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En Afrique du Sud, les criminels s'enfuient à béquilles

Alors qu’il comparaissait pour son procès dans la capitale sud-africaine Pretoria, Bongani Moyo, un criminel suspecté du braquage de 35 banques, s’est évadé mercredi 10 août. Le site News 24 précise que le criminel est tout simplement parti du tribunal, à pied. Le porte-parole de la police a même affirmé que Moyo était équipé de béquilles au moment de son évasion.

Phumlani Ximiya, le porte-parole du ministère des Services correctionnels (chargés de la gestion des prisons) a affirmé selon BBC News Africa qu’il s’était «échappé sous le nez de la police». L’histoire, qui prête à sourire et ridiculise la police sud-africaine, met en réalité le doigt sur sa négligence, voire la corruption qui la ronge.

Bongani Moyo est bien connu du grand public pour avoir été l’objet d’une chasse à l’homme médiatisée lors d’une précédente fuite. Arrêté à la frontière avec le Zimbabwe, son pays d’origine, le suspect avait été emprisonné avant de s'évader le 29 mars 2011.

«Le commissaire de police de la province Petros doit maintenant prendre des mesures disciplinaires sérieuses et appropriées contre les responsables», a exigé dans un communiqué Kate Lorimer, la porte-parole de la sécurité et de la sûreté de l'Alliance démocratique, le parti d'opposition.

En attendant sa comparution, le criminel présumé n’a en effet ni été enfermé dans une cellule, ni même menotté:

«Nous avions prévenu la police que cette personne s’était déjà évadée auparavant et qu'(il fallait) par conséquent renforcer (la) sécurité autour du suspect», souligne Ximiya.

«C'est gênant que la police ne semble pas comprendre l'importance de s'assurer qu'un criminel de la trempe de Moyo doit être solidement escorté jusqu’à la cour», a insisté Kate Lorimer.

L’affaire vient aujourd'hui renforcer les soupçons de corruption qui pèsent sur la police sud-africaine. Au mois de juillet, le chef de la police nationale, le commissaire Bheki Cele a été inculpé pour fraude immobilière. Ce dernier serait accusé d’avoir participé à des transactions irrégulières sur les immeubles de la police. Celui de Durban a par exemple été loué trois fois au-dessus de sa valeur réelle sur le marché.

Le dossier impliquant également le ministre des Travaux publics Gwen Mahlangu-Nkabinde mentionne le promoteur immobilier Roux Shabangu, avec lequel ont été conclus les contrats de location, et qui se trouve être un proche du président sud-africain Jacob Zuma.

Lu sur News24, BBC News Africa, Global Post