mostapha Benzine, chef de division des études sociales au Conseil national économique et social (Cnes) confirme l'absence de statistiques: 

«il n’y a aucun recensement ou étude sur l’infertilité en Algérie», a-t-il indiqué

Un taux d’infertilité qui concernerait environ 12% des couples algériens. Parmi les couples que reçoit le professeur Chitour, spécialiste en endocrinologie «l’infertilité masculine représente 65%», contre 40% en moyenne au niveau mondial. Les raisons de ce phénomène?

«Les hommes sont de plus en plus infertiles, car leurs spermes deviennent déficients et insuffisants. Leur spermatogenèse se trouve dérangée par l’alcool et la cigarette surtout, mais aussi par d’autres facteurs tels que la pollution», explique le professeur Chafi.

Toutefois, le stress professionnel tient sa part de responsabilités dans l’infertilité des hommes algériens:

«Ils sont militaires, policiers, gendarmes ou chauffeurs. Il y a certainement un lien entre la profession et l’infertilité [...] ça devient à mon avis une maladie professionnelle», constate une Algérienne qui accompagne son mari en consultation.

Et les femmes?

«(elles) sont de moins au moins infertiles. Je dirais moins qu’avant et même les maladies tuberculeuses (un des facteurs de la stérilité, ndlr) ont régressé comparativement aux cas enregistrés il y a quelques années», confirme le professeur Chitour.

Lu sur El Watan