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Mali : la médiation burkinabè « déplore » les incidents à Kidal

Djibril Bassolé, le médiateur burkinabé dans la crise malienne
Reuters

OUAGADOUGOU – Le Burkina Faso, pays médiateur dans la crise malienne, a « déploré » lundi les incidents à Kidal, dans le nord-est du Mali, où les rebelles touareg du MNLA sont accusés de s'en être pris aux populations noires, et a appelé à « construire la confiance ».

 

« Nous avons évidemment déploré ces incidents et nous avons appelé toutes les parties à s'abstenir soigneusement de tout acte, de tout incident qui pourrait remettre en cause la confiance dont on aura besoin pour faire prospérer le processus de dialogue », a déclaré le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, devant la presse à Ouagadougou.

 

« Nous souhaitons qu'à partir de maintenant soit observée la plus grande prudence » et que « les parties elles-mêmes construisent la confiance », « créent un environnement favorable au dialogue » et « les conditions propices à la tenue des élections du 28 juillet », a-t-il souligné.

 

Des représentants de la communauté internationale (ONU, Union africaine, France, Suisse, notamment), dont M. Bassolé, venaient de s'entretenir successivement avec Tiébilé Dramé, émissaire de Bamako pour le Nord du Mali, et une délégation commune du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA).

 

Ces deux groupes touareg occupent actuellement Kidal et y refusent le retour de l'armée malienne, compromettant l'organisation de la présidentielle prévue le 28 juillet dans tout le Mali. Des discussions sont menées depuis une semaine à Ouagadougou pour trouver une solution sur Kidal.

 

Des habitants de Kidal ont affirmé dimanche à l'AFP que des membres du MNLA s'en étaient pris aux populations noires de cette ville pour les « expulser » vers Gao, localité située plus au sud. Bamako a dénoncé une « épuration raciale », mais la rébellion touareg a démenti toute « chasse aux Noirs », assurant avoir arrêté de présumés éléments « infiltrés » envoyés par les autorités maliennes.

 

« Nous avons tous souligné les risques, dans cette période où on essaie d'avancer, qu'il y ait des rumeurs qui circulent, qu'il y ait des provocations, qu'il y ait des paroles malintentionnées », a expliqué le représentant spécial de l'Union européenne pour le Sahel, le Français Michel Reveyrand de Menthon.

 

Comme les autres représentants de la communauté internationale, il s'est toutefois dit « optimiste » sur l'issue des discussions actuelles.

Menées sous l'égide du président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur pour l'Afrique de l'Ouest, ces discussions sont censées aboutir dans les prochains jours à un « dialogue direct » entre Bamako et les mouvements touareg.

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