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Twitter, indésirable en Ouganda

Depuis le rôle central joué par les réseaux sociaux au cours des révolutions arabes, Twitter et Facebook sont désormais dans la ligne de mire de tous les régimes un tant soit peu autoritaires.

Dernier exemple en date: l'Ouganda, où le gouvernement a dénoncé le rôle de Twitter, outil de «propagande» de la jeunesse dans les dernières manifestations. 

Le site ougandais du Daily Monitor rapporte les propos de Wilson Murudi Mukasa, ministre ougandais de la Défense:

«L’opposition, en utilisant des réseaux sociaux tels que Twitter, Facebook et YouTube, est en train de conditionner psychologiquement les masses, en particulier la jeunesse, pour une insurrection armée.

A travers ses actions politiques, l’opposition perturbe l’économie en paralysant le commerce et le tourisme, effraie les investisseurs […] Le gouvernement a également accusé l’opposition de provoquer les agences de sécurité et de décrire un gouvernement brutal contre les citoyens qui manifestent.»

Face aux manifestations du mercredi 10 août contre l’augmentation du coût de la vie, le gouvernement était allé jusqu’à taxer les opposants de «terroristes». Mais ces derniers veulent maintenir la pression jusqu’à obtenir gain de cause de la part des dirigeants. En effet, ces derniers mois, l’Ouganda a connu une inflation de 18,7%, alors que le cours du shilling ougandais n’a pas dépassé celui du dollar américain.

«Personne ne pourra nous intimider. Le gouvernement doit s’occuper des problèmes qui touchent notre économie et arrêter de chercher des coupables. Personne ne prépare les Ougandais à une insurrection, mais si les conditions actuelles ne changent pas, les gens continueront de manifester […]

Le gouvernement doit régler certains problèmes dans le pays, renforcer la démocratie et la bonne gouvernance, et mettre fin à la mauvaise gestion des deniers publics», avait déclaré le «shadow attorney» de l'opposition (l'avocat assurant la défense du mouvement), le général Abdul Katuntu.

Wafula Ogutu, porte-parole du parti d’opposition Assemblée pour le changement démocratique (FDC) avait démenti auprès de BBC News Africa les accusations portées par le gouvernement de vouloir embrigader les jeunes:

«Les campagne organisées par le FDC ont pour but de mettre l’accent sur la mauvaise gouvernance. Si la conséquence est le renversement du gouvernement, ainsi soit-il. Mais ce n’est pas notre but. Le gouvernement ne peut rien faire pour censurer les médias sociaux. Les gens les utilisent.»

En avril déjà, alors que l’opposition organisait des marches de protestation contre le président Yoweri Museveni, l’ordre avait été donné de bloquer l’accès à Twitter.

«Une directive largement ignorée par les deux services permettant l'accès au réseau», confirme Joshua Mmali, correspondant de la BBC à Kampala, la capitale.

La répression des forces gouvernementales durant les mouvements du mois d’avril avait notamment provoqué la mort de 10 manifestants.

Lu sur Daily Monitor, BBC News Africa