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Afrique du Sud - Les demandeurs d'asile personæ non gratæ

Le ministère sud-africain des Affaires Intérieures a annoncé le 1er juin 2011 la fermeture du centre d’accueil pour réfugiés de Crown Miner à Johannesburg —le seul de la ville où ceux-ci pouvaient effectuer leurs démarches de demande d’asile.

Le centre était «une extrême nuisance et un facteur d’irritation» selon Mkuseli Apleni, directeur général des Affaires Intérieures. Cette fermeture est le résultat d’une décision de justice prise à la demande des milieux d’affaires. Ces derniers ont porté plainte, affirmant que «les demandeurs d’asile jetaient leurs ordures n'importe où, se comportaient mal, représentaient un danger pour la circulation et créaient des conditions intolérables pour les entreprises», rapporte l'organe d'information gouvernemental BuaNews Online.

La cour de justice saisie a ordonné la relocalisation du centre d’asile dans un autre quartier de Johannesburg. Or, le gouvernement sud-africain a déclaré que l’accueil serait transféré à Pretoria, c'est à dire à 70 kilomètres de la capitale économique, indique RFI. Siphokazi Mthathi, directeur de l'ONG Human Rights Watch, estime qu'il s'agit d'«un terrible coup pour des demandeurs d’asile peinant déjà à obtenir une protection adéquate dans un système dysfonctionnel».

Ces centres accueillent principalement des Zimbabwéens, qui, selon l'ONG, subissent «un désastre économique et des violences politiques». Ils sont plus d’1,5 million dans le pays. L’Afrique du Sud est un des pays les plus libéraux en matière d’accueil —le pays a d’ailleurs vu le nombre de demandes d’asile multiplié par dix entre 2005 et 2010.

Cette décision marque un tournant dans la politique d’accueil du pays, en ce qu'elle pourrait être suivie par d’autres. Toujours selon RFI, le gouvernement sud-africain a en effet annoncé qu’il remplacerait les six centres d’accueil existants par de nouveaux, localisés aux postes-frontières, afin d’en contrôler les flux.

D’autant qu’après deux ans de moratoire, le 31 juillet sonnera la reprise des expulsions vers le Zimbabwe. Human Rights Watch exhorte le gouvernement à prolonger le moratoire d’ici à ce qu’un nouveau centre d’accueil soit ouvert à Johannesburg, rapporte Lawyers for Human Rights. Avant d’être suspendues, le nombre d'expulsions de Zimbabwéens réalisées par la police sud-africaine étaient estimées à 400.000.

Lu sur BuaNews Oline, RFI, Lawyers for Human Rights