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«L’Algérie doit créer de nouvelles lois pour la protection de l’enfance»

-Quel état des lieux faites-vous des atteintes aux droits de l'enfant en Algérie ? Actuellement, en Algérie, beaucoup de choses sont faites pour la protection de l'enfance, notamment sur le plan juridique, mais on se retrouve malheureusement devant de nouvelles problématiques de protection qui demandent des réponses plus adaptées. L'Algérie est traversée par des mutations sociales qu'il faut prendre en compte pour mieux appréhender la question de la protection de l'enfance. Quand nous parlons de protection de l'enfance, cela concerne la protection contre toutes les formes de violence, c'est un terrain pointu. Il concerne les phénomènes de violence dans l'espace public, mais aussi domestiques. Nous disposons à l'heure actuelle de données chiffrées, mais elles sont éclatées, ce qui ne nous permet pas de développer des lectures significatives. Il y a un travail à faire en matière de système de collecte des données. -Bien que ces données soient éclatées, elles permettent néanmoins de révéler, même si ce n'est que de manière approximative, que la violence domestique est de loin la plus fréquente en Algérie... Effectivement, l'enquête réalisée par l'Unicef en 2006 a permis de montrer que 22,5% des enfants algériens âgés de 2 à 14 ans subissent des punitions physiques sévères, 82,3% sont exposés à des menaces verbales, à un langage traumatisant, à plusieurs formes de pressions émotionnelles. Cette enquête a également démontré que 15, 2% des mères considèrent la violence comme un moyen efficace d'éducation, un droit naturel. Ce qui nous renvoie à une violence cachée par des valeurs et des normes. -Est-ce une spécificité algérienne ? Non, ce n'est pas une particularité algérienne, sauf que dans certaines sociétés également touchées par ces mécanismes, on s'interroge sur la question, sur les droits de l'enfant au sein de la famille. Dans ces sociétés, on tente de donner la parole à l'enfant pour entrer dans une culture de dialogue. D'un point de vue plus large, cette notion ne peut être impliquée que par la libéralisation de la parole, une culture de tolérance et de non-violence. -Il y a différentes formes de violences. Faire travailler un enfant en est une. Le phénomène semble prendre de l'ampleur en Algérie... Rien ne permet de confirmer que le phénomène prend de l'ampleur. Ce qui nous amène à revenir à la précieuse question de collecte de données pour mesurer les tendances avec pertinence et y apporter des réponses significatives. Il y a certes exploitation des enfants dans certains milieux, mais l'enfant algérien n'est pas exposé aux pires formes de travail comme dans certaines sociétés. Notamment au Congo, où j'ai eu à rencontrer des enfants exposés au travail dangereux. En Algérie, les enfants qui travaillent le font pour améliorer les gains familiaux, en vendant par exemple du pain sur les routes. Ce qu'il faut relever, c'est que ces enfants sont exposés à des risques majeurs d'agression dans l'espace public, mais aussi au risque d'être absorbés par une activité qui ne peut qu'aboutir à une rupture de lien avec l'école et à une exclusion sociale. Ils se voient ainsi dépossédés de leur insouciance, de leur enfance, c'est tout leur avenir qui se voit compromis. -L'Algérie a ratifié la Convention internationale des droits de l'enfant en 1992 et pourtant, ces textes de loi ne sont pas tous en conformité avec les lois internationales. Où en est la législation algérienne en la matière ? A partir du moment où l'Algérie a ratifié la Convention internationale des droits de l'enfant, sa législation y est soumise. Beaucoup de choses ont été faites depuis, mais il reste des réformes à faire et des vides juridiques à combler, de nouveaux textes de loi à créer, en tenant compte de l'évolution de la société, pour être en parfaite conformité avec les lois internationales.  

El Watan

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