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Côte d'Ivoire - Hommage au directeur du Novotel

Les histoires d'hôtel se suivent et ne se ressemblent pas. Un collectif de journalistes français rend hommage dans une tribune sur Libération aux quatre disparus de l’hôtel Novotel d’Abidjan: «A vous 4 qui nous avez sauvé la vie».

Leur attitude a certainement sauvé la vie d’une quinzaine de journalistes présents dans l’hôtel. «Bouleversés» par la nouvelle de la mort de son directeur Stéphane Frantz di Rippel, dont le corps a été retrouvé le 2 juin 2011, ils ont tenu à le remercier.

Le jour de l’enlèvement, des hommes armés arrivent au 7e étage, là où se trouve le bureau du directeur. Celui-ci, alors qu'«on lui demande où sont les journalistes, répond qu’il n’y a pas de journalistes […] tandis qu’il fait passer à toute vitesse l’information selon laquelle il faut que chacun se planque dans les chambres», témoigne Maître Pierre-Olivier Sur, l'avocat de sa famille, selon le site SousLeManguier.

L’hôtel dit «du Plateau», situé dans le quartier d’affaires de la ville, héberge pourtant à ce moment-là 50 clients, dont une majorité de journalistes et quelques ressortissants étrangers. Parmi eux, «le Français Yves Lambelin, patron du premier groupe agroalimentaire ivoirien, Sifca, y a trouvé refuge un peu en catastrophe», racontent les journalistes. Lambelin tentera de venir en aide au directeur de l’hôtel lors de l’intervention du commando, et sera enlevé avec lui ainsi que deux collaborateurs béninois et malaisien: Chelliah Pandian et Raoul Adeossi.

Pour l’instant, aucune nouvelle des 3 autres disparus. «On craint qu’ils aient également été exécutés dans les heures qui ont suivi», avouent les journalistes. Stéphane Frantz di Rippel a en effet été «conduit au palais présidentiel occupé par Laurent Gbagbo, et […] interrogé, torturé, exécuté», a expliqué Maître Sur. Une enquête menée par les autorités françaises et ivoiriennes est en cours pour déterminer les causes de cet enlèvement.

Les journalistes saluent par cette tribune le courage du directeur, à la tête du 4 étoiles depuis quelques mois. Si «le risque est assumé par les reporters de guerre», lui «n’a pas demandé à gérer cette situation. Son professionnalisme lui commande d’improviser au mieux». Et c’est ce qu’il a fait.

Lu sur Libération, Souslemanguier