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Situation des enfants dans le monde 2013 : FOCUS SUR LES ENFANTS HANDICAPES

Ceux-ci sont, selon le rapport annuel de l'UNICEF, ceux qui risquent le plus d'être privés des droits élémentaires de la personne humaine

Le rapport annuel de l'UNICEF sur la situation des enfants dans le monde a été rendu public dans notre pays jeudi au cours d'une cérémonie solennelle présidée à  l'Ecole des sourds, à Niamakoro Cité Unicef, par le ministre de l'Education, de l'Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales, Bocar Moussa Diarra. C'était en présence du ministre de la Famille, de la Promotion de la Femme et de l'Enfant, Mme Alwata Ichata Sahi, et de son homologue de l'Action Humanitaire, de la Solidarité et des Personnes Âgées, Mamadou Sidibé, ainsi que de la représentante de l'Unicef au Mali, Mme Françoise Ackermans, et de nombre d'invités. Le thème choisi cette année pour marquer cet événement d'importance est « Les enfants handicapés ».

 

EXCLUSION SOCIALE. Le document de 154 pages qui décrit la situation des enfants dans le monde, liste progrès et inégalités. Il analyse les problèmes à surmonter pour  que les enfants handicapés aient accès aux services auxquels ils ont droit. Il présente aussi des initiatives encourageantes dans des domaines comme la santé, la nutrition, l'éducation et la programmation d'urgence ainsi que la collecte de données et les analyses nécessaires pour améliorer les politiques et les interventions dans ces domaines.

Le rapport démontre que les enfants handicapés sont ceux qui risquent le plus d'être privés de soins de santé ou de ne pas aller à l'école. Ils sont les plus vulnérables face à la violence, à la maltraitance, à l'exploitation ainsi qu'au manque de soins en particulier s'ils sont soustraits aux regards ou placés en institution. C'est le cas de nombreux d'entre eux du fait de l'opprobre social ou des coûts que nécessite leur prise en charge.

Le rapport explique comment les société peuvent inclure les enfants handicapés afin qu'ils puissent réaliser leurs ambitions. Ainsi appuyer davantage l'intégration des enfants handicapés contribuerait à vaincre la discrimination qui les relègue en marge de la société. En effet,  pour des nombreux enfants handicapés, l'exclusion sociale commence dès les premiers jours de leur vie quand leur naissance n'est pas inscrite sur les registres de l'état civil.

Aussi, faute de reconnaissance officielle, ils sont privés de services sociaux et de protection juridique. Ces facteurs seraient,  selon le rapport, essentiels pour leur survie et leur avenir. Leur marginalisation ne fait ensuite que s'aggraver du fait de la discrimination. Le document note que pour de nombreux enfants handicapés, l'exclusion est aggravée par de multiples privations. Tout en exhortant les gouvernements à tenir l'engagement qu'ils ont pris de garantir l'égalité des droits de tous leurs citoyens, y compris les enfants les plus marginalisés et les plus vulnérables, le rapport relève qu'environ un tiers des pays du monde n'a toujours pas ratifié la convention relative aux droits des personnes handicapées.

Cependant, des progrès, quoiqu'inégaux, sont réalisés en matière d'insertion des enfants handicapés et le présent rapport définit l'action qu'il reste à mener dans ce sens. Ainsi, le texte invite les gouvernements à ratifier et faire appliquer la convention relative aux droits des personnes handicapées et la convention relative aux droits des  enfants et à aider les familles concernées afin qu'elles puissent assumer le coût souvent élevé des soins à prodiguer aux enfants handicapés.

Le document demande que des mesures soient prises pour combattre la discrimination parmi la population, les décideurs et les prestataires de services essentiels comme l'enseignement et les soins de santé.

 

LEUR VOIX DOIT ETRE ENTENDUE. Le directeur de l'Ecole des  sourds « Jigiya Kalanso », Moussa Sanogo, a saisi l'occasion pour exposer les progrès réalisés dans son établissement en matière d'éducation et d'insertion professionnelle des enfants handicapés sans cependant occulter les difficultés auxquelles le petit établissement est confronté. Il a notamment évoqué le manque de véhicule  de transport des élèves, l'inexistence d'un second cycle, d'un atelier de formation professionnelle, le manque d'enseignants et de cantine scolaire.

Après avoir brossé la situation des enfants handicapés dans le monde particulièrement dans notre pays, Mme Françoise Ackermans, la patronne de UNICEF-Mali, dira que notre pays, malgré de nombreuses difficultés, a effectué un grand pas comme en témoigne l'existence des écoles des sourds sur tout le territoire. Justement, la représentante de l'Unicef dans notre pays a profité de cette tribune pour demander la réouverture des écoles spécialisées dans les régions du Nord de notre pays.

Les causes de plusieurs handicaps sont évitables notamment celles qui sont liées à la méningite et à la poliomyélite, a jugé Mme Françoise Ackermans, comme est possible l'inclusion des enfants handicapés dans la société. Cependant, celle-ci requiert en premier lieu un changement de perception et la reconnaissance que ces enfants ont les mêmes droits que les autres, qu'ils peuvent être des acteurs du changement et ne sont pas seulement des bénéficiaires de la charité publique et que leur voix doit être entendue et prise en compte dans l'élaboration des politiques et des programmes.

Pour le ministre de l'Education, de l'Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationale, Bocar Moussa Diarra, la pertinence du thème ne fait aucun doute Dans le monde, environ 93 millions d'enfants vivent avec un handicap et éprouvent de ce fait d'énormes difficultés à jouir pleinement de leurs droits.

Le choix du thème, a indiqué le ministre, s'inscrit dans les perspectives actuelles de réflexion et d'action qui font du droit des personnes handicapées une dimension importante du développement social. Dans notre pays, au moins 10 % de la population souffre d'un handicap. Ainsi nous nous devons de prendre toutes les mesures appropriées pour les aider à mieux se développer et à acquérir une autonomie totale. Notre pays a affiché sa volonté politique de réaliser une éducation pour tous.

Dans ce dessein, avec l'apport de la Fédération malienne des personnes handicapées, le département en charge de l'éducation a inscrit l'éducation spéciale dans sa planification et dans ses différents programmes de développement. L'objectif est de permettre à tous les enfants de vivre longtemps et en bonne santé, d'acquérir un savoir et d'avoir accès aux ressources nécessaires pour jouir d'une vie décente.

De ce fait, plusieurs actions ont été entreprises. Il s'agit notamment de la création de la direction nationale de l'éducation préscolaire et spéciale, de l'adoption par le gouvernement du document de politique nationale en matière d'éducation spéciale, etc.

Des stratégies de développement du sous-secteur sont aussi mises en ½uvre avec un focus sur la réadaptation à base communautaire (RBC) qui favorise l'égalisation des chances et l'insertion sociale de la personne handicapée.

M.A. TRAORE

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