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Portrait-robotd’un prochain président

Cheveux Pas trop gris : le prochain Président doit avoir l'expérience d'Etat ou des hautes fonctions soulignée par le gris capillaire, mais sans être issu de la génération de la guerre d'indépendance, pas un «tab jnanou», comme l'a si bien signifié le président Bouteflika. Il s'agirait d'un saut générationnel pour rassurer une société qui ne vit pas déconnectée du Printemps arabe. Un cadre de l'indépendance, ayant fait peut-être même des études très poussées (pas trop, voir «lunettes»). Ceci est bien sûr un scénario optimiste. Front Le front présidentiel se porte haut et large, avec, si possible, quelques rides d'expression trahissant une extrême concentration (ou en faisant semblant) et une intransigeance face aux «défis et dangers qui guettent l'Algérie». Un front qui cache une machine cérébrale froide face aux traquenards du Système et aux manoeuvres du sérail. Il évitera aussi de s'éponger le front : ça fait Président fatigué ou pire, atteint d'une mystérieuse maladie. Mauvais souvenir. Oreilles Il devra bien choisir son environnement auditif fait de rumeurs de conseillers et de comptes rendus de l'Exécutif. Des oreilles bien ouvertes à toutes les plaintes des courtisans, des sousentendus des galonnés et des jérémiades du parti présidentiel. Pour le reste, les grandes oreilles de l'Etat s'en chargeront. Langue Sera taillée dans le bois, mais souvent relevée par des codes de langage populaire, de proverbes du cru et des envolées lyriques calculées à la rime près. Savoir parler au peuple sans effrayer l'impérialisme mondialisant, parler à l'impérialisme dominant sans effrayer les alliés de l'ex-bloc soviétique, parler français en forçant le roulage des «R», parler arabe en faisant exprès de maintenir un accent bien de chez nous : tout un art ! Lunettes Pas question ! A la limite, il portera des lentilles, mais ce sera un secret d'Etat ! Porter des lunettes ça fait trop éloigné du terrain, trop absorbé dans de longues études loin des réalités fondatrices de la véritable Algérie : la terre qu'on moissonne et les salons feutrés des hauteurs d'Alger où tout se trame. Moustache Ben Bella, en jeune premier, n'en avait pas, Chadli les a rasées et le grand Boudiaf n'en avait pas besoin. Mais quand même, une moustache, ça fait partie de la panoplie de l'«hommité» du Maghreb central. Cela souligne aussi l'appartenance à l'Appareil, quel qu'il soit, FLN ou ANP. Pas de barbe, ça fait peur aux acheteurs de gaz et de pétrole ! Les moustaches, enfin, rassurent aussi le pays profond, nostalgique des moustaches de Boumediène, référence qui plafonne le top des modèles présidentiables, l'homme à poigne qui sait parler au peuple (voir «langue») et qui fronce terriblement les sourcils (important les sourcils, très important). Costume On n'est plus dans des films du genre, donc exit les costumes sombres trois pièces. Le futur Président s'habillera classe, pas trop luxe (faut pas trop étaler la rente en ces temps anti-Khelil) : donc élégant et pas bling-bling. En tant que chef suprême de l'armée, il peut se permettre une parka militaire lors de manifestations spécifiques, genre assister à de grandes manoeuvres. Les lunettes de soleil et la mine taciturne sont de circonstance dans ces cas-là, genre : «C'est moi le chef, même si...» Vous pouvez retrouver cet article sur El Watan Weekend.

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