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Mali-Suisse : DES FINANCEMENTS POUR UN INSTRUMENT DE CHANGEMENTS POLITIQUES ET SOCIAUX

Les partenaires suisses apportent 9,6 milliards Fcfa au Programme d'appui aux communes urbaines du Mali

Notre pays a signé avec la Suisse un accord de financement relatif au Programme d'appui aux communes urbaines du Mali (PACUM). La cérémonie s'est déroulée vendredi au CICB en présence du secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères de la Suisse, Yves Rossier, du ministre du Travail, de la Fonction publique et des Relations avec les Institutions, Mamadou Namory Traoré, assurant l'intérim de son homologue des Affaires étrangères. Le projet vise à renforcer les moyens d'action et les capacités des communes, responsables des affaires locales, à améliorer l'assainissement, l'école, la santé, le quotidien du citoyen. Il procède d'une démarche de renforcement des institutions et de la société dans son ensemble.

Le projet revêt une importance capitale en s'adressant à 7 villes du Mali parmi les plus importantes du pays, a estimé Yves Rossier. Il s'agit de Bamako, Ségou, Sikasso, Kayes, Mopti, Koutiala et Tombouctou. Il mobilise des partenariats et financements substantiels. Pour une période de 6 ans, la Banque mondiale s'engage pour environ 70 millions de dollars, soit près de 35 milliards Fcfa. La Suisse pour sa part contribue à hauteur de 21% de l'enveloppe globale du PACUM, soit environ 19 millions de dollars américains représentant près de 9,6 milliards de Fcfa.

La participation de la Suisse à ce programme d'envergure nationale est la preuve d'une maturité des relations d'amitié et de coopération entre nos deux pays. Celles-ci ont été scellées, il y a plus de 35 ans, par l'accord de coopération technique et scientifique signé le 6 octobre 1977. En plus, cette coopération s'est développée dans plusieurs domaines : agriculture, artisanat, formation professionnelle, culture, décentralisation, paix et la sécurité etc. Se voulant plurielle et inclusive, la coopération Mali-Suisse a touché tous les acteurs sociaux. En signant aujourd'hui cet accord, la Suisse donne un signal fort de son engagement auprès du Mali et de la population malienne, fortement affectée dans cette période troublée de l'histoire du pays.

« Cet engagement revêt plusieurs significations » a indiqué Yves Rossier. C'est d'abord un engagement auprès de l'Etat, garant de la stabilité politique et sociale dans le pays. A ce titre, la contribution suisse sera inscrite dans le cadre des dépenses à moyen terme du Mali qui répertorie toutes les ressources extérieures affectées au développement du pays. C'est aussi un engagement auprès des collectivités territoriales et de la décentralisation. Une partie du financement du PACUM est destinée aux 7 villes pour la réalisation de projets en faveur des populations vulnérables. Ceci constitue un message fort en faveur de la décentralisation financière à un moment où les ressources aux collectivités territoriales ne dépassent pas en moyenne 5% du budget de l'Etat malien. C'est aussi un message fort pour augmenter l'investissement public local et donc assurer un meilleur aménagement du territoire et une distribution plus équitable des ressources nationales. Enfin, l'engagement de la Suisse au PACUM traduit une volonté de concrétiser le partenariat entre les agences de coopération bilatérale et les agences multilatérales.

Le PACUM est plus qu'un projet d'aide. C'est un instrument de changements politiques et sociaux. Ces changements ont trait à la relation des Maliens à l'Etat appelé à mieux distribuer ses ressources, à mieux les orienter et à mieux les contrôler contre la corruption et la mauvaise gestion. Les changements ont trait à la relation des Maliens avec la délivrance de services sociaux de base. Pour toutes ces raisons, le PACUM est projet précurseur dans la mise en ½uvre des récentes conclusions de la Conférence de Bruxelles pour le développement durable du Mali.

La Suisse s'inscrit donc dans la perspective de la reconstruction du Mali. « Elle restera engagée auprès de vous malgré les conditions difficiles. Cet engagement ne s'est pas démenti dans le passé y compris après le coup d'Etat de mars 2012. La Suisse continuera, comme elle l'a fait par la passé, à veiller à ce que les fonds publics qu'elle engage, parviennent aux Maliennes et aux Maliens qui en sont les destinataires » a-t-il assuré.

Mamadou Namory Traoré a salué cet acte de portée significative qui touche à un axe majeur de notre stratégie de développement socio-économique. Par le biais du présent accord, les deux pays renouvellent leur convergence de vues sur le développement à la base qui privilégie l'implication effective des populations bénéficiaires. Le ministre Traoré a également souligné la pertinence de ce programme en parfaite adéquation avec notre politique de décentralisation et partie intégrante du programme national d'appui aux collectivités territoriales qui est l'instrument de mise en ½uvre de cette politique. Ce programme vient accompagner les efforts du gouvernement dans le vaste chantier de la reforme de l'Etat.

Fatoumata NAFO

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