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Le président djiboutien Ismail Omar Guelleh, Djibouti, le 7 avril 2011. SIMON MAINA / AFP
Le président djiboutien Ismail Omar Guelleh, Djibouti, le 7 avril 2011. SIMON MAINA / AFP

Ouvrons les yeux sur ce qui se passe à Djibouti

Le blog Cahier nomade d'Abdourahman Waberi revient sur la répression d'une manifestation, le 31 mai dernier, à Djibouti.

Fort de l’appui de la police du zélé Abdillahi Abdi (chef de la police, Ndlr) et de son acolyte Hassan Gacanlo, le régime a fini par adopter la méthode forte. IOG et sa clique semblent, bel et bien décider d’en finir, et très vite, avec ce mouvement de protestation qui dure depuis maintenant plus de 3 mois.

Le  31 mai dernier, des centaines de policiers ont pris le contrôle de la mosquée al-Rahma (quartier Gachamaleh), épicentre du mouvement de contestation comme en témoigne les photos et vidéos publiées sur les réseaux sociaux. A l‘instant même où les manifestants se sont regroupés, et aux premiers chants classiques de «Caddalab Ban Doneyna Doulmika Dideyna», les forces de l’ordre chargent et les tirs se font entendre.

Les policiers venus à bord de véhicules de transports et de bus, ont lancé des dizaines de grenades lacrymogènes sur les manifestants qui, tous les vendredis se retrouvent à Gachamaleh pour faire entendre leurs voix depuis le 22 février 2013.

Les explosions des bombes lacrymogènes ont provoqué des scènes de panique et la police n’a cessé d’intimider et de passer à tabac les manifestants.

Mosquée profanée

Non loin de la mosquée, un haut gradé de la police coordonnait et dirigeait la répression depuis une voiture. Dans le mouvement de fuite qui s’en est déclenché, plusieurs personnes, surtout des femmes se sont retrouvées à terre, laissant tomber leurs châles, d’autres, les larmes aux yeux, se sont retranchées dans la mosquée, espérant trouver refuge dans ce lieu sacré. Mais c’est méconnaître les «hommes en vert» sous les ordres et aux ordres de Abdillahi Abdi.

Ces hommes qui ne connaissent ni la sacralité des lieux de culte, ni le respect à leurs concitoyens entrent dans la mosquée, bottes aux pieds et interpellent plusieurs manifestants au sein même de la même mosquée.

Ecrire une nouvelle page

Parmi les personnalités arrêtées, se trouvent Sougueh Ahmed Robleh, député et président du MoDeL (parti d'opposition non légalisée à Djibouti, Ndlr), et mis en garde à vue pour le troisième vendredi consécutif au poste de police du quartier Hayableh (commune de Balbala).

Cette force déployée aux abords de la mosquée et cette façon d’agir n’est autre qu’un bras de fer entamé avec le peuple. Cela ne fait que durcir la répression et acculer les manifestants dans leur dernier retranchement.

Les Djiboutiens ont rendez-vous avec l'histoire pour exclure définitivement ce régime et ces institutions corrompues (à l’image du Conseil constitutionnel qui a validé ce hold-up électoral du 22 février 2013). L’histoire est toujours écrite par les vainqueurs et c'est au peuple djiboutien d'écrire la sienne.

Warehayee Hadjinabaad

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La rédaction de Slate Afrique.

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