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Limites des frontières Mali-Burkina : Le Haut-commissaire du Kénédougou en tournée d'explications

La population du village de Bangasso, localité située à 25 km de N'Dorola, au Nord de la province du Kénédougou, était massivement mobilisée toute la journée du 26 mai 2013. Et pour cause, elle a reçu le Haut-commissaire de la province, Sayouba Sawadogo, en tournée d'échanges et de sensibilisation dans les villages frontaliers, sur le nouveau découpage des limites entre le Burkina Faso et le Mali.

Ce 26 mai 2013 donc, dès 7h, des coups de canons retentissent. Femmes, hommes, jeunes et enfants accourent des quatre coins du village vers les lieux, à motos ou à pieds. A l'entrée du village (route de N'Dorola), sous les arbres, ils attendaient impatiemment. Personne dans le village n'a voulu se faire conter l'évènement. Notons que, Bangasso qui signifie en Dioula « tout fini ici », est un village de la commune de N'Dorola, à cheval entre le Mali et le Burkina Faso.

Vers 10 heures, le véhicule du Haut-commissaire et ceux de sa délégation pointent le nez à l'entrée du village. Le premier signal est alors donné par des coups de canons, suivis d'applaudissements et de cris de joie. Les autorités sont accompagnées au rythme du djémbé et par les motocyclistes, jusqu'à la place du marché où était prévue la rencontre. Après les salutations d'usage au milieu d'une marée humaine, le Haut-commissaire de la province du Kénédougou, Sayouba Sawadogo, est allé d'abord rencontrer les populations de Din, ensuite de Deina, localités respectivement situées à 7 km et 2 km de Bangasso. Enfin, dans l'après-midi, ce fut le tour de Bangasso. Malgré l'attente qui fut longue, la population a tenu à témoigner de sa reconnaissance et du respect qu'elle accorde à ses autorités.

C'est un Haut-commissaire très ému qui a pris la parole pour remercier les notables, autorités religieuses et coutumières et l'ensemble de la population, pour l'accueil chaleureux à lui et à sa délégation réservé. Dans son adresse, il a indiqué que l'objectif de cette rencontre était d'expliquer aux populations frontalières des deux pays, le processus de délimitation territoriale. « La limitation des frontières entre notre pays et le Mali résulte de la volonté des plus hautes autorités des deux pays. C'est pourquoi, vous avez pu constater que depuis plus de trois ans, des spécialistes ont été commis à la tâche, pour implanter des bornes au niveau des frontières, sans aucun contact avec vous. Nous savons aussi que vous les habitants de Bangasso, avez toujours eu des rapports fraternels (liens de mariages, amitiés, rites funéraires) avec vos frères et s½urs maliens ; toutes choses qui vous ont permis jusque-là de cohabiter pacifiquement. Le souhait des plus hautes autorités des deux pays est que, les bonnes relations qui ont toujours existé entre les deux peuples soient maintenues. Et que les bornes ne soient pas l'objet de discorde remettent en cause la paix dans ces zones frontalières, eu égard à l'exploitation des terres cultivables », a-t-il dit. Le Haut-commissaire avait avec lui, le maire de la commune de N'Dorola, le préfet du département, le responsable de la santé animale, l'agent des Eaux et forêts et de l'agriculture. Tous ont apporté des éclairages sur la question, et les lois qui régissent les différentes activités au Burkina. A en croire le préfet du département de N'Dorola, Harouna Karambiri, ce découpage est fait suivant les tracés réalisés par le colonisateur et en fonction de la première carte qui a été élaborée après les indépendances. Avant l'implantation des bornes les populations considéraient la frontière à partir du fleuve. Alors, avec la nouvelle donne, sa plus longue partie se trouve en territoire malien. Par ricochet, des villages ont été partagés entre les deux pays, ou se trouvent entièrement sur l'un ou l'autre territoire, selon les cas. « Mais en la matière, des mesures sont prévues afin d'éviter des conflits », dira-t-il. A cette rencontre, était aussi attendue une délégation malienne, mais qui n'a pas pu effectuer le déplacement.

Un papier au Burkina n'a pas de valeur au Mali

La délégation a insisté sur le respect strict des lois en occurrence, celles relatives à l'exploitation forestière, à la pêche dans le fleuve et à la transhumance animale. « Pour toute activité hors des frontières du Burkina, indique l'agent des Eaux et forêts, vous avez obligation d'aller vers les services administratifs du Mali pour qu'ils vous délivrent un document ». « Car, poursuit-il, une autorisation délivrée par l'administration burkinabè n'a pas de valeur au Mali ». Pour la transhumance des animaux, il a conseillé aux éleveurs d'avoir le « Certificat international de transhumance » qui leur permet de traverser différentes frontières avec leur bétail et qui attestera la bonne santé des animaux.

Visiblement, le message a été bien reçu par les populations qui, par la voix de Bakary Dao, ont rassuré les autorités de ce qu'elles peuvent « dormir des deux oreilles » et que la flamme du vivre en bons voisins sera toujours entretenue. C'est sur une note de satisfaction que la délégation venue de Orodara et de N'Dorola est repartie avec pour espoir de revenir une prochaine fois, échanger avec les populations de Bangasso.

Encadré

Rejoindre Bangasso, quel calvaire !

Le moins que l'on puisse dire est qu'il n'y a pas de voie d'accès à ce village ; surtout en saison hivernale. Le Haut-commissaire et sa délégation ne diront pas le contraire. La route est encore plus impraticable à partir de Séguédougou, si fait que la Sofitex est très souvent obligée de déposer à mi-chemin les intrants agricoles (à 5 km du village, dès les premières pluies). Le cri de c½ur de ce village et de ses environs est donc de voir cette route réalisée pour le bonheur de tous. Ne dit-on pas que la route du développement passe par le développement de la route.

Zanga Souleymane DAO [email protected]

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