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Autant le dire… : Je suis incivique. Pian, et après !!!

Les Burkinabè ont fini par organiser un forum national sur l'incivisme. Ce qui veut dire qu'ils en ont marre des actes d'incivisme qui sont devenus leur quotidien, et sans doute face auxquels ils n'ont apparemment pas pour le moment des solutions. Et pourquoi ? Il suffit de remonter un tout petit peu pour savoir à quel moment tout cela a commencé pour se rendre compte que les solutions sont à notre portée.

D'abord il nous faut une prise de conscience collective sur le phénomène de l'incivisme au Faso. Cette prise de conscience semble avoir été faite. En témoigne le forum. Mais, cela ne suffit pas puisque le forum n'a réuni que des intellectuels et non pas nécessairement ceux qui sont les principaux acteurs de l'incivisme. En effet, de la Révolution démocratique et populaire (RDP) en 1983 aux derniers événements du premier semestre de l'année 2011, il y a eu du chemin. Et c'estb pendant tout ce chemin que les germes de l'incivisme ont été semés. Aujourd'hui donc, nous ne faisons que récolter ce que nous avons semé. Depuis quand un enfant devait-il être autorisé à appeler son géniteur « camarade » ? Et pourtant, c'est ce que nous avions autorisé pendant la Révolution. Conséquence, pas de respect pour les plus anciens. Conséquence : la cellule familiale ne peut plus jouer son rôle d'éducateur.

Ensuite, son venus s'ajouter d'autres facteurs tels que la démocratie. Il n'y a pas de honte à le dire. Très mal comprise dans nos pays et par la majorité analphabète de nos populations, elle a contribué à faire le lit de l'incivisme. Car, si la démocratie c'est faire ce qu'on veut, c'est dire ce qu'on veut sans savoir comment le faire et où le dire, il y a naturellement problème. En effet, c'est la liberté, mais très conditionnée. Puisque, comme le dit le philosophe, cette liberté s'arrête là où commence celle des autres. En clair, la démocratie c'est les droits, mais c'est surtout les devoirs. Quand par exemple, dans la circulation, on ne respecte plus les feux tricolores en troublant la circulation parce qu'on pense qu'on a le droit de circuler comme on veut, il y a un problème. Quand, on casse, on brûle, on vandalise parce qu'on pense que c'est la liberté, il y a un problème. Quand on est arrivé à mettre dans les têtes des gens que les délinquants après avoir volé ou tué, ont des droits sans dire qu'ils ne devraient pas voler ou tuer parce que les victimes ont aussi le droit à la sécurité et à la vie, il y a quelqu'un qui n'a pas joué son rôle à un moment donné.

Puis, il y a la justice et l'impunité. Quand manifestement des gens sont reconnus coupables et devraient être derrière les barreaux narguent les autres dans la circulation, on a l'impression qu'il y a « les uns et les autres ». Naturellement, cela crée un sentiment d'impunité et de révolte chez les autres. Conséquence, l'expression de ce mécontentement peut malheureusement prendre d'autres proportions. Et c'est ce qui se passe aujourd'hui. Pour donc lutter contre l'incivisme, commençons par le haut en donnant l'exemple. D'abord que la justice joue son rôle. Ensuite, que la cellule familiale reprenne son rôle d'éducation ; de même que la société dans sa globalité. Enfin, qu'en plus de la sensibilisation et de l'éducation à la morale et au civisme, on accepte de sanctionner quand il le faut. Au cas contraire, on passera tout le temps à parler et à lutter contre l'incivisme, mais tout comme la corruption, il prendra chaque jour que Dieu fait des dimensions de plus en plus grandes.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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