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Sénat : Vers un referendum constituant ?

Nous nous sommes déjà fait l'écho de ce passage obligé vers une nouvelle République et l'heure approche où il va falloir réfléchir sur la question si nous ne voulons pas apparaître comme des personnes qui veulent d'une chose et de son contraire, comme par exemple ce parti politique, jadis appartenant à la majorité présidentielle et qui vient de se ridiculiser proprement à travers son virage à 180 degrés lors de l'adoption de la loi portant création du Sénat. Un virage qui a révélé l'opportunisme dudit parti dans toute sa laideur.

Plutôt que d'amener les uns et les autres à se braquer, il faut impérativement se parler et se comprendre et c'est là que l'opposition, elle aussi, devra faire des sacrifices en acceptant de bannir les discours et les comportements attentatoires à la paix sociale car il n'est pas évident qu'elle retire ses marrons du feu en cas de confrontation musclée. On ne peut donc que condamner encore ceux d'entre ses acteurs qui ont choisi de tourner le dos à l'histoire, en cette période charnière de la vie de notre pays, surtout qu'ils avaient fait preuve jusque là de modération et de sens de la responsabilité.

La constitutionnalisation puis l'adoption récente du Sénat ainsi que d'autres réformes aussi bien générales que sectorielles insérées dans la Loi fondamentale obligent à s'interroger sur le devenir de ladite loi et, partant, sur notre processus démocratique, lequel, pensons-nous, a besoin, pour son renforcement, de se renouveler entièrement. Cela, apparemment, n'a l'air de rien, mais les conclusions consensuelles des travaux du CCRP ont radicalement changé la nature de notre régime polotique, entraînant, du même coup, la nécessité d'aller vers un referendum constituant avec comme maître d'½uvre, le nouveau parlement né, et nous insistons là-dessus, de façon consensuelle.

Nous nous sommes déjà fait l'écho de ce passage obligé vers une nouvelle République et l'heure approche où il va falloir réfléchir sur la question si nous ne voulons pas apparaître comme des personnes qui veulent d'une chose et de son contraire, comme par exemple ce parti politique, jadis appartenant à la majorité présidentielle et qui vient de se ridiculiser proprement à travers son virage à 180 degrés lors de l'adoption de la loi portant création du Sénat. Un virage qui a révélé l'opportunisme dudit parti dans toute sa laideur. Mais, là n'étant pas notre propos, disons tout simplement à ses dirigeants transis que l'eau versée ne se ramasse jamais ainsi que l'affirme un dicton de chez nous.

Revenons donc à notre propos, pour redire que la nature de notre régime politique ayant changé à travers notamment un rééquilibrage des pouvoirs entre l'Exécutif et le Législatif (ce dernier se voit octroyer des pouvoirs plus étendus), le sens de l'histoire nous impose de changer de République dans un délai plus ou moins bref et, dans la foulée, d'aller à une élection présidentielle avant le terme de l'actuel mandat présidentiel ; ce qui oblige à des sacrifices aussi bien dans le camp de la majorité que dans celui de l'opposition.

Ainsi, dans le camp de la majorité d'abord, l'ouverture de l'Exécutif, dans un bref délai, ne devrait plus être un épouvantail, car il faut ratisser large pour donner plus de légitimité au processus. Gouvernement de transition donc, et parlement constituant pour rediscuter toutes les propositions pour un consensus plus large ; voilà la panacée pour faire de la Constitution, non seulement un instrument de progrès continu, mais aussi le socle de la cohésion sociale sans laquelle toute ½uvre de construction nationale est vouée à l'échec.

Il y a en effet des dossiers dont le traitement exige la présence de tous les protagonistes, pour éviter les règlements de compte. On a vu, dans ce registre, que l'amnistie pour les anciens chefs d'Etat, bien qu'adoptée de façon consensuelle par les assises sur les réformes politiques, continue de faire des gorges chaudes, certains en dépit de tout bon sens et par calcul politique y voyant un « parapluie » pour le seul Blaise COMPAORE, comme si celui-ci était le seul comptable des crimes politiques et économiques qui ont jalonné notre histoire. Dans cette atmosphère de suspicions, il est difficile de convaincre ce dernier de quitter le pouvoir, car cela reviendrait à lui demander de se faire hara-kiri.

Plutôt que d'amener les uns et les autres à se braquer, il faut impérativement se parler et se comprendre et c'est là que l'opposition, elle aussi, devra faire des sacrifices en acceptant de bannir les discours et les comportements attentatoires à la paix sociale car il n'est pas évident qu'elle retire ses marrons du feu en cas de confrontation musclée. On ne peut donc que condamner encore ceux d'entre ses acteurs qui ont choisi de tourner le dos à l'histoire, en cette période charnière de la vie de notre pays, surtout qu'ils avaient fait preuve jusque là de modération et de sens de la responsabilité.

Le processus étant en tous les cas irréversible, il faudra le parfaire rapidement avec tous les patriotes soucieux d'éviter au Burkina Faso la résurgence des vieux démons qui hypothéquerait les acquis patiemment engrangés en deux decennies.Pour une seconde renaissance démocratique, ces concessions sont inévitables si nous ne voulons pas démériter des générations futures pour des intérêts mesquins et immédiats.

Alpha YAYA ([email protected])
L'Opinion

Le Faso

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