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Quand les affaires font oublier la politique

Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc, arrive aujourd'hui à Alger pour une visite d'une journée dans le cadre d'une tournée maghrébine qui l'a conduit, hier, au Maroc et demain en Tunisie. Erdogan vient principalement faire des affaires dans un monde en crise. Les entreprises turques, qui se sont fait une place dans l'économie mondiale, ne peuvent souhaiter meilleur appui dans une région où les économies se cherchent encore ont besoin de savoir-faire et de capitaux à la recherche de parts de marché. Si M. Erdogan était venu il y a une année ou un peu plus, sa visite aurait eu une tout autre signification. Lorsque l'on soupçonnait une brise de printemps sur les révoltes arabes qui ont viré au cauchemar pour les peuples de la région qui rêvaient de démocratie, pour certains du modèle turc de l'AKP d'Erdogan. La Turquie d'Abdellah Gül était alors dans une phase d'offensive diplomatique dans le Monde arabe pour, dit-on, exporter son modèle de gouvernance. Aux côtés du Qatar, la Turquie a joué un rôle important dans la chute des régimes dictatoriaux. Dans le cas de la Libye, elle y a participé pleinement. Les Turcs voyaient d'un si bon ½il l'arrivée au pouvoir, au Maghreb et ailleurs dans le Monde arabe, des Frères musulmans prêts à ouvrir les portes aux frères de l'AKP plus qu'à n'importe quel autre. Seulement, dans la diplomatie comme dans la vie, il y a des imprévus. La prospective n'étant pas une science exacte. En Tunisie, le soulèvement qui a fait partir Ben Ali n'a pas encore ouvert une porte sur la démocratie et la stabilité, la Libye se débat toujours dans l'anarchie et l'insécurité, le gouvernement islamiste de Benkirane au Maroc s'avère ne pas être la clef de voûte pour les problèmes que vit son pays. En Algérie, la mayonnaise de l'AKP, bien qu'elle ait ses adeptes, n'a pas pris. C'est donc dans un contexte politique totalement différent de celui d'il y a deux ans que Recep Tayyip Erdogan arrive dans les pays du Maghreb. A plus forte raison en Algérie. Les Turcs auraient pu avoir plus d'atouts avec des têtes de pont dans la région. Mais leur soutien à la mouvance des Frères musulmans n'en diminue pas la place que pourrait avoir leur business dans les économies maghrébines. Erdogan arrive avec une très forte délégation ministérielle, des hommes d'affaires de son pays à la recherche de nouveaux débouchés pour leurs entreprises. En Algérie, les Turcs sont depuis longtemps dans le secteur du bâtiment et viennent de mettre le paquet dans le textile avec plusieurs usines. Plus de 200 entreprises turques prendront part, aujourd'hui à Alger, à un forum pour explorer les opportunités de partenariat avec leurs homologues algériennes. Recep Tayyip Erdogan, qui sera reçu par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, prononcera un discours à l'APN.  

El Watan

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