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La Centrafrique lance un mandat d'arrêt international contre François Bozizé

La République centrafricaine a lancé un mandat d'arrêt international contre le président déchu François Bozizé, 66 ans, renversé en mars, pour "crimes contre l'humanité" et "incitation au génocide" notamment, a annoncé vendredi le procureur de Bangui Alain Tolmo.

"Depuis le 29 mai 2013, un mandat d'arrêt international a été émis contre le principal auteur François Bozizé", a annoncé le procureur.

Il a souligné que, parmi les chefs d'accusation, figuraient notamment des crimes relevant du statut de la Cour pénale internationale (CPI), entre autres: "crimes contre l'humanité et incitation au génocide".

Selon M. Tolmo, l'ancien président, est également accusé "d'assassinats, au nombre de 22 actuellement; des arrestations, séquestrations et détentions arbitraires au nombre de 53; destruction et incendie des maisons d'habitation au nombre de 3823 pour le moment; des exécutions sommaires qui se chiffrent à 119".

"Depuis le 2 mai 2013 sur la base des informations factuelles, détaillées, précises, contenues dans les prescriptions écrites du ministre de la justice, des instructions ont été transmises au parquet général, pour ordonner l'ouverture d'une enquête contre M. François Bozizé Yangouvonda et autres, pour des faits ou du moins pour des chefs d'accusation multiples et lamentablement graves", a précisé le magistrat.

"D'autres mandats d'arrêt internationaux sont en cours d'émission", a-t-il ajouté sans plus de précisions.

Une Commission mixte d'enquête mise en place par les autorités de Bangui a rencontré jeudi le ministre centrafricain de la justice Arsène Sendé et va enquêter sur les violations des droits humains et autres crimes commis pendant le règne de François Bozizé, et après la prise du pouvoir par la coalition rebelle Séléka le 24 mars dernier, a appris l'AFP vendredi de source judicaire.

L'ancien président Bozizé, lui-même arrivé au pouvoir par les armes en 2003, avait été élu président en 2005 et réélu en 2011 au terme d'un scrutin très critiqué par l'opposition. Après l'entrée des rebelles dans Bangui, il s'est réfugié au Cameroun.

En avril, M. Bozizé avait également demandé l'ouverture "d'une enquête internationale" sur les violences à Bangui, où le nouveau pouvoir peine toujours à rétablir l'ordre. 

AFP

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