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Cas Kidal : Le peuple sera vigilant et intraitable

Comment peut-on faire confiance à un Président de la République comme Dioncounda qui, comme un caméléon qui change de couleur selon le lieu, nous sort un discours à Paris, tient des propos totalement contraires à Addis-Abeba et vient à Bamako pour débiter des incohérences manifestes sous forme d'une synthèse ferme des contradictions antérieures. Si Hollande est intraitable à la tenue des élections en juillet prochain au Mali, le peuple malien sera au cas Kidal.

 

Kidal est toujours sous contrôle du Mouvement national de libération de l'Azawad, le MNLA.
wikipedia

Sans l'armée à Kidal, point d'élection qui entérinerait la partition du Mali. Il faudra alors constater l'échec de la Transition pour n'avoir pas restauré l'intégrité territoriale et pour n'avoir pas réussi à organiser l'élection présidentielle le 28 juillet.

Le Pr. Dioncounda Traoré aura trahi son serment, la constitution, l'armée et toute  la nation malienne. Le peuple lui retire par conséquent sa confiance.

 

Le Pr. Dioncounda Traoré est un 'boulanger hyper surdoué' qui roule tout le monde dans la farine. De son accession accidentelle à Koulouba grâce ou à cause du coup d'Etat perpétré par le capitaine Sanogo à nos jours, il a déjoué tous les pronostics de par son calme olympien et une  stratégie imparable qui consiste à ne décider formellement de rien et à n'informer le peuple sur rien; juste faire des prévisions sur les évènements à venir et évaluer à priori les probabilités de leur avènement et puis laisser le temps faire le reste.

 

Il adosse cette grande  capacité d'analyse qui peut paraître évidente pour un professeur en mathématiques sur un  caractère trempé d'homme modeste, un brin étourdi et vraisemblablement peu carriériste au point qu'il fut très rarement au centre des calculs politiciens aussi bien de ses alliés rivaux que de ses adversaires. C'est ce qui lui permet d'avoir toujours de l'avance sur ses concurrents qui ne le voient qu'au moment où il traverse le premier la ligne d'arrivée. De Kati à Koulouba, il a neutralisé tous ses adversaires en enlevant avec délicatesse tous les grains de sable qui grippaient un peu le moteur. Dr. Cheick Modibo Diarra avec ses nombreux experts-conseillers et le capitaine Sanogo assisté de ses amis continuent de remuer leurs méninges pour comprendre par où le professeur mathématicien est passé. Tout cela pour dire qu'il est suicidaire de douter des capacités de man½uvrier de Dioncounda; son intelligence est incontestable et ses stratégies redoutables. Seulement le professeur Dioncounda  a toujours besoin de temps et a horreur des dates fatidiques parce qu'il n'aime pas que les projecteurs soient exclusivement braqués sur lui.

 

 L'affaire commence à se gâter

Malheureusement pour lui, les cas Kidal et l'élection présidentielle qu'il a toujours « bien » gérés jusque-là en se servant du temps, commencent à prendre la périlleuse ligne droite vers un point de convergence fatidique : la date du 28 Juillet.  Aucun arrangement, aucun réaménagement, aucun réajustement, aucune réorientation,.....aucune fuite en avant n'est plus permise, ni par des calculs mathématiques, ni par la ruse, ni même par un reniement. Comme le disent nos frères ivoiriens  « l'affaire commence à se gâter », parce que les évènements majeurs sont entrain de prendre une  tournure très inquiétante à l'allure d'une pression populaire diffuse, peu bruyante, mais très ferme. Un consensus national et populaire se dessine à l'approche du 28 Juillet, avec une totale spontanéité et une grande colère des populations maliennes autour de la présence effective et massive des forces armées du Mali à Kidal avant, pendant et après les élections. Les jeunes de Gao viennent de donner à travers un meeting géant le jeudi dernier.

 

Curieusement, il s'agit pour la première fois, pour le peuple, d'évaluer la feuille de route de la transition pour sanctionner positivement le Président Dioncounda et son équipe parce que l'intégrité territoriale est restaurée avec la libération de tout le territoire national dont Kidal par la présence de l'armée malienne partout y compris à Kidal pour permettre la tenue d'élections populaires, transparentes, libres et crédibles ou exiger la démission pure et simple du Président Dioncounda. Parce qu'il aura lamentablement échoué pour avoir failli à ses engagements de restaurer l'intégrité territoriale totale du Mali avant la tenue d'élections sur toute l'étendue du territoire.

 

En vérité ces deux objectifs pertinents de la transition ayant été fixés, la cohérence aurait dû être la restauration totale de l'intégrité territoriale avant la fixation d'une date quelconque des élections. Sans cela les autorités ont cru devoir confiner les populations traumatisées dans un silence obligé et la classe politique irresponsable dans une existence virtuelle par le truchement d'un état d'urgence pernicieux avec l'espoir idiot et machiavélique de jouer à l'infini avec le temps.

 

Aucune évaluation sérieuse n'aura été faite, aucun dialogue avec les différents acteurs de la vie nationale pour apprécier et évaluer la feuille de route de la Transition, surtout depuis que la France en fut arrivée à interdire  l'accès de Kidal aux FAMA 'quel sacrilège !  bien que des voix indignées s'élevaient de partout de manière audible pour que la libération promise par Hollande et son gouvernement ne fît point place à l'occupation de notre territoire aux fins de sa partition. Comme seule réponse, le Pr. Dioncounda afficha un mépris régalien et quelques ministres du gouvernement (surtout M. Tiéman Coulibaly) continuaient à nous servir des états d'âme au lieu d'une vision et d'une position claire de l'Etat par rapport à des enjeux graves autour desquels se joue l'avenir du Mali.

 

Transition ou trahison !

Pour avoir fixé la date des élections sans s'assurer de la présence de l'armée à Kidal,  Dioncounda a tacitement (peut-être aussi de manière explicite) cautionné la partition du Mali. La France défend ses intérêts avec son agenda, le MNLA n'a jamais caché sa prétentieuse ambition de séparer du Mali des communautés et des territoires des régions du nord; ils sont donc jusque-là dans leur rôle. Mais qui défend les intérêts du Mali ? Cela ne peut pas être les populations qui ont choisi de confier leurs destinées à la République. Cela ne peut pas être non plus du ressort de l'armée malienne quelles que soient sa bravoure, son indignation et sa détermination, parce qu'elle essaie heureusement et jusque-là avec bonheur d'être républicaine, donc de se soumettre à l'autorité de son chef suprême, le Pr. Dioncounda.  C'est donc lui, le chef suprême des armées, le père de la nation et le gardien de la constitution, qui a la responsabilité pleine, entière et exclusive de ce qui se passe aujourd'hui et de ce qui se dessine pour demain à Kidal et ailleurs sur toute autre plus petite parcelle du territoire national comme le lui enjoint la loi fondamentale choisie par le peuple malien souverain :

 

« L'article 29 de la constitution stipule que le Président de la République est le chef de l’Etat. Il est le gardien de la Constitution. Il incarne l’unité nationale. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, du respect des Traités et Accords internationaux. Il veille au fonctionnement régulier des pouvoirs publics et assure la continuité de l’Etat ».

 

Jusqu'à preuve de contraire c'est Dioncounda notre président, pas Hollande. C'est donc à lui et à lui seulement que le peuple réclamera des comptes.

 

Le Pr. Dioncounda Traoré est alors pris en flagrant délit de violation de cet article de la constitution lors du sommet de l'U.A. à Addis-Abeba lorsqu'il déclara ceci :

« Non, ce n'est pas un point de désaccord du tout avec le partenaire français. Nous en avons déjà discuté. J'en ai parlé avec le président Hollande et Laurent Fabius quand je suis passé à Paris. Et contrairement à ce que vous pensez, nous sommes tout à fait en phase par rapport à ce qu'il faut faire, par rapport à Kidal » en réponse à la question d'un confrère qui faisait allusion à ces propos de M. Hollande la veille « Je suis attaché à ce que les élections se tiennent à la date prévue (...). Pour y parvenir, nous devons assurer que sur l'ensemble du territoire, il puisse y avoir organisation du scrutin, pour qu'il ne soit pas contesté ... ....C'est là le problème de Kidal. Une zone de l'extrême-nord du Mali, qui est aujourd'hui contrôlée par le MNLA, mouvement armé touareg, qui n'était pas dans la coalition terroriste, qui s'en est même écarté, qui l'a combattu et qui travaille en bonne intelligence avec les armées française et africaines dans cette zone......Nous avons dit que nous sommes prêts à accompagner l'administration civile malienne à Kidal pour qu'elle organise des élections et nous avons souhaité, je crois que cela va se faire, qu'il y ait un dialogue politique entre les autorités maliennes et ce mouvement de façon à ce que les élections puissent se tenir à la date prévue........Quoi qu'il arrive, nous assurerons nous-mêmes, j'en prends ici l'engagement, le fait que les Maliens puissent voter partout, sous contrôle de l'administration civile », a assuré François Hollande. Le message est on ne peut plus clair; si Dioncounda dit être en phase avec cette position de Hollande, cela veut simplement dire qu'il est pour des élections à Kidal sans l'armée malienne. Tout ce qu'il énonce après n'est que des leurres et du verbiage creux pour endormir les maliens indignés et déterminés et échapper par conséquent à la vindicte populaire. C'est peine perdue !

 

Dioncounda un caméléon ? 

Comment peut-on faire confiance à un Président de la République comme Dioncounda qui, comme un caméléon qui change de couleur selon le lieu, nous sort un discours à Paris, tient des propos totalement contraires à Addis-Abeba et vient à Bamako pour débiter des incohérences manifestes sous forme d'une synthèse ferme des contradictions antérieures. Entre Dioncounda et Hollande il ya forcément quelqu'un qui a servi de gros mensonges et nous sommes plus enclin à nous fier au Président français parce que lui au moins a du respect pour son peuple auquel il s'adresse dans sa langue (le français) et n'ose pas le prendre pour un vulgaire troupeau des moutons. Le changement de discours de la part de Dioncounda est d'autant plus lamentable qu'il s'agit d'une question de sécurité intérieure et de souveraineté nationale, qui requiert donc fermeté et constance. Ce n'est nullement une question de diplomatie ou de politique étrangère qui elle, peut tolérer et même suggérer la langue de bois et la subtilité dans le discours. S'il est sous pression comme certains analystes le présument, il vaut mieux pour le Mali et pour lui et sa famille qu'il démissionne au lieu de trahir son pays. Ce pays qui lui a tout donné sans qu'il n'ait jamais rien demandé, le trahir serait de l'ignominie que rien ne saurait justifier. Pour avoir opté pour une gestion solitaire et nébuleuse du pouvoir, il faut se plier à la reddition des comptes et assumer avec dignité la sanction du peuple. En terme clair l'affaire dite de Kidal est une question de souveraineté et d’unité nationales et il est illusoire de penser que les populations attendront leur négation pour réagir après. Si par malheur d'aucuns ont pu penser un seul instant que cette question de Kidal est sans importance et peut donc être gérée légèrement, parce que le peuple malien a d'autres priorités liées à sa survie ou à sa sécurité ou qu'il a perdu toute fierté et toute fibre patriotique, alors qu'ils revoient dès maintenant leur copie car la riposte des populations maliennes risque d'être violente et massive contre tous ce qui auront trempé directement ou indirectement aux man½uvres malsaines qui consistent  dans l'élaboration et l'exécution d'un agenda caché dont les objectifs ultimes sont de conférer un statut bâtard d'autonomie avancée pour Kidal, d'installer  une base militaire française pour sécuriser la zone aux fins de l'exploitation des ressources énergétiques du bassin de Taoudéni en étroite collaboration avec le MNLA du contrôle de tout le sahel. Le raisonnement très simple des défenseurs de cet agenda est de se dire que ce qui a été possible avec l'Erythrée, avec le Soudan du Sud et qui est en passe d'être finalisé en Somalie ne peut être compliqué ou irréalisable avec « l'Azawad ». Cela risque de s'avérer trop simpliste et tiré par les cheveux dans le cas du Mali, car le combat du peuple pour le faire échouer aura bel et bien lieu.

 

Souveraineté bafouée, seul le peuple peut sauver le Mali

 

De la même manière que la constitution confère au peuple le droit à la désobéissance civile pour la préservation de la forme républicaine de l’Etat (en cas de coup d'Etat militaire par exemple),  elle lui confère aussi, au même titre que l'a consacré la déclaration universelle des droits humains, le droit à la résistance à l'oppression, donc à l'arbitraire.

 

Le 26 au soir, si l'armée malienne n'a pas pris position à Kidal et le MNLA désarmé, le Pr Dioncounda devra en prendre acte par le constat de l'échec dans la restauration de l'intégrité territoriale nationale d'une part, l'annulation de l'élection du 28 juillet puis son renvoi à une date ultérieure et enfin la convocation d'assises nationales souveraines pour une nouvelle transition dont l'objectif principal sera la Restauration totale et effective de l'intégrité territoriale. Parce que l'intégrité territoriale, elle est totale ou elle n'est pas. Elle n'est jamais partielle, provisoire ou relative. Sans quoi le peuple en tirera toutes les conséquences et prendra ses responsabilités, car la constitution en son article 26 dit «..que la souveraineté appartient au peuple tout entier qui l’exerce par ses représentants ou par voie de référendum.... ».

 

Cette souveraineté déjà bafouée à Kidal et en passe d'être cédée, il est de la responsabilité de chaque malien et de chaque malienne de se lever et de la défendre par tous les moyens pour sa sauvegarde. Pour dire qu'aujourd'hui, seul le peuple peut sauver le Mali.

Alors le 28 Juillet, le peuple sera intraitable et d'une extrême vigilance. Il prendra son destin en main. Il ira voter parce que l'armée malienne est à Kidal ou empêchera l'élection par tous les moyens parce que la République du Mali n'est pas souveraine sur une partie du territoire malien. Il s'agira alors pour Dioncounda et son « nouveau frère » Hollande d'entrer définitivement dans l'histoire du Mali, de l'Afrique et peut-être du monde par la grande porte et avec tous les honneurs ou d'en sortir lamentablement par un trou de souris. Ils seront applaudis ou hués.

 Aliou Badara Diarra

Mali Web

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