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Zimbabwe: la Cour constitutionnelle exige la présidentielle avant le 31 juillet

La Cour constitutionnelle du Zimbabwe a demandé vendredi au président Robert Mugabe de proclamer au plus vite la date des élections législatives et présidentielle, précisant que le scrutin devait avoir lieu "au plus tard le 31 juillet", selon un journaliste de l'AFP présent à l'audience.

"Il est ordonné au premier intimé (M. Mugabe, ndlr) de proclamer le plus tôt possible la date de l'élection présidentielle, des élections générales et locales (...) scrutins qui doivent se tenir au plus tard le 31 juillet 2013", a déclaré le juge suprême Godfrey Chidyausiku, chargé de statuer.

La Cour constitutionnelle, dernière instance d'appel au Zimbabwe, devait se prononcer après qu'un plaignant zimbabwéen, Jealous Mawarire, journaliste free-lance de son état, a saisi les tribunaux en reprochant à M. Mugabe de tarder à annoncer le calendrier électoral.

Le Parlement zimbabwéen doit être dissout le 29 juin après quatre ans de législature, et le plaignant estimait qu'on ne peut pas attendre pour tenir les élections et rester des mois sans Parlement, sans risquer de détruire les fondements de la démocratie.

Les élections au Zimbabwe doivent mettre fin au fragile gouvernement de cohabitation instauré sous la pression internationale en 2009 pour éviter une guerre civile, après les violences qui avaient fait environ 200 morts entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2008.

Reste que le pays ne s'est pas remis de dix ans d'une ruineuse crise économique et cherche quelque 132 millions de dollars pour financer l'organisation du scrutin.

Les médiateurs de la communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), qui avaient obtenu un accord de cohabitation il y a quatre ans, "tiendra en juin un sommet consacré aux progrès et à la feuille de route pour les élections", a précisé à l'AFP Lindiwe Zulu, membre de l'équipe.

Le sommet, qui portera notamment sur le financement du scrutin et la possibilité pour les pays voisins d'aider le Zimbabwe, aura lieu à Maputo à une date encore à préciser.

M. Mugabe, au pouvoir de façon ininterrompue depuis 1980 dans un pays qu'il a conduit à l'indépendance puis à la crise économique, entend une nouvelle fois se succéder à lui-même.

Son principal adversaire, Morgan Tsvangirai, redoute que le pays n'ait pas eu assez de temps, depuis la promulgation d'une nouvelle Constitution, pour assurer les conditions d'un scrutin libre.

La nouvelle Constitution, adoptée par référendum en mars, limite pour la première fois le pouvoir présidentielle à deux mandats, soit dix ans maximum, mais ne s'applique pas rétroactivement à M. Mugabe, plus vieux chef d'Etat africain à 89 ans.

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