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La désorientation : LE MAL DE LA PERTE DE REPERE

Le Pr Baba Koumaré :
la désorientation n'est pas une maladie en soi

C'est un signe de la confusion mentale, la personne n'arrive pas à faire la part des choses 

La désorientation est définie par les spécialistes comme une altération de la faculté de se repérer dans le temps et dans l’espace. C'est le résultat d’un changement total des perceptions par le cerveau qui permettent habituellement à un individu de se situer à un moment donné. Le psychiatre Pr Baba Koumaré, psychiatre au centre hospitalo-universitaire (CHU) du Point G, explique que la désorientation n'est pas une maladie en soi. C'est simplement un élément ou un signe qui se retrouve dans plusieurs maladies. C'est une perte de repère d'un sujet donné incapable de se situer dans le temps et dans l'espace. « C'est un signe de la confusion mentale, la personne n'arrive pas à faire la part des choses » explique t-il. Le patient est dans l’impossibilité de donner la date du jour ou les dates passées ainsi que certaines adresses. A en croire le psychiatre qui sait de quoi il parle, la désorientation peut arriver à n'importe quelle personne même à un bébé.  « Mais elle est plus fréquente chez les personnes âgées». Par ailleurs, le psychiatre de l'hôpital du Point G, précise qu'il existe plusieurs types de désorientations. Ainsi, on peut noter la désorientation dans le temps et dans l’espace (désorientation temporospatiale) qui se rencontre essentiellement au cours de la confusion mentale et lorsqu’un individu à sa conscience affaiblie (démence, vieillissement, diminution de vascularisation cérébrale). Certains calmants, somnifères ou analgésiques, comme la codéine ou la morphine, sont une cause fréquente de désorientation, surtout chez certaines personnes âgées. La désorientation dans l’espace est le résultat de certaines maladies psychiatriques (psychose chronique), mais également de certaines affections neurologiques atteignant le système nerveux central et plus spécifiquement le cerveau et la moelle épinière. mentisme. La désorientation dans le temps a pour caractéristique majeure l’amnésie au cours de laquelle un individu ne peut plus fixer les informations qu’il vient d’acquérir récemment. Au contraire il considère son passé comme des événements récents ou présents. On appelle cela l’ecmnésie, phénomène au cours duquel le patient voit défiler devant lui des souvenirs anciens : c’est le mentisme. Il y a également de nombreuses pathologies au cours desquelles on rencontre une désorientation. Parmi celles-ci on peut citer, la maladie d’Alzheimer qui est une atteinte chronique, d’évolution progressive, d’une partie du cerveau se caractérisant par une altération intellectuelle irréversible aboutissant à un état démentiel. Dans ce cas-là la dégénérescence nerveuse inéluctable, due à la diminution du nombre de neurones avec atrophie cerveau et la présence de « plaques séniles », caractérise biologiquement cette maladie. Les symptômes de cette affection neurologique sont avant tous les troubles de la mémoire qui touchent tout d’abord les faits anciens. Progressivement surviennent des troubles du comportement relativement précoces, à type d’indifférence de réduction de l’activité. Au cours du Syndrome Korsakoff : le psychiatre russe qui a donné son nom aux troubles engendrés par l'alcoolisme chronique qui débouche sur un tableau psychiatrique et neuropathies périphériques, l'on peut retrouver la désorientation. C'est un ensemble de symptômes se caractérisant par une amnésie (perte de mémoire) une fabulation et chez les alcooliques par une polynévrite (inflammation des tissus nerveux). Les causes de ces symptômes sont le plus souvent l’alcoolisme, un traumatisme crânien grave, une thrombose ou une embolie (formation d’un caillot qui empêche circulation normale dans un vaisseau cérébral) ou encore une tumeur cérébrale. Au cours du syndrome de Korsakoff la désorientation spatiale est prédominante et les repères temporels sont plus ou moins respectés en tout cas au début de l’affection. Dans certaines lésions du cerveau il est possible d’observer une perte de la reconnaissance entre la droite à la gauche (région pariétale et occipitale droite). La désorientation temporospatiale s’associe parfois à une désorientation de type allopsychique c’est-à-dire au cours de laquelle le patient est dans l’impossibilité d’identifier les autres. Pour soigner la désorientation, le Pr Baba Koumaré, indique qu'il est nécessaire de rechercher et d'identifier la cause ou la maladie qui est à l'origine de cette désorientation. Dans ce cas, il suggère de traiter d'abord la maladie en tant que telle.

Fatoumata NAFO

Maladies orphelines : RARES ET DELAISSEES PAR LA RECHERCHE

Ces pathologies sont le plus souvent d'origine génétique. Et dans la plupart des cas, il n'existe pas de traitement curatif contre ces affections

Les systèmes de santé dans le monde reposent sur des programmes de lutte contre les maladies qui représentent de réels problèmes de santé publique. Les multiples efforts de prévention et de prise en charge, accomplis dans ce sens permettent de réduire la charge de morbidité et de mortalité liée à ces différentes pathologies. Dans les pays en développement, notamment ceux du continent africain, les pouvoirs publics multiplient les initiatives et les actions de lutte contre certaines maladies à potentiel épidémique et qui ont parfois des conséquences dramatiques sur la santé des populations. Mais les médecins ont connaissance d'autres maladies, plus ou moins méconnues de la science et contre lesquelles, les pays à l'échelle planétaire déploient peu d'efforts. Il s'agit des maladies orphelines, encore appelées maladies rares. Ces termes sont utilisés indifféremment par les spécialistes pour désigner ces maladies à très faible prévalence qui touchent une personne sur 1000 à une personne sur 200 000. Selon les normes établies par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies qui touchent les individus dans ces proportions peu élevées sont des maladies rares. En termes clairs, les spécialistes définissent les maladies orphelines ou maladies rares comme des pathologies délaissées par la recherche. Le plus souvent il n'existe pas de traitement curatif contre les maladies orphelines. A en croire les médecins, c'est des maladies généralement d'origine génétique. Le Pr Abdel Kader Traoré médecin interniste au centre hospitalo-universitaire (CHU) du Point G explique que ces maladies sont certes rares en terme de prévalence mais elles représentent un grand nombre. Le scientifique de l'hôpital du Point G rappelle que pour le traitement de ces pathologies, les médecins se mettent très souvent en réseau pour capitaliser leurs expériences mais aussi trouver de l'argent pour financer la recherche sur ces maladies. Mais il convient de rappeler l'importance de ces petites actions isolées. Elles doivent être portées à échelle dans le monde pour que les partenaires s'orientent vers le financement de la recherche sur les maladies orphelines ou maladies rares dans nos pays. C'est seulement dans ces conditions que la science peut davantage cerner les différents aspects liés à ces maladies. Le Pr Abdel Kader Traoré établit la différence entre les maladies orphelines et les maladies négligées. Ces dernières sévissent généralement dans les coins reculés. Du fait de cette situation, les maladies négligées sont dites maladies de la pauvreté avec une importante charge de morbidité et de mortalité dans les pays en développement, notamment ceux du continent africain. Le médecin interniste du Point G précise que l'Organisation mondiale de la santé, dénombre dans le monde 17 maladies négligées. Il s'agit entre autres de l'ulcère de buruli, des géolmenthiases (les maladies liées à l'eau et à la terre), du trachome, de la schistosomiase, de la lèpre, de l'onchocercose. Nos pays doivent mettre le dispositif de prévention et de soins contre ces maladies qui peuvent avoir de graves conséquences. Les maladies orphelines ou maladies rares sont méconnues (ou presque) des scientifiques. Mais dans la prise en charge de ces pathologies, les praticiens se contentent simplement de soulager les patients. A cet effet, ils administrent des soins contre les manifestations classiques qu'ils constateront. Le spécialiste de l'hôpital du Point G observe que, dans notre pays, les pédiatres s'intéressent beaucoup à ces maladies. Il cite en exemple quelques maladies orphelines. Il y a la maladie des os de verre (une maladie génétique rarissime qui fragilise les os), la maladie de l'homme de pierre : une maladie héréditaire) et la myosite ossifiante progressive, selon l'expression médicale consacrée. Il s'agit dans ce cas précis d'une affection pseudo-tumorale rare et bénigne, selon la littérature. Mais il faut préciser que certains médecins n'ont jamais rencontré de cas de ces maladies orphelines ou maladies rares.

B. DOUMBIA

L'essor

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