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Egypte - Parlez-vous le klaxon?

Le Caire, capitale egyptienne, est l’une des plus grandes villes d'Afrique et sa population est estimée à plus de 15 millions d’habitants. Comme dans toutes les cités de cette taille, les embouteillages sont légion. Alors le bruit et les difficultés de circulation ont poussé les Cairotes à communiquer autrement: en langage des signes.

Sur Global Voices, le blogueur égyptien Tarek Amr rapporte le témoignage d’une expatriée: 

«Emprunter un minibus ou un taxi local est parfois pour moi une expérience intimidante, avec tous ces gens qui parlent vite et fort en arabe, et font des signes pour indiquer où ils voudraient aller.»

Les gestes dont il est question tiennent davantage du mime qu'une véritable langue complexe. Il peut rappeler les signes utilisés dans certaines professions, comme chez les journalistes en studio ou les sportifs, notamment les footballeurs.

Le dessinateur égyptien Ashraf Hamdy a publié une planche pour expliquer quelques-uns des ces nouveaux signes. Par exemple, les deux mains imitant la forme d’une pyramide indiquent la rue Pyramide de la capitale. Deux doigts en forme de «V» correspondent au chiffre 8 en arabe. Renversé, il indique le chiffre 7. Ces signes indiquent donc les 7e et 8e districts du Caire.

A côté de ces signes, le klaxon est lui aussi devenu un véritable moyen de communication, à l'image du morse, exprimant des messages parfois surprenants. Le blogueur El Sioufy explique: deux brefs coups de klaxon consécutifs veulent dire «merci». Deux brefs coups de klaxon consécutifs suivis d’un coup de klaxon appuyé signifient «je t’aime». Et le klaxon peut même servir aux automobilistes à… proférer des insultes.

D'ailleurs, dans ce nouveau mode de communication pour le moins original, tous les éléments de la voiture sont mis à contribution. Ainsi, lorsque vous faites la course avec un autre conducteur, si vous le doublez vous actionnerez les essuie-glaces arrière pour lui dire au revoir.

El Sioufy ajoute que la «langue klaxon» n’est pas propre à l'Egypte: un pasteur américain publiait le 26 juin sur son blog une étude comparative de l’utilisation du klaxon aux Etats-Unis, en Italie et en Inde. Il s’interrogeait sur la possibilité de déterminer à travers l’usage du klaxon la personnalité de celui qui l'actionne.

Lu sur Global Voices