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Tunisie : Les Etats-Unis d’Amérique victimes de leurs propres instigations

Par Ridha Ben Kacem

Ces pros de l'amateurisme, le plus primaire, sinon, le plus primitif, m'étonneront toujours. Chaque fois que je croyais les avoir vus toucher le fond, ils trouvent, toujours, le moyen d'aller, encore, plus bas. Encore et encore. Ainsi ils croyaient se la jouer, douce et facile, en nous jetant de la poudre aux yeux, nous, pauvres tunisiens avec ce simulacre de procès des assaillant de l'ambassade des Etats Unis, le 14 septembre 2012. D'abord, une quasi certitude, et ce n'est guère là, un procès d'intention, que je leur fait là : Ces justiciables ne seraient, probablement, même pas, allés devant la justice, s'ils avaient attaqué une autre institution tunisienne, voir le palais de Carthage et brulé vif, Marzouki, en personne. Mais, s'agissant de l'ambassade US, il fallait donner l'illusion de faire justice.

Le verdict tombé, montre que ceux qui ont tiré les ficelles, dans l'ombre, n'ont aucune idée du fonctionnement de la justice, en Amérique. Là-bas, en effet, tout le monde est innocent, jusqu'à preuve du contraire. Mais, une fois la culpabilité établie, le justiciable écope du maximum, prévu par la loi, s'il n'a pas plaidé coupable et aidé la justice, non seulement, à reconstituer les faits, mais également, à identifier et arrêter les éventuels complices. Aux yeux des américains, ces accusés tunisiens, auraient dû écoper du maximum, prévu par la LOI TUNISIENNE, puisqu'ils ont plaidé non coupables. La justice TUNISIENNE les a reconnu, pourtant, coupables, puisqu'elle les a condamné. De là, à les faire bénéficier de circonstances atténuantes, il y a un grand pas, que la justice tunisienne a, aux yeux des américains, semble-t-il, allègrement franchi. Ce n'est, donc, pas de l'ingérence dans les affaires du pays, que de demander que justice soit rendue. L'ambassade des US est en droit de faire connaitre la position officielle, des Etats Unis, puisque ce sont ses locaux qui ont fait l'objet de cette razzia barbare, en septembre 2012.

« Nous sommes, profondément, inquiets par les condamnations avec sursis. Les verdicts ne correspondent pas, de manière appropriée, à l’ampleur et à la gravité des dégâts, ainsi qu’à la violence, qui ont eu lieu le 14 Septembre 2012 », a indiqué l’ambassade, dans son communiqué. « Le gouvernement tunisien a déclaré, publiquement, son opposition à ceux qui ont recours à la violence. Par ses actions, le gouvernement tunisien doit également démontrer qu’il n’y a aucune tolérance, envers ceux qui encouragent et utilisent la violence, pour atteindre leurs objectifs. Le verdict, du 28 mai, a échoué, à cet égard »,a-t-elle jugé. En d'autres termes, les actions du gouvernement tunisien, sont en contradiction, flagrante, avec ses déclarations publiques. Imparable, rien à dire. J'ai, réellement, mal d'être tunisien, en ce moment précis. Heureusement que ces gens là, je veux dire, ceux qui nous gouvernent, ne me représentent pas. L’ambassade des Etats Unis réclame, aussi, qu’une enquête approfondie soit menée et que les instigateurs de l’attaque, toujours, en cavale, soient traduits en justice. On ne peut leur reprocher cela, n'est ce pas ?

Sortant du cadre de sa mission, Maître Anouar Ouled Ali, le principal avocat des condamnés, a, vivement, dénoncé la réaction américaine. « C’est une ingérence inacceptable, dans les affaires de la Justice tunisienne et une tentative des Etats-Unis, de faire pression, sur l’Etat tunisien ». C'est sa déclaration à l’AFP. Une manière comme une autre, de donner au débat, une dimension, bassement, émotionnelle et, ridiculement, passionnelle. « La Tunisie n’est pas un Etat américain, mais est un Etat souverain, dont le peuple s’est soulevé contre un dictateur qui travaillait pour l’Occident(…) j’espère que l’Etat tunisien ne sera pas influencé par ces pressions », toujours, selon Maître Anouar Ouled Ali, bien évidemment. Un argument, probablement, recevable, auprès des juridictions nationales, fréquentées par Maître Anouar Ouled Ali, mais, qui n'a aucune valeur juridique, car dénué de tout fondement et de toute rationalité. L'ambassade américaine, protégée, par les conventions internationales, a été attaquée et investie par des énergumènes tunisiens, et il faut lui rendre justice, c'est tout. Tout le reste n'est que fumisterie et de la poudre aux yeux.

Environ 80 personnes, sont, encore, dans l’attente d’un procès, pour leur participation aux violences, du 14 septembre 2012. J'espère que l'on n'assistera pas, une fois encore, à un simulacre de procès. En effet, le gouvernement, dirigé par les islamistes d’Ennahdha, a, toujours, été accusé de laxisme, vis-à-vis, de ces groupes extrémistes. Mais, depuis la découverte de groupes armés, liés à Al-Qaïda, à Jebal Châambi, près de la frontière algérienne, en avril dernier, les autorités semblent avoir durci leur position, par rapport à la violence exercée par ces groupes violents. Ce verdict donne une idée sur le décalage entre les déclarations et les faits. Et je ne parle pas des intentions.

« Ils ont tous été condamnés à deux ans avec sursis »,a indiqué l'illustre maître Anouar Ouled Ali, chef du comité de défense des prévenus, àl’issue de ce premier procès, des assaillants de la représentation américaine, à Tunis.« Nous allons voir avec leurs familles, s’ils veulent faire appel, s’ils le souhaitent on le fera »,a-t-il ajouté. Ainsi, ces accusés prétendent à la relaxation, pure et simple, sans aucune autre forme, de procès ! Assortie, peut-être, aussi, des plates excuses, des autorités, au nom des 11 millions de tunisiens ? Il faudrait, peut-être, envisager, aussi, de leur attribuer de grosses sommes d'argent, pour réparer le préjudice moral et matériel, subi ? Les recruter, également, pourquoi pas, tant qu'on y est, aux plus hautes fonctions, de l'Administration ? Déjà que le jugement a été rendu, en un temps record, après, seulement, une demi-journée de procès, alors, même, que certains, des chefs d’inculpation prévoyaient des peines pouvant aller jusqu’à une condamnation à mort. L’audience, qui n’a duré, qu’un peu plus, de quatre heures, s’est limitée, en effet, aux seules déclarations de l’accusation, des avocats et aux dénégations des accusés, aucune partie n’ayant demandé à ce que les témoins ou les preuves examinés, durant l’instruction, soient présentés lors du procès. Etrange, non ?

La défense a considéré que l'attaque de l'ambassade américaine est intervenue, à la suite d'une manifestation, qui a dégénéré en violences. « Ces protestations, s’inscrivaient dans une réaction spontanée, dans tout le monde(musulman), contre les atteintes à nos symboles sacrés », a déclaré maître Slah Barakati. Il se réfère à la diffusion, sur internet, d’un film islamophobe, qui a déclenché une vague de violences, à travers le monde musulman. «Ces Tunisiens sont traduits devant le tribunal, pour faire plaisir aux Etats-Unis et à l’Union européenne »,a-t-il martelé, dans sa plaidoirie, réclamant, tout bonnement, un non lieu. Une autre avocate a dénoncé des « aveux arrachés par la police sous la pression et les menaces ».

L'on sait, bien sûr, que ces heurts avaient été organisés, par l'« insaisissable » Abou Iyadh, un vétéran d’Al-Qaïda, en Afghanistan et le chef du principal mouvement salafiste jihadiste tunisien, Ansar Al Charia. Cependant, aucun des hauts responsables, de cette funeste organisation n'est jugé, dans cette affaire. L'on se rappelle, aussi, que des heurts, entre militants d’Ansar Al Charia et policiers, à la cité Ettadhamen, ont fait un mort et une vingtaine de blessés, le 19 mai dernier. Ce jour là, les forces de sécurité sont intervenues, avec succès, pour empêcher un rassemblement, non autorisé, de cette mouvance dangereuse.

Sans vouloir trancher le débat, autour de cette épineuse question, du fonctionnement de la justice tunisienne, qui fera, certainement couler, encore, beaucoup d'encre, j'aimerai vous donner lecture des articles du code pénal, au regard desquels, ces prévenus ont été traduits devant la justice. A vous de vous faire votre propre opinion, au regard de la gravité des peines prévues, par ces articles, et encourues par les accusés, et, d'un coté, la durée du procès (Rappelez-vous l'interminable procès du doyen de la faculté de la Manouba), et de l'autre, le verdict prononcé.

Article 74. Est puni de mort, quiconque rassemble et arme des bandes ou se met à la tête de bandes dans le but, soit de piller les deniers de l’État ou des particuliers, soit de s’emparer de propriétés mobilières ou immobilières ou de les détruire, soit d’attaquer la force publique agissant contre les auteurs de ces attentats ou de lui faire résistance.

Article 75 (Nouveau). Sont punis de vingt ans d’emprisonnement et d’une amende de deux cent mille dinars, ceux qui, connaissant le but et le caractère des dites bandes, ont consenti à en faire partie ou leur ont, sans contrainte, fourni des armes, logements, lieux de retrait ou de réunion.

Article 77. Si une bande, armée ou non, commet des violences contre les personnes ou contre les propriétés, chacun de ses membres est puni de dix ans d’emprisonnement.

Article 119 (Nouveau). Tout individu, ayant participé à une rébellion armée ou non armée, au cours de laquelle des voies de fait ont été exercées sur un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions, est, du seul fait de cette participation, puni de 5 ans d’emprisonnement, si la rébellion a été commise par moins de 10 personnes, de 10 ans de la même peine, si elle a été commise par plus de 10 personnes ; sans préjudice des peines édictées par le présent code contre l’auteur des coups et blessures.
La peine encourue par les auteurs de la rébellion est de douze ans d’emprisonnement si les coups ont déterminé la mort du fonctionnaire, sans préjudice des peines portées contre l’auteur de l’homicide

Par Ridha Ben Kacem le 30 mai 2013

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