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Semaine de la micro-finance : L’IMPERATIF DE LA PROFESSIONNALISATION

L'Etat est appelé à aider à la fois au développement du secteur et à son assainissement

La stratégie nationale de lutte contre la pauvreté fonde de grands espoirs sur la microfinance appelée à donner aux pauvres et aux défavorisés, un meilleur accès aux ressources financières, à leur permettre de réaliser des activités génératrices de revenus et de bénéficier des services sociaux de base. Le développement de la microfinance est ainsi inscrit parmi les actions prioritaires du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté.

Pour évaluer la situation des entreprises de microfinance, les professionnels du secteur ont instauré depuis quelques années une semaine dédiée à la promotion des systèmes financiers décentralisés (SFD). La 6ème édition de cette manifestation s'est ouverte hier au Conseil national du patronat. La cérémonie, présidée par le ministre du Commerce et de l'Industrie, Abdoul Karim Konaté, s'est déroulée en présence du directeur national de la BCEAO, Konzo Traoré, du président de l'Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés, Aliou Sidibé, et du conseiller technique, Cheick Sidi Mouhamade Seck, représentant le ministre de l'Economie, des Finances et du Budget. La rencontre a également enregistré la présence de directeurs de banques, institutions financières et partenaires des SFD.      

Dans la plupart des pays de l'espace UEMOA, dont le nôtre, le secteur de la microfinance s'est affirmé depuis deux décennies comme une réponse efficace à l'inclusion financière adaptée aux besoins des populations marginalisées telles les femmes et les jeunes. De 1998 à ce jour, le secteur a connu une évolution spectaculaire. Il regroupe 125 services financiers décentralisés qui ont mobilisé plus de 59 milliards Fcfa de dépôts et octroyé 73 milliards Fcfa de crédits aux populations à travers le pays. L'impact des institutions de microfinance se mesure également par le nombre de personnes touchées qui est aujourd'hui estimé à plus d'un million de bénéficiaires directs.

En dépit de ces résultats encourageants, le secteur enregistre des difficultés qui menacent son développement. Beaucoup d'institutions de microfinance sont aujourd'hui en situation de cessation des paiements, exacerbant le niveau du risque de réputation et faisant peser sur le secteur une menace de risque systémique. Le manque de professionnalisme combiné aux difficultés de gouvernance et de bonne gestion des crédits engendrent un accroissement des impayés dépassant les normes et un resserrement du refinancement des SFD auprès des banques et institutions financières.

Le président de l'Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés, en décrivant la situation de ces institutions dans notre pays, expliquera que le secteur de la microfinance a globalement connu de 1988 à 2008 une croissance importante dans le cadre de la mise en ½uvre des plans d'actions successifs de la stratégie nationale pour le développement de la microfinance. « Cette embellie a été ternie au cours des cinq dernières années par des difficultés importantes que plusieurs institutions de microfinance ont rencontrées. Cependant, l'apport de la microfinance dans le développement économique et social du Mali est de permettre à  des populations à revenu modeste d'avoir accès à des services financiers de proximité et diversifiés en vue d'améliorer leurs conditions de vie. Pour mener à bien cette mission, le secteur de la microfinance demande au gouvernement la mise en ½uvre des recommandations du rapport d'évaluation de la stratégie nationale de développement de la microfinance et du plan d'assainissement du secteur de la microfinance », a  développé Aliou Sidibé.

Son association, a-t-il assuré, marque son accord et son soutien à la mise en ½uvre de mesures d'assainissement et de restructuration du secteur pour garantir sa stabilisation et sa pérennité. Ces mesures qui visent à doter le secteur de caisses de base plus fortes, plus solides, viables et pérennes doivent permettre la sortie de crise, a estimé Aliou Sidibé.

Le ministre du Commerce et de l'Industrie a rappelé le rôle prépondérant du la microfinance dans la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et le développement d'activités génératrices de revenus dans notre pays. « Le développement de ce secteur est inscrit parmi les priorités du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) qui constitue le cadre fédérateur des politiques et stratégies de développement de notre pays et le référentiel pour les interventions des partenaires techniques et financiers. L'intérêt accordé au secteur s'est traduit également par l'adoption et la mise en ½uvre d'une stratégie nationale pour le développement de la microfinance dotée d'un plan d'actions pluriannuel, afin, d'une part, de permettre une meilleure cohérence et synergie des différentes décentralisés et d'autre d'améliorer l'accès des populations notamment les plus démunies à des services financiers adaptés leurs besoins », a expliqué Abdoul Karim Konaté. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement d'accompagner le secteur dans la résolution de ses insuffisances et difficultés à travers les mesures d'urgence de relance économique de la feuille de route pour la transition.

Evoquant le thème de la présente édition, « la microfinance face aux défis de la professionnalisation », le ministre jugera qu'il cadre parfaitement avec les préoccupations du gouvernement en matière de gouvernance, de protection des membres, de la notation des réseaux, du renforcement du cadre réglementaire.

D. DJIRE

 

L'essor

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