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Vision Express sur… : La fuite des capitaux

Au cours de ces dernières années marquées par la crise financière et économique mondiale, ils sont nombreux à soutenir que l'Afrique est le continent qui a le mieux résisté. Il a enregistré des taux de croissance de son BIP de l'ordre de 4 à 5% l'an. L'Afrique a donc pu susciter l'intérêt des investisseurs.

Et attirer des capitaux importants. Le développement de la téléphonie mobile, et des services qui vont avec, en un bon exemple. Cependant, à y regarder de près, les choses ne semblent pas aussi évidentes.

C'est du moins ce que suggère un rapport conjoint de la Banque mondiale et de Global financial integrity (GFI), intitulé : « Les flux financiers illicites et le problème des transferts nets de ressources en provenance d'Afrique : 1980-2009 ». Il a été lancé officiellement à Marrakech (Maroc), le 29 mai 2013, à l'occasion des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD). Selon ledit document, « l'Afrique est devenue un créancier vis-à-vis du reste du monde ». En effet, soutient-il, « Entre 1980 et 2009, les transferts nets de ressources hors d'Afrique sont passés de 597 milliards de dollars US à 1 400 milliards ». Une autre révélation importante de ce rapport : « Les flux financiers illicites et non enregistrés ont été de l'ordre de 1 220 à 1 350 milliards de dollars US entre 1980 et 2009, éclipsant les transactions financières enregistrées ». En d'autres termes, les capitaux étrangers qui prennent le chemin de l'Afrique sont moins volumineux que ceux qui en ressortent. Cela entrave le développement d'un continent qui souffre déjà de biens d'autres maux.

« L'idée reçue a toujours été que l'Occident injecte de l'argent en Afrique, grâce à l'aide étrangère et autres flux de capitaux du secteur privé, sans recevoir grand-chose en retour. Notre rapport inverse le raisonnement : l'Afrique est en situation de créancier net par rapport au reste du monde depuis des décennies », a déclaré Raymond Baker, directeur du centre de recherche et de défense GFI, basé à Washington. Ce qui tranche avec les idées reçues. Mais, à qui la faute ? Raymond Baker de GFI, ne prend pas de gangs. « Ces sorties sont facilitées par l'opacité financière constatée dans les économies occidentales avancées et les paradis fiscaux », a-t-il déclaré. C'est bien connu, chaque fois qu'un pays perd de l'argent de façon illicite, il y a un autre qui reçoit cet argent. Le remède de M. Baker : « L'application des mesures de transparence en vue de restreindre le secret des paradis fiscaux et les opérations des sociétés écrans anonymes est cruciale » pour « freiner les flux illicites ». Par conséquent, les pays africains devraient faire front pour endiguer ce fléau qui plombe leurs efforts de développement.

Aly KONATE [email protected]

L'Express du Faso

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