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Zimbabwe - Le mystère des violeuses d'hommes

Depuis bientôt un an, au Zimbabwe, de plus en plus d’hommes sont violés par des femmes.

«Il est rare dans les médias zimbabwéens qu'une semaine se passe sans lire un reportage sur des femmes qui kidnappent des hommes avant d’abuser d’eux sexuellement», atteste le site kényan du Daily Nation.

La police n’a toujours pas identifié ces violeuses et les spéculations vont bon train quant aux motivations pour de tels actes, lesquels, selon certains, serviraient des causes rituelles. Le communiqué d’Angeline Guvamombe, assistante du commissaire de la police d’Harare, la capitale, apporte quelques précisions:

«Nous lançons un appel général pour que chacun puisse communiquer à la police des informations concernant trois femmes ayant kidnappé et agressé des jeunes hommes autour de la ville. Elles conduisaient une voiture chic et ont proposé à leur victime de monter à bord avant d’asperger leur visage d’une substance liquide. Une fois la victime inconsciente, les femmes l’ont emmenée dans un endroit isolé ou dans une maison, où elles l'ont forcée à avoir des relations sexuelles avec elles.»

De nombreuses femmes privilégieraient les rapports protégés dans le but de conserver le sperme de la victime après l’acte. Le dernier viol de ce genre remonte au lundi 8 août, où deux hommes avaient été kidnappés et contraints à des relations sexuelles sous la menace d’une arme à feu.

Le Herald, quotidien zimbabwéen a affirmé que l’un d’eux, âgé de 30 ans, est resté cinq jours prisonnier d’une de ces violeuses. Zimpapers avait auparavant repris une enquête sur ces femmes, qui en réalité appartiendraient à un vaste réseau impliquant des hommes d’affaires:

«Le sperme est symbole de vie et peut donc être utilisé pour améliorer la croissance d’une entreprise, sa popularité et ses bénéfices.»

Friday Chisanyu, médecin zimbabwéen spécialiste en médecine traditionnelle, ajoute que le sperme était communément utilisé par les guérisseurs traditionnels dans des rituels pour les clients souhaitent devenir très riche, très vite.

«Mais utiliser le sperme de quelqu’un est un délit très grave, même dans le domaine du spirituel. J’espère que la police va arrêter les coupables et également les guérisseurs à l’origine de ces rituels, car c’est une pratique non seulement taboue mais aussi maléfique.»

Mais même si la police parvient à arrêter ces violeuses en série, elles ne pourront être inculpées que d'attentat à la pudeur à cause du vide juridique zimbabwéen en la matière:

«Les femmes ne peuvent être inculpées de viol car les lois zimbabwéennes ne reconnaissent pas qu’une femme puisse violer un homme», affirme le Daily Nation.

Lu sur Daily Nation, Zimpapers